Ligue 2 : les Lionceaux du FC Sochaux veulent encore rugir
Alors que Wing Sang Li, propriétaire du FCSM, vient d’annoncer qu’il quittait ses fonctions, l’un des clubs emblématiques du paysage footballistique français traverse une période plus que délicate. A quelques journées de la fin du championnat, il en va de son maintien en Ligue 2 sur le court terme et de sa survie tout simplement à long terme.
Un petit bol d’air ! En ramenant les 3 points de leur déplacement en terres niortiaises (0-1) vendredi dernier, les hommes d’Omar Daf respirent un peu et faute de sortir complètement la tête de l’eau, s’extirpent pour le moment de la zone rouge. Si les Jaune et Bleu restaient sur deux résultats positifs avec des matchs nuls respectivement face à Troyes (0-0) et Metz (1-1), ils n’avaient plus goûté à la victoire depuis 2 mois ! Le club vit une crise sportive cette saison et depuis sa descente en 2013-2014, il n’a jamais semblé être en mesure de retrouver l’élite. Comment ce club historique qui fêtera cette année ses 90 ans en est arrivé à ce stade ? Va-t-il se relever de cette situation et rebondir ?
Une longévité parmi l’élite française
66, c’est le nombre d’années que le FC Sochaux-Montbéliard a passé au sein de la Divison 1 française, puis de la Ligue 1. C’est ce qui en faisait jusqu’en octobre 2016, le club le plus capé en termes de rencontres disputées parmi l’élite, aujourd’hui c’est l’Olympique de Marseille qui peut se targuer d’occuper cette position. D’un point de vue historique, il est clairement impossible de dissocier le FC Sochaux-Montbéliard et Peugeot, le club ayant vu le jour en 1928 par la volonté de deux salariés de la société des Automobiles Peugeot, la marque au lion sera l’actionnaire principal du club jusqu’en 2015 avant de passer la main. Le club doubiste est l’un des clubs fondateurs également de la première division française, d’où son importance dans le paysage footballistique national.
Une formation plébiscitée, l’Europe, puis le néant…
Si les débuts du FCSM sont couronnés de succès avec deux titres nationaux à la clé en 1935 et 1938, par la suite, le club a plutôt côtoyé le ventre mou du championnat réussissant quelques saisons de haut vol avec notamment une demi-finale de Coupe de l’UEFA lors de la saison 80-81 sous l’impulsion de leur attaquant vedette, un certain Patrick Revelli. Dans un passé proche, nous pouvons rappeler que le FC Sochaux Montbéliard a été finaliste de la Coupe de la Ligue 2003 face à l’AS Monaco et vainqueur en 2004 face à Nantes, avec notamment la fameuse tentative de panenka de Mickaël Landreau ou encore triomphant de l’Olympique de Marseille en Coupe de France en 2007.
Mais ce qui a fait également la renommée des résidents du stade Bonal est son centre de formation, reconnu comme l’un des meilleurs de France et pourvoyeur de grands talents, dans une liste non exhaustive nous pouvons citer pêle-mêle des joueurs comme Joël Bats, Franck Silvestre, Franck Sauzée, Jérémy Mathieu, Benoît Pedretti, Jérémy Ménez, Marvin Martin ou encore Bernard Genghini.

Jérémy Menez, pur produit sochalien – AFP
Si le club franc-comtois a donc connu des heures dorées dans son passé, il semble ne plus être que l’ombre de lui-même depuis sa descente en Ligue 2 à l’issue de la saison 2013-2014, lors de la dernière journée face à Evian (0-3) et encore davantage depuis la fin de l’histoire avec Peugeot en 2015. Plus qu’un actionnaire, il s’agissait pratiquement d’une famille comme le rappelait Jean-Claude Plessis, président emblématique du club de 1999 à 2008.
A l’heure chinoise, les Sochaliens font grise mine
Une page s’est donc tournée en 2015 et le FC Sochaux allait tout comme le PSG et l’AS Monaco passer sous pavillon étranger. Ledus, filiale du groupe Tech Pro Technology avec à sa tête Wing Sang Li, devait permettre de repartir sur des bases solides et envisager un retour en Ligue 1 sur le court terme. Si certains supporters se sont mis à rêver de transferts grâce à un apport financier du nouvel actionnaire, ils ont rapidement déchanté, car depuis un peu plus de 3 ans désormais, ce rachat tourne au fiasco. Sur un plan sportif, les Sochaliens n’ont jamais joué les premiers rôles pour l’accession en Ligue 1, pire, ils ont dû lutter pour leur survie en Ligue 2, comme à l’heure actuelle donc.
Bien que le groupe soit spécialisé dans le domaine de l’électricité et notamment des ampoules LED, ce dernier ne semble jamais avoir effectué tous les branchements nécessaires pour mettre en route leur projet sportif. Car si des investissements avaient été promis, la stratégie adoptée a été tout autre : départ massif de joueurs d’expérience, arrivées de joueurs en fin de contrat, difficulté à faire ressortir des joueurs de la formation dans ce contexte. Mais alors quel est le but des investisseurs ? Si ces derniers sont venus en France, ce n’est sans doute pas pour réaliser des bénéfices. Chose qui est pratiquement à exclure dans le milieu du ballon rond, l’idée était plutôt de développer les affaires du groupe dans l’Hexagone, mais là encore, le résultat n’est pas une réussite.

Wing Sang Li félicite les joueurs sochaliens – AFP
La lubie de l’homme d’affaire semble tourner au cauchemar. Après une première menace du gendarme financier la DNCG de rétrogradation en National l’an passé, une décision similaire a été prise cette année face aux difficultés financières rencontrées par le club et son groupe d’actionnaires et pourrait faire plonger le club en 5ème divison… Si ce scénario catastrophe se confirmait, cela serait synonyme de « la mort du club » selon les mots de Cyril Perrin, sénateur du Territoire de Belfort qui appelle « de tous ses vœux comme les amoureux du club à une vente du FCSM. »
Wing Sang Li dit stop
Les vœux de Cyril Perrin vont-ils se réaliser ? Toujours est-il qu’aujourd’hui, le propriétaire du FCSM Wing Sang Li a annoncé qu’il quittait son poste de directeur de Tech Pro Technology. Une décision qui prend effet à compter du 2 avril. En attendant l’annonce d’un successeur, le club doubiste doit tout d’abord se sauver sur le plan sportif, on espère pour ce dernier une issue plus radieuse que pour Grenoble, qui avait connu une rétrogradation en CFA 2 lors de la saison 2011 et qui était quant à lui sous pavillon japonais.
🔴 #Football FC Sochaux : le président, Wing Sang Li, vient de démissionner https://t.co/ujwsMNSORx
— L'Est Républicain (@lestrepublicain) April 3, 2019


