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Ligue 1 2021-2022

Ligue 1 : Les Girondins de Bordeaux continuent de creuser leur propre tombe

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Ligue 1  Les Girondins de Bordeaux continuent de creuser leur propre tombe
Photo Icon Sport

Ligue 1 2021-2022 – Embourbés dans des problèmes internes récurrents, les Girondins de Bordeaux ont affiché ce dimanche un niveau affligeant à Rennes, subissant une terrible humiliation (0-6). Désormais relégable, le club aquitain est en train de brûler à petit feu de toutes parts, en coulisses comme sur le terrain.

En déplacement en Bretagne pour y affronter Rennes ce dimanche après-midi, Bordeaux n’abordait pas ce rendez-vous dans les meilleures conditions. La semaine a en effet été très agitée du côté du Haillan. Suite à la défaite contre l’Olympique de Marseille la semaine dernière ayant mis fin à 44 ans d’invincibilité à domicile face au rival phocéen, les supporters girondins ont dû avaler cette difficile pilule. Mais cela n’était qu’une mise en bouche pour débuter une semaine désastreuse.

Une semaine cauchemardesque, dans la lignée de la saison

En milieu de semaine, on a ainsi appris que plusieurs joueurs cadres de l’équipe première allaient être mis à l’écart, et non des moindres. Si Mehdi Zerkane était très peu utilisé, Otavio et Laurent Koscielny sont eux des cadres incontournables du vestiaires marine et blanc. Le Brésilien a perdu sa place sur le terrain mais est l’un des joueurs avec le plus d’ancienneté, tandis que le Français est tout simplement le capitaine.

Par ailleurs, le sponsoring maillot avec le site de paris sportifs Winamax a été coupé par le club, en raison des plaisanteries récurrentes de ce dernier sur le niveau du club : « On attend d’un sponsor qu’il nous soutienne, a précisé Thomas Jacquemier, directeur général des Girondins, dans les colonnes de l’Équipe. On a de l’humour mais ce n’était pas l’esprit d’un partenariat. Les principes du contrat n’ont pas été respectés ». Et oui, quand on tape sur une personne (ou un club dans ce cas précis) à terre, ça ne fait jamais plaisir à cette dernière… Entre-temps, le club a également communiqué sur la situation financière du club.

Si les objectifs présentés sont réalistes (diminution du déficit structurel, réduction de la masse salariale, recrutement de jeunes potentiels…), ils sont conditionnés à un maintien en Ligue 1. Si ce dernier est validé, le club serait toujours dans le rouge financièrement. Mais en cas de descente en Ligue 2, la situation serait catastrophique en raison des lourdes pertes financières que cela implique. Et le problème, c’est que ce scénario prend des airs de cauchemar éveillé pour les Girondins.

« On fonce tout droit en Ligue 2 »

Au Roazhon Park, ces derniers ont touché le fond. Si le carnet des prestations médiocres depuis le début de la saison était déjà bien rempli, le 6-0 infligé par le Stade Rennais est sans conteste le match le plus lamentable de tous. Alors que les hommes de Vladimir Petkovic montraient précédemment par séquences une volonté d’attaquer malgré des carences défensives abyssales, ils ont été inoffensifs de la première à la dernière minute ce week-end. Déboussolés, sans envie, navigant comme des âmes en peine, les joueurs girondins ont offert une prestation pathétique. Les Rennais en ont profité pour dominer avec autorité cette rencontre, avant de se régaler en deuxième période suite à l’exclusion prématurée du jeune Issouf Sissokho.

A chaud en fin de rencontre, Enock Kwateng avait fait preuve de lucidité au micro d’Amazon Prime après le non-match de son équipe : « Si on continue comme ça, c’est clair, on fonce tout droit en Ligue 2. Aujourd’hui, la prestation qu’on vient de faire, ce n’est même pas une prestation. Vous vous doutez bien que l’état d’esprit, il est au plus bas. C’est à nous de trouver les ingrédients pour remonter au classement, parce que là on fonce tout droit en Ligue 2 ». Le constat est rude, mais fait toutefois du bien à entendre au sein d’un club où beaucoup de choses sont relativisées depuis trop longtemps.

Un mercato d’été affligeant

Saigné par les anciens propriétaires américains, le club a sauvé sa peau l’été dernier grâce au rachat de Gérard Lopez. Malgré son passif entrepreneurial plutôt obscur (faillite de Lotus en F1, rachat avorté de l’OM, retard des paiements à Mouscron…), force est de constater que le Franco-Luxembourgeois a permis de maintenir le club dans l’élite. Toutefois, si sa dernière aventure au LOSC avait été couronnée de succès, son mandat girondin ressemble plus à un chemin de croix. Si ses choix ont bénéficié de la bienveillance des supporters girondins depuis plusieurs mois, l’urgence est désormais réelle. Le besoin de renouveler un groupe essoré par une dernière saison éprouvante était nécessaire, et a été bien accueilli. Mais à mi-saison, le bilan du recrutement est désastreux.

En termes de joueurs, à l’exception d’Alberth Elis et de Jean Onana qui ont montré de belles aptitudes, personne n’a réussi à réellement convaincre, et a insufflé un nouvel élan à une équipe à la dérive depuis plus d’un an maintenant. Plus grosse recrue de l’été (5 millions), Fransergio est le symbole parfait de la déception que représente le marché des transferts. Le Portugais est affligeant depuis ses débuts. Heureusement pour ce dernier, le coach Vladimir Petkovic n’est pas en reste. Arrivé auréolé d’un quart de finale d’Euro avec la Suisse après avoir sorti l’Équipe de France, l’ancien sélectionneur de la Nati semble être totalement paumé en Gironde.

Vladimir Petkovic, héros suisse, âme en peine sur les bords de la Garonne

A l’image de son équipe, Petkovic a l’air totalement lessivé, résigné. Durant les premiers mois, il a tenté quelques coups, des changements de système, sans parvenir à redresser la barre. Mais depuis quelques semaines, ses choix sont devenus tout simplement incompréhensibles, augmentant la frustration des fans. Dernier exemple en date, la non-titularisation d’Alberth Elis à Rennes, alors que le Hondurien est la seule vraie satisfaction de l’effectif

Au micro d’Amazon Prime, l’entraîneur girondin a pris la responsabilité de ce désastre : « C’est un sentiment qui n’est pas positif. Nous sommes touchés durement. Il ne fallait pas une prestation de ce type. Ce que je peux dire, c’est que c’est de ma faute, je n’ai pas su donner la force suffisante aux joueurs. Il y avait trop de peur pour les joueurs. Je suis combatif, j’ai toujours l’habitude de regarder vers l’avant et l’avenir. Là on a touché le fond, on ne peut que faire mieux ».

Était-ce son dernier match à la tête du FCGB ? Peut-être bien. Toutefois, il ne sera pas évident pour les Girondins de se débarrasser du bonhomme malgré un bilan comptable absolument désastreux : 3 victoires sur 21 matchs de Ligue 1. Avec un salaire mensuel de 200 000€ par mois et un contrat qui court jusqu’en 2024, un licenciement serait très coûteux. Au vu de la santé financière du club et des besoins de sang neuf à ingérer au groupe, le calcul est complexe…

Une prochaine réception face à Strasbourg sous haute tension

Il reste encore quinze jours aux Girondins de Bordeaux afin d’effectuer quelques ajustement dans l’effectif. Mais aujourd’hui, le mercato semble être secondaire. Avant toute chose, il faut que les joueurs sous contrat actuellement, le staff, le coach, se remobilisent. Actuellement 19e de Ligue 1 avec la pire défense (50 buts concédés en 21 matchs) et au moins un but encaissé à chaque match, le club marine et blanc est au bord du précipice.

Dimanche prochain, la réception de Strasbourg se fera donc sous haute tension. Face aux Alsaciens, les Bordelais devront se ressaisir, et montrer ne serait-ce qu’un minimum d’envie et d’implication. C’est ce qu’il faudra pour sauver un monument du football français, plus que jamais en péril en ce début d’année 2022…


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a toujours été une vocation. Quand les autres sortaient les cartes Pokémon ou Yu-Gi-Oh dans la cour de l’école, je ripostais avec des cartes Panini ou des fiches Onze Mondial. La puissance de Jean-Claude Darcheville n’a pas d’égal.

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