Manolo Saiz : « Mes équipes ont été les plus propres dans le cyclisme »
CYCLISME – Directeur sportif des formations ONCE et Liberty Seguros dans les années 90-2000, Manolo Saiz est revenu, dans un entretien accordé au quotidien espagnol Alerta, sur cette période trouble.
Manolo Saiz, c’est avant tout un sacré personnage dans le monde du cyclisme. Après avoir créé la formation ONCE en 1989, l’homme d’affaires originaire de la Cantabrie, au Nord de l’Espagne, va connaître des années de gloire avec son équipe. Au palmarès, quatre Tours d’Espagne, avec Melchor Mauri (1991), Laurent Jalabert (1995) et Alex Zülle (1996 et 1997).
Celui qui déclarait en 2001 dans les colonnes du Monde que le cyclisme était devenu « propre », voit finalement son monde s’écrouler en 2006. Devenue Liberty Seguros en 2004, l’écurie du Manolo Saiz devenait la cible des enquêteurs dans la lutte anti-dopage. Déjà ébranlé en 2005 par le contrôle positif à l’EPO de son poulain Roberto Heras à l’issue d’une Vuelta que ce dernier avait remporté, le directeur sportif espagnol est arrêté le 23 juin 2006, lors de la dernière semaine du Giro, dans le cadre de l’affaire Puerto. En cause, un flagrant délit d’achat de substances interdites. Quinze jours plus tard, Saiz se met à l’écart du cyclisme.
« Je ne me suis pas consacré à 100% à ma famille et à mon équipe. Je le regrette »
De cette époque, Manolo Saiz en garde un goût amer. Très amer. Avec, au final, beaucoup de regrets. « Cette affaire m’a plongé dans la solitude. J’étais un homme courageux et cela m’a transformé en lâche. […] Par exemple mes enfants auraient pu avoir d’autres destins. », avoue-t-il. Toujours dans le rayon regrets, Saiz, 60 ans, déplore son implication au Conseil de l’UCI Pro Tour, dont il était l’un des instigateurs. « Depuis 1998, ayant beaucoup voyagé pour représenter toutes les équipes du monde, je ne me suis pas consacré à 100% à ma famille et à mon équipe. Je le regrette. »
Enfin, Manolo Saiz est resté vague concernant l’utilisation (ou non) de produits interdits pour ses coureurs. « Ils devront répondre à cela », a-t-il simplement déclaré, se dédouanant dans les règles de l’art. Avant de terminer en beauté. « Je l’ai toujours dit et continuerai de le faire tout au long de ma vie. Mes équipes ont été les plus propres dans le cyclisme. Je m’en tiendrai à cela. »

