Nous suivre
Cyclisme

L’Histoire du Tour des Flandres

Flo Ostermann

Publié le

L'Histoire du Tour des Flandres
Photo Icon Sport

TOUR DES FLANDRES – Ce dimanche 2 avril, les coureurs auront rendez-vous avec le deuxième Monument de la saison, le Tour des Flandres. Le 107ème Ronde van Vlaanderen empruntera les célèbres monts des Ardennes flamandes tels que le Paterberg, l’Oude-Kwaremont, le Koppenberg et le Taaienberg. Focus sur l’Histoire d’un Monument du cyclisme mondial.

L’Histoire du Tour des Flandres

Le Tour des Flandres a été créé en 1913 à partir d’une idée de Leon van den Haute, co-fondateur du journal sportif SportWereld, aujourd’hui faisant partie du Het Nieuwsblad. Le cyclisme flamand était alors en crise et le Ronde a apporté un nouveau souffle. La première édition fut longue de 330 kilomètres autour de Gand avec la victoire du coureur belge de 25 ans, Paul Deman, sur un vélodrome en bois entouré d’un étang, à Mariakerke. Durant la Première Guerre mondiale, la future classique a connu quelques interruptions, mais elle a bénéficié d’une hausse de sa popularité, avec une foule immense lors du départ à Gand. Dans les années 30, la course a attiré encore plus de monde tout au long du parcours (plus de 500 000 spectateurs), provoquant des problèmes de sécurité.

Au fur et à mesure des années, l’événement a attiré de plus en plus de coureurs étrangers, suite notamment au premier succès d’un non-Belge en 1923, le Suisse Heiri Suter. Durant la Seconde Guerre Mondiale, le Tour des Flandres, en accord avec le commandement allemand, a continué à se dérouler. En 1947, avec la création du Challenge Desgrange-Colombo, une sorte de Coupe du monde avant l’heure, le Tour des Flandres est devenu une classique internationale.

L’affluence de spectateurs n’a jamais diminué malgré l’arrivée déplacée à Gentbrugge, avec notamment l’avènement de grands champions belges tel que Rik Van Looy et Eddy Merckx. Néanmoins, dans les années 1970, le Tour des Flandres est à la recherche d’une nouvelle identité, avec des routes et des monts traditionnels asphaltés. Alors, l’organisation a décidé d’augmenter le nombre de monts et a trouvé des nouvelles routes de campagne dans les Ardennes flamandes, afin de garder son ADN. Avec l’arrivée à Meerbeke, le Mur de Grammont et le controversé Koppenberg se sont inscrits dans la légende. Malheureusement, certaines controverses sont venues entacher la course, comme l’affaire Roger De Vlaeminck. Ce dernier aurait offert 300 000 francs à Freddy Maertens pour l’emmener à la victoire en 1977, alors que Maertens allait être disqualifié pour dopage.

Le mythique Mur de Grammont

Le mythique Mur de Grammont – Photo Icon Sport

Les années 80, le début d’une nouvelle ère

Ensuite, les années 80 ont été marquées par la bataille entre les Néerlandais et les Belges. L’édition 1985 entra dans l’Histoire du cyclisme avec le succès d’Eric Vanderaerden. Le coureur belge de 23 ans avait cassé sa roue avant le Koppenberg avant de revenir sur les leaders : Hennie Kuiper, Greg LeMond et son coéquipier Phil Anderson. Vanderaerden a attaqué dans le Mur de Grammont et s’est imposé en solitaire 20 kilomètres plus loin sous une violente tempête. 24 coureurs ont terminé cette édition. En 1987, Claude Criquielion est devenu le premier vainqueur belge francophone, sur une édition marquée par les malheurs de Jesper Skibby, heurté par la voiture d’un commissaire.

Ensuite, dans les années 90, Johan Museeuw a marqué cette décennie. Le Lion des Flandres a battu au sprint Frans Maassen en 1993 avant d’être battu pour 7 mm lors de l’édition suivante par Gianni Bugno. Museeuw remporta deux autres éditions, en 1995 et en 1998. Malheureusement pour les Belges, les Italiens sont devenus leurs principaux rivaux.





Le Tour des Flandres a continué d’écrire sa légende après le passage au 21e siècle avec les sacres notamment de Fabian Cancellara et de Tom Boonen. En 2011, le Tour des Flandres est repris par Flanders Classics.

Les Français, eux, se sont imposés seulement à trois reprises sur le Ronde van Vlaanderen. Louison Bobet (1955), Jean Forestier (1956) et Jacky Durand (1992) au terme d’une incroyable échappée, ont levé les bras sur le Ronde. Du côté de Bernard Hinault, il a toujours montré un désamour pour cette course : « Ce n’est plus du cyclisme, mais du cirque, une barbarie ! Aussi longtemps que le Koppenberg figurera au parcours du Ronde, vous ne me verrez pas prendre le départ de cette épreuve ». Une déclaration qui symbolise une course unique en son genre.

Jacky Durand, dernier vainqueur français du Tour des Flandres, en 1992

Jacky Durand, dernier vainqueur français du Tour des Flandres, en 1992 – Photo Icon Sport

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *