Marine Cabirou : « Le titre de championne du monde, ça fait rêver »
VTT – À 23 ans, Marine Cabirou incarne le présent, mais surtout le futur du VTT Descente. Lauréate de trois manches de Coupe du monde l’année passée, la descendeuse de Millau aborde une saison 2020 atypique, entre incertitudes et objectifs. Entretien.
Marine, comment avez-vous vécu cette période bien délicate que nous venons de traverser ?
C’est sûr que ça n’a pas été évident. Ça n’a pas été facile de garder la motivation et de continuer à s’entraîner. Avec mon entraîneur, on s’est un peu adapté, en faisant de nouvelles séances d’entraînement basées sur de la gym, du renforcement et du home-trainer. C’est sûr que ça n’a pas été une période évidente…
Depuis la reprise, quel a été le programme au niveau de l’entraînement ?
On en profite surtout pour rouler dehors ! Ça a fait du bien de retrouver le vélo de descente, pour travailler la technique. On a aussi pu de nouveau attaquer à la salle de musculation. En gros, on repart pour une nouvelle préparation hivernale entière, comme on peut le faire d’habitude avant une saison complète.
En parlant de saison, celle que vous vous apprêtez à vivre s’annonce spéciale, avec un calendrier amoindri. N’est-ce pas trop difficile de trouver la motivation dans ces conditions ?
C’est certain que ce n’est pas simple, car on est dans une situation un peu atypique. Il y aura quelques Coupes de France au mois d’août histoire de se remettre en jambes avant les championnats de France aux Menuires (21 au 23 août). Après, pour la Coupe du monde, c’est vrai que les manches s’annulent au fur et à mesure, donc c’est assez délicat. Même chose pour les Mondiaux (5-11 octobre à Leogang, Autriche), si les athlètes de certains pays ne peuvent pas se déplacer, ça risque d’être compliqué… Pour l’instant, on continue de s’entraîner et d’avancer en attendant que la saison arrive, en espérant que les différentes compétitions aient lieu.
Au milieu de toutes ces incertitudes, arrivez-vous à définir des objectifs pour cette saison ?
C’est vrai que ce n’est pas évident de pointer des objectifs. Mais on est là pour ça. Les courses, c’est ce qui nous motive. On a toujours quelques objectifs et personnellement, ayant été championne de France l’an dernier, j’espère conserver mon titre aux Menuires. Et puis le titre de championne du monde, c’est forcément quelque chose qui fait rêver. Après, on se doute que la Coupe du monde n’aura pas beaucoup d’importance cette saison, avec seulement deux étapes programmées. Néanmoins, au pire, on reste motivés pour la saison 2021.
Petit retour en arrière. La saison dernière, vous avez remporté trois manches de Coupe du monde (Val di Sole, Lenzerheide et Snowshoe). Quelle victoire vous a le plus marquée ?
Je pense que c’est la toute première, à Val di Sole (Italie). C’était ma première victoire en Coupes du monde élites et c’était assez fou. Je gagne avec près de 12 secondes d’avance sur ma poursuivante (Tracey Hannah, ndlr). Aussi bien moi que les gens autour, personne ne s’attendait à ça. Ce premier succès, ça a été un déclic qui m’a permis de continuer à gagner.
Le run de Marine Cabirou lors de son succès à Val di Sole

À propos de votre discipline, comment êtes-vous arrivée au VTT Descente ? Êtes-vous passée par le cross-country avant de devenir une descendeuse ?
En fait, lorsque j’étais jeune, je faisais les TRJV (Trophée Régional des Jeunes Vététistes). On pratiquait le trial, le cross-country, un peu toutes les épreuves de VTT en fin de compte. Puis mon frère faisait également du vélo, et lui a toujours voulu faire de la descente. C’est un peu lui qui m’a embarqué dans cette discipline et arrivée aux catégories minimes-cadettes, il a fallu réellement choisir la discipline. Je n’ai pas hésité longtemps et je me suis tournée vers la descente. Ce qui me plaît vraiment dans le VTT Descente, c’est l’adrénaline. Il y a aussi une bonne ambiance dans cette discipline. On a beau être concurrentes et avoir pour but de réaliser le meilleur chrono, l’entente est toujours bonne entre nous.
Dernière question, avez-vous un modèle dans votre discipline, ou plus globalement dans le monde du sport ?
Je pense qu’il n’y a pas besoin d’aller chercher bien loin dans notre discipline. Forcément, Loïc Bruni est un modèle. Avec tous les titres qu’il a déjà remportés (quadruple champion du monde à 26 ans, ndlr), c’est un vrai exemple pour nous tous.


