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Lou Jeanmonnot : « Il va vraiment falloir bosser sur les skis »

Antonin Gizolme

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Lou Jeanmonnot : "Il va vraiment falloir bosser sur les skis"
Photo Icon Sport

BIATHLON – À 22 ans, Lou Jeanmonnot a impressionné pour ses débuts en Coupe du monde. Pour Dicodusport, la jeune biathlète est revenue sur ses premiers pas chez les grandes, son intégration dans le groupe France, et ses ambitions pour les années à venir. Entretien.

Votre année 2021 a été marquée par vos débuts au plus haut niveau, comment on se sent aux côtés des plus grandes dans la discipline ?

Pouvoir skier avec elles, c’est particulier. On a l’habitude de les voir à la télé. C’est pas qu’on ne s’en rend pas compte, mais on a presque plus envie de faire des photos que de skier avec, c’est un peu bête (rires). Des filles comme Dorothea Wierer ou Tiril Eckhoff, ce sont des filles qui sont vraiment très fortes. Elles ne skient pas très vite à l’entrainement et je ne les vois pas beaucoup en course, mais elles sont impressionnantes.

Justement, concernant cette sélection en Coupe du monde, comment l’avez-vous appris ? Quelle a été votre réaction ?

Je l’ai appris en rentrant d’IBU Cup à Osrblie. Je prenais mon petit-déjeuner, il y avait toute l’équipe. C’était un peu à l’arrache, donc il n’y avait pas non plus la possibilité d’être vraiment ultra contente.

Vous vous y attendiez, ou la surprise était totale ?

C’était une possibilité, mais ce n’était pas non plus sur à 100%. Le deal, ça a toujours été de faire une victoire en sprint en IBU Cup, ce que je n’avais pas fait. En revanche, j’avais eu des très bons résultats, assez réguliers. Je pense aussi que la place prévue chez les garçons en début de saison m’a aidé. Cette place en Coupe du monde a été prise par un biathlète qui n’avait pas gagné en IBU Cup, donc ça a joué en ma faveur.

Comment s’est passée votre intégration au sein du groupe France ?

Ce sont des filles que je connais et que je côtoie assez régulièrement, donc ça s’est super bien passé ! Anaïs Bescond est une fille vraiment sympa. Les deux semaines de Nove Mesto, j’étais avec Julia (Simon) en chambre. Elle est très cool et je m’entends bien avec elle donc c’était top. Aussi, Frédéric Jean était le coach du CD 39 quand j’étais cadette. Il était dans le comité voisin, mais je le connais depuis que j’ai commencé le biathlon, donc je n’étais pas perdue.

Quels enseignements tirez-vous de vos débuts en Coupe du monde ?

Que le niveau est très très haut (rires) ! Il va vraiment falloir bosser sur les skis pour combler cet écart. Cela dit, ça reste tout de même accessible. Avec un très bon tir, j’arrive à rentrer dans les points, donc c’est faisable. Ça va être dur, mais c’est jouable.

Sur l’ensemble des courses de Coupe du monde que vous avez disputées, vous terminez avec 92% de réussite au tir. Vous attendiez-vous à avoir ce niveau ?

C’est toujours plus facile, entre guillemets, de bien tirer quant on sait qu’on n’a pas le niveau sur les skis, enfin ça fonctionne beaucoup comme ça pour moi. Quand je ne suis pas au top sur les skis je me dis « je suis obligée de bien tirer ». Après, le tir est aussi un de mes points forts depuis que j’ai commencé le biathlon, alors que sur les skis, je n’ai pas été au même niveau que tout le monde. Il va falloir que je continue de bosser sur ce point fort, mais aussi sur les skis, il le faut.

Lou Jeanmonnot en action sur la Coupe du monde de Nove Mesto

Lou Jeanmonnot en action sur la Coupe du monde de Nove Mesto – Icon Sport

Quentin Fillon Maillet vous a couvert d’éloges. Qu’en avez-vous pensé ?

J’ai trouvé ça super cool de sa part. En plus, c’est un gars que j’aime bien donc ça me fait encore plus plaisir. Après, je me doute bien que si les journalistes lui ont demandé ce qu’il avait pensé des tirs de Lou, c’est pas qu’il n’avait pas trop le choix, mais parfois, les questions des journalistes sont orientées dans le sens où on veut qu’elles le soient, donc je me méfie un peu toujours (rires). Je n’ai pas eu l’occasion de parler de ça avec lui, mais je ne doute pas qu’il le pense. C’est vraiment un bon gars, j’étais vraiment contente.

Cette année, vous avez été propulsée en Coupe du monde. La saison prochaine sera une année de confirmation ?

Oui. J’aimerais bien passer un peu plus de temps en Coupe du monde si cela est possible, et puis rester sur cette lancée si c’est jouable.

Plus globalement, quels sont vos objectifs pour la prochaine saison ?

Grossièrement, ça sera d’essayer d’être dans les points régulièrement et d’être souvent dans le top 6 en IBU Cup. Après, comme je l’ai dit, essayer d’être le plus souvent possible en Coupe du monde, aller gratter des meilleures places, des top 20, des top 15, et mieux (rires).

Si vous ne deviez garder qu’un seul souvenir de votre jeune carrière, lequel serait-ce ?

Oula, il y en a beaucoup des très très bons ! Sur le moment, je trouve qu’ils sont toujours extraordinaires, comme des titres de championne du monde en relais en juniors, mais je trouve qu’on passe vite à autre chose. A l’instant T, c’est extraordinaire, mais l’année d’après, personnellement, ça a beaucoup plus de valeur.

Je garderais quand même la première course de Coupe du monde cette année. C’était vraiment que du bonheur, j’ai fait une belle course, quasiment au top de ce que je pouvais faire et je me suis vraiment régalée, donc je vais garder celle-ci.

Vous avez pris énormément de plaisir, mais est-ce que vous avez déjà des regrets, vous vous dites que vous auriez pu faire mieux à certains endroits ?

Je ne pense pas. En tout cas, sur cette Coupe du monde, il n’y a pas beaucoup d’endroits où je pouvais gratter quelque chose. Sur les skis, j’étais pas loin du maximum que j’avais, en tout cas de ce que je pouvais faire avec la forme du moment. Et puis au tir, je pense que je pouvais pas faire énormément mieux. Je n’avais peut-être pas une forme incroyable, mais j’ai fait tout ce que je pouvais faire, donc j’ai zéro regret.

Dans un futur un peu plus lointain, en 2022, il y aura les JO d’hiver. En 2016, vous preniez l’argent en poursuite sur les JO de la jeunesse. C’est déjà dans un coin de votre tête ?

C’est un réel objectif, mais pas un gros objectif. Si je ne le réalise pas, je ne serais pas déçue car je sais que ce niveau-là est très très élevé. Il y a quatre filles qui sont sélectionnées pour les Jeux. Pour l’instant, je suis ric rac la sixième meilleure Française, donc je pense que ça va être très compliqué de rentrer dans les quatre pour aller aux JO. C’est faisable, mais ça va être dur. Je vais le garder dans un coin de ma tête, et puis on verra bien.


Journaliste/Rédacteur depuis mars 2021 - Né un soir de Ligue des Champions, c’est tout naturellement que je suis un passionné de football depuis ma plus tendre enfance. Durant des années, j’ai été bercé par la douce mélodie de la Ligue des Champions, subjugué par les coups-francs de Juninho et admiratif devant les coups de reins de Karim Benzema. Malheureusement pour moi, mes genoux en carton m’ont empêché de suivre les traces de mes idoles pour écrire l’Histoire. Alors, c’est ici que je vais me charger de vous la raconter.

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