Ligue 2 : Promu en Ligue 1, le Paris FC change de dimension
LIGUE 2 2024-2025 – Au terme d’une saison aboutie, le Paris FC a obtenu sa montée en Ligue 1 après son match nul contre Martigues (1-1) lors de la 33ème journée du championnat de France de Ligue 2. L’aboutissement d’un projet qui a mis du temps à s’étoffer et qui a pris une toute nouvelle dimension avec le rachat du club fin 2024.
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Sept ans à échouer aux portes de la Ligue 1
Le 21 mai 2019, le Paris FC disputait ses premiers barrages d’accession à la Ligue 1 en accueillant le RC Lens. Un match à élimination directe qui devait envoyer le vainqueur sur la pelouse de l’ESTAC Troyes avant une éventuelle double confrontation à la vie à la mort contre le Dijon FCO, 18ème de Ligue 1. Les supporteurs parisiens se souviendront longtemps des montagnes russes qu’ils ont vécu. D’abord lorsque Marko Maletić offrit l’égalisation à la dernière seconde alors que le PFC était mené 1-0 depuis le début du match. Ensuite lorsque Guillaume Gillet vint climatiser un Stade Charléty anormalement chaud au terme d’une séance de tirs au but sous tension.
Depuis, les choses ont bien changé, l’effectif s’est renouvelé et le Paris FC a connu d’autres barrages de fin de saison. Seulement, le club qui s’était fixé l’objectif de monter en Ligue 1 d’ici à quatre ans lors de son accession à la Ligue 2 en 2015, a toujours échoué à passer ces dernières marches. À trois reprises depuis 2019, le club de la capitale a terminé quatrième ou cinquième du championnat, gagnant le droit de disputer les barrages d’accession. À trois reprises, les Parisiens ont cédé dès le premier match en s’inclinant contre Grenoble (0-2 en 2021), Sochaux (1-2 en 2023) et Rodez (2-2, 3 tirs au but à 2 en 2024).
Des cadres passés et présents
Durant les six saisons qui ont suivi ce barrage initial, les entraîneurs se sont ainsi succédé avec comme point commun la même mission, celle de mener l’équipe vers l’élite. Certains noms bien connus de l’écosystème de la Ligue 1 s’y sont d’ailleurs essayés, à l’image de René Girard pendant un an et demi. Sans succès. Cette saison, Stéphane Gilli a enfin trouvé les clés autour de joueurs cadres, à l’image de la fratrie Lopez dont le cadet, Maxime est arrivé en provenance de Sassuolo l’été dernier après une année en prêt à la Fiorentina. Une réussite collective à mettre au crédit également de Timothée Kolodziejczak, le capitaine expérimenté (188 matchs de Ligue 1), ou de ses joueurs offensifs comme Jean-Philippe Krasso, meilleur buteur cette saison (15 buts en 30 matchs) et Ilan Kebbal (5 buts, 6 passes décisives).
On n’oubliera pas tous les anciens qui ont contribué à consolider la place du PFC en Ligue 2 à commencer par Vincent Demarconnay qui a gardé les cages parisiennes pendant quinze ans, Ousmane Kanté, Lalaina Nomenjanahary ou Cyril Mandouki (517 matchs à eux trois). D’autres, ont apporté leur expérience au club grâce à leur carrière internationale à l’image de Jonathan Pitroipa ou Jérémy Ménez. Avec plus ou moins de succès.
Un rachat et une quête d’identité
Tout au long des dernières saisons, l’effectif a ainsi évolué au gré des choix sportifs du staff et de la direction parisienne. Celle-ci a, elle aussi, connu des changements puisque le club a été racheté à l’automne 2024 par la famille Arnault, via sa holding Agache Sports. Un rachat qui s’accompagne également de l’entrée de Red Bull au capital pour apporter son expertise au club parisien. Ce n’est donc pas un hasard si cette promotion en Ligue 1 intervient quelques mois seulement après ces changements majeurs qui ont notamment permis d’assurer une certaine stabilité financière corrélée à un renouvellement des grandes ambitions du club. Pourtant, il n’est pas simple de se rêver en grand dans l’ombre du Paris Saint-Germain.
Et pour cause, le Paris FC peine depuis toujours à attirer les foules. Il faut dire que le Stade Charléty est tout sauf pratique pour suivre un match de football. Ouverte aux quatre vents, l’enceinte, d’une capacité de 20 000 places, pleine à craquer chaque année lors du meeting de Diamond League de Paris, n’incite pas à venir s’installer en tribunes. Entre les saisons 2018-2019 et 2022-2023, l’affluence moyenne n’était que de 2968 spectateurs par match. De fait, l’exposition au vent et au froid en hiver et l’éloignement du terrain en raison de la piste d’athlétisme et l’état parfois déplorable de la pelouse (pour cette raison, l’an dernier le PFC a dû disputer tous ses matchs à domicile du début à Troyes) sont trois facteurs qui rendent le stade inadapté pour une équipe d’un tel calibre et avec l’ambition de jouer en Ligue 1.
La gratuité des places, recette du succès
Pourtant, les choses avancent dans le bon sens depuis un an et demi. Depuis novembre 2023 et la réception de Bastia, le club a ainsi décidé d’instaurer la gratuité des places. Le club entend par là « augmenter le niveau de fréquentation de ses matchs au Stade Charléty de Paris » mais surtout « renouer avec l’essence populaire du football et de proposer un spectacle ouvert à tous ». L’opération a ainsi offert de belles affluences notamment lors de la réception de Bordeaux (13 000 spectateurs) et Saint-Etienne (17 358, record d’affluence) et a connu un succès qui lui a permis d’être renouvelée pour la saison 2024-2025.
Le club indiquait d’ailleurs que ce succès se mesurait également pour son équipe féminine puisque l’équipe se trouvait « sur le podium des meilleures affluences des matches de poule de la Ligue des Champions féminine (avec 2 matchs à plus de 10 000 spectateurs), loin devant le FC Barcelone, le Real de Madrid, le Bayern de Munich ou Chelsea ». Néanmoins, la gratuité ne suffirait pas à se substituer aux standards de la Ligue 1. Pour cette raison, les dirigeants ont annoncé que l’an prochain, l’équipe disputerait ses rencontres à domicile au stade Jean Bouin, en alternance avec le Stade Français. L’enceinte, plus habituée aux joies du Top 14, possède une capacité comparable, mais une disposition bien plus adaptée pour les sports collectifs.
Une montée et des défis
Le Paris FC disputera ainsi la saison 2025-2026 du championnat de France de Ligue 1. En plus de se faire un nom derrière le Paris Saint-Germain, le deuxième club de la capitale devra par ailleurs se montrer performant en matière de sécurité. En effet, si on se souvient des violents heurts entre des ultras parisiens et lyonnais lors du 32ème de finale de la Coupe de France 2021-2022 et qui avaient abouti à la disqualification des deux équipes, ou de ceux contre Rodez en novembre, plus récemment, le ministre de l’Intérieur a annoncé vouloir dissoudre le groupe d’ultras Légion X. Le Paris FC, qui a pris acte de cette décision, a cependant rétorqué en démentant que le groupe de supporteurs était reconnu par le club et en rappelant ses bonnes relations avec les deux groupes reconnus.
Outre la sécurité autour des rencontres, le défi majeur du Paris FC sera bien entendu de se maintenir en Ligue 1. Dans un championnat à 18 équipes depuis la saison dernière, il faudra pour cela se montrer le plus solide possible sur sa pelouse avant d’espérer récupérer de précieux points à l’extérieur. Cela afin de rester dans le top 15 et se prémunir de tout risque de relégation. Le PFC a mis sept ans à accéder à l’élite et compte bien s’y maintenir au-delà du mois de mai prochain.
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