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Marathon : 42,195 km de plaisir… mais pas que !

Bastien Pitte

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La rentrée marque le retour des évènements de course à pied en France et à travers le monde. De nombreux coureurs seront ainsi au départ d’un marathon ces prochaines semaines. Mais que se passe-t-il dans leur tête au cours de ces 42,195 kilomètres d’efforts et de souffrance (parfois intense) ? Je peux vous dire qu’il s’en passe énormément de choses.

Quelques heures avant le départ

Ce moment tant attendu du départ approche. Après un réveil souvent très matinal pour pouvoir manger et laisser à votre corps le temps de digérer tout ça, la pression risque fort de commencer à vous envahir et c’est à ce moment-là que bon nombre de coureurs se rendent compte du défi immense qui les attends. Heureusement, vous aurez généralement la possibilité de passer par les toilettes de votre logement ou bien de l’appartement ou de l’hôtel réservé pour l’occasion de votre Marathon pour évacuer cette pression.

Sur la ligne de départ

Pour ceux qui n’avaient pas encore pris la total mesure de l’évènement, l’entrée dans votre SAS de départ (pour les plus grandes courses) ou tout simplement sur la ligne de départ donne généralement une très bonne piqure de rappel. A ce moment-là, alors que vous pensiez être parfaitement préparé, parfaitement équipé et avoir pensé à tout pour mettre toutes les chances de votre côté, vous vous retrouvez à attendre que le départ du Marathon soit donné à côté de coureurs équipés comme vous ne l’avez jamais vu (« Mais à quoi ça sert tout ce qu’il emmène avec lui ?! ») et en pleine discussions qui commencent à vous inquiéter un peu (« J’espère que la seule séance que j’ai loupé il y a 8 semaines ne me sera pas préjudiciable aujourd’hui… »). Bizarrement, d’un coup, vous aurez l’impression d’être moins bien préparé que vous l’aviez imaginé… Vivement le départ !

C’est parti pour plus de 42 kilomètres – Air France

Km 0 – Km 8

Ah l’euphorie du départ… Vous savez, c’est ce moment où vous allez vous sentir en pleine forme. Vous allez enfin pouvoir le courir ce Marathon tant attendu, que vous avez préparé depuis de nombreuses semaines maintenant. Alors évidemment, dès le départ vous allez avoir des jambes de feu et vous partirez à coup sûr bien trop vite ! Le rythme est très bon, vos jambes aussi, le souffle nous n’en parlons pas. Les premiers temps de passage sont canons, au deuxième kilomètre, au cinquième aussi. « 4h ? Je vais être large ! ». Vous connaissez l’excès de confiance ? Voilà ce qui pourrait vous arriver à ce moment précis.

Km 9 – Km 15

C’est à ce moment de la course que vous commencez à vous emballer sur votre pronostic de course et que vous trouverez que votre meneur d’allure ne va pas assez vite à votre goût. Si vous courez avec des amis, vous vous retrouverez même à discuter et à rigoler un peu pour n’importe quoi, histoire de montrer que vous êtes en pleine forme… pour le moment !

Km 16 – Km 20

En fait, ça commence un peu à piquer là ! C’est généralement à ce moment-là que vous commencez à vous rendre compte que ça ne va pas être si simple que cela, alors que vous n’avez pas encore franchi le cap de la moitié de votre course. « Je ne suis pas si bien que ça en fait ». C’est ce genre de phrase qui commencera à vous monter à la tête. Patience, le semi arrive bientôt.

Les crampes, ennemis du marathonien – Jogging International

Km 21 (Semi-Marathon)

L’un des moments le plus étrange de votre course : le passage au semi-marathon et donc à la moitié de la course. Après plus d’1h45, voir plus de 2h de course pour bon nombre d’entre vous, il n’est pas évident de se dire qu’on vient simplement de réaliser la moitié de la course et que l’autre moitié arrive maintenant. Difficile en effet de s’imaginer refaire tout ce qu’on vient de faire une seconde fois, alors même que certaines douleurs apparaissent déjà… Mais c’est également à ce moment précis où vous retrouverez un regain d’énergie au passage de ce 21ème kilomètre que vous attendiez tant après des 17ème, 18ème ou bien 19ème  kilomètres souvent compliqués psychologiquement (kilomètres lointains par rapport à l’arrivée, alors que vous courez déjà depuis longtemps).

Allez courage, plus qu’un semi-marathon à faire (« Mais je viens déjà d’en faire un ! »)

Km 22 – Km 29

Vous êtes maintenant bien loin du départ… mais encore bien loin de l’arrivée !

Sûrement l’une des parties les plus complexes à gérer au niveau de la tête car les pensées négatives vont se multiplier et vous risquez de mettre en doute vos capacités à terminer ce Marathon, ou du moins, à le terminer dans le temps que vous souhaitiez. Et attention, car c’est souvent sur la fin de cette portion que risque d’arriver les premières crampes, tant redoutées chez les marathoniens…

Allez courage, bientôt le fameux mur du Marathon que vous prendrez de plein fouet !

Le mur du Marathon n’est pas qu’une simple légende – France Bleu

Km 30 – Km 35

Terminé la partie la plus complexe psychologiquement, place maintenant à la partie la plus complexe physiquement ! Pas sûr que ce soit mieux pour vous…

Vous arrivez alors au très réputé « Mur du Marathon », ce moment où l’énergie vient à vous manquer et que votre corps ne répond plus comme vous le souhaitez. Manque d’essence dans le moteur, apparition des crampes et autres douleurs physique… On ne va pas se mentir, vous ne serez pas au mieux à ce moment-là de la course, vaut mieux le savoir dès maintenant ! Bizarrement, vous vous prendrez de passion à ce moment de la course pour les ravitaillements et vous n’aurez que rarement autant apprécié de boire de l’eau de toute votre vie. Rassurez-vous, vous croiserez de nombreux coureurs éparpillés un peu partout sur la chaussée qui tenteront de s’étirer comme ils peuvent et nombreux d’entre eux passeront en mode marche en attendant de pouvoir courir de nouveau.

Allez courage, après cela il ne vous restera plus que quelques kilomètres !

Km 36 – Km 40

Le plus dur est maintenant derrière vous… enfin normalement ! En réalité, le fameux mur du Marathon peut se poursuivre sur quelques kilomètres encore et vous poser une nouvelle fois quelques difficultés. Vous verrez, c’est le moment où les spectateurs vont vous encourager à ne rien lâcher, en insistant sur le fait que ce soit bientôt fini. En toute honnêteté, vous aurez sûrement un peu de mal à entendre cette phrase vous indiquant que cette course est bientôt terminée alors qu’il vous reste plusieurs kilomètres à parcourir en étant au bout de votre vie… mais il ne faut pas leur en vouloir.

Le champ de bataille continuera sous vos yeux, avec encore de nombreux coureurs aux quatre coins de la route, ne savant même pas eux-mêmes ce qu’ils font encore là. Bizarrement, il y a encore plus de monde aux ravitaillements…

Allez courage, c’est bientôt fini…

Les ravitaillements deviennent des lieux de replis essentiels – Wikipedia

Km 40 – Km 42

Mais que se passe-t-il ? D’un coup d’un seul, la plupart d’entre vous retrouvent un semblant de jambes et d’énergie pour tenter de boucler ces derniers kilomètres.

« Je vais le faire, je vais le faire, je vais le faire… ». Voilà surement ce que vous êtes en train de vous dire à ce moment précis de la course et vous avez bien raison, car le plus dur est véritablement derrière vous. Le sourire revient sur la plupart des visages et chacun prend conscience tout doucement de ce qu’il a réalisé. Attention quand même à l’excès de confiance, la crampe n’est pas bien loin…

Km 42,195 – La ligne d’arrivée

Vous connaissez ce moment où l’être humain oublie tout ce qu’il s’est passé quelques heures auparavant et ne pense plus qu’à l’instant présent ? C’est à peu près à cela que ressemble une arrivée de Marathon. L’espace de quelques instants, vous allez oublier le calvaire et les douleurs vécues durant plus de 3, 4 ou 5h pour profiter de cette joie qui vous envahit car oui, VOUS ÊTES MARATHONIEN !

Allez hop, on récupère sa médaille et direction le ravitaillement d’après course pour aller s’asseoir avec tous ces coureurs qui comme vous n’ont aucune envie de faire quelques mètres de plus et passeront le reste de leur journée ici s’il le faut.

Bastien Pitte


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Sylvie
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Sylvie

Bonsoir ! Félicitation pour votre parcours ! Nous avons nous même commencé avec mon conjoint la course à pied il y a peu de temps, et c’est vrai que je ne m’étais jamais autant investi dans un sport que celui-ci. Mais je dois avouer que j’ai dû payer pour parvenir à nos fins .. Cependant, la formation a été vraiment utile et nous n’aurions pas pu obtenir autant d’informations difficile d’accès en si peu de temps ! C’est plutôt un investissement qu’autre chose que je vous conseille .. Pour ma part, ça a été la formation : http://bit.ly/RéussirSonPremierMarathon Bonne continuation,… Lire plus »

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