Martin Fourcade : « Une grande fierté d’arriver à démocratiser ma pratique »
Martin Fourcade, quintuple champion olympique de biathlon, nous a gentiment accordés un entretien. Nous lui avons posé des questions sur le biathlon, mais pas que. On lui a aussi parlé des Jeux Olympiques et de son affection pour un autre sport, le cyclisme.
Bonjour Martin, les personnes qui ne connaissent pas ou peu le biathlon ne savent pas que votre préparation a débuté depuis longtemps, bien avant qu’il y ait de la neige. Comment vous préparez-vous en amont ?
C’est un gros travail foncier qui débute au mois de mai en vélo, course à pied, musculation, beaucoup de ski à roulettes et du tir bien sûr. Progressivement, vers l’automne, on est amenés à remonter sur les skis, comme cela a été le cas le 17 septembre à Oberhof en Allemagne où a eu lieu le premier stage sur neige. Le second aura lieu début novembre en Scandinavie.
Quelle a été la concession la plus difficile à faire depuis que vous êtes sportif lors de cette période de préparation ?
Tous nos amis qui sont amenés à vivre un peu en décalage. Ils sont en vacances en été tandis que pour nous, ce sont de grandes périodes de préparation. Cette désynchronisation avec mes amis dans un premier temps, puis ma famille aujourd’hui, à ne pas pouvoir profiter des vacances d’été avec eux est la plus compliquée des concessions.
On sait que vous êtes fan de sport, notamment de cyclisme. Quelle était votre idole de jeunesse ?
Il y en a pas mal qui ont été déchues. Comme toute ma génération, j’ai beaucoup regardé Lance Armstrong. Par contre, je pense que le cyclisme d’aujourd’hui vit de belles heures.
Vous avez partagé votre expérience de sportif avec de nombreux cyclistes dont Thomas Voeckler et Romain Bardet en juin dernier. Qu’est-ce qui fait que vous être proche du cyclisme ?
Je suis passionné de cyclisme parce qu’avant tout, j’en fais beaucoup durant ma préparation. J’en ai aussi fait beaucoup durant ma jeunesse. J’ai finalement choisi le ski mais je pense que ce sont deux sports qui se ressemblent un peu en termes d’efforts et de dépassement de soi. Comme on fait beaucoup de vélo, il y a forcément une affinité qui se crée avec les cyclistes qui pour leur part, font aussi beaucoup de ski l’hiver.
Vous êtes à présent quintuple champion olympique et vous avez tout gagné. Comment arrivez-vous à trouver encore de la motivation ?
Ce sont des facteurs différents par rapport à mes débuts. Jusqu’en 2014, je me suis battu en allant chercher des objectifs. Le dernier était facile à trouver, c’était en 2014 avec la conquête du seul titre olympique qu’il me manquait. Finalement, après les Jeux Olympiques 2014, en ayant gagné tout ce que je rêvais de gagner, j’ai dû modifier mon approche et voir mon sport différemment. Depuis, j’ai essayé de me concentrer sur des détails, essayer d’être le plus performant possible sans me confronter aux autres ou de me concentrer sur une place. C’est d’avantage sur une dynamique, une méthode que sur une place que je me focalise aujourd’hui
Est-ce que vous réalisez parfois, grâce à vos exploits, que vous êtes sans doute le meilleur biathlète de l’histoire avec Ole Einar Bjørndalen et que vous avez fait découvrir votre sport à des millions de personnes à la télévision, au point même que vous étiez présent dans le sujet de mathématiques du Brevet des collèges ?
C’est une grande fierté d’arriver à démocratiser ma pratique, d’arriver à faire découvrir le biathlon à beaucoup de Français. Le Brevet des collèges, c’est une anecdote plutôt très sympa.
Quels sont les objectifs cette saison ?
Les objectifs, ce sont le championnats du monde et la Coupe du monde, tout en étant le plus performant possible sur l’ensemble de la saison.
En quoi était-ce important pour vous de devenir membre de la commission des athlètes pour les Jeux Olympiques d’été en 2024 à Paris ?
Je crois que ce projet est une chance inouïe pour la France. On a l’occasion de montrer au monde entier notre savoir-faire, de faire rêver, de transformer notre population actuelle vers une population plus sportive et de faire évoluer la société sur beaucoup de sujets parce que bien sûr, les Jeux Olympiques, c’est du sport, mais ça touche un nombre assez impressionnant de domaines. C’était une vraie volonté de pouvoir participer à cette aventure.



Landrhy TOUMBA
21 octobre 2018 à 13h39
Très bel article avec des questions pertinentes, bravo!
Sylvie
17 octobre 2018 à 15h28
Un grand champion !!!