Mary-Ambre Moluh se confie après son explosion : « Je ne m’attendais pas, à ce point-là, à ces performances »
NATATION – Entretien avec Mary-Ambre Moluh, triple championne de France et détentrice de deux records de France, qui se prépare désormais pour les Championnats d’Europe de Paris.
Elle a été la sensation des bassins stéphanois. Lors de la dernière édition des Championnats de France, disputés au début du mois, Mary-Ambre Moluh a décroché trois titres nationaux sur 50 m nage libre ainsi que sur 50 et 100 m dos, tout en s’offrant les records de France sur les deux distances en dos. À 21 ans, la nageuse francilienne, désormais expatriée aux États-Unis, ne se fixe aucune limite et espère nager encore plus vite lors des Championnats d’Europe de Paris, prévus du 10 au 16 août prochain.
Mary-Ambre Moluh : « Je ne m’attendais pas, à ce point-là, à ces performances, mais je l’espérais très fort »
Vous attendiez-vous à réaliser de telles performances lors de ces Championnats de France ?
J’avais des objectifs chronométriques assez élevés qui pouvaient se traduire par des titres et des records de France, mais je me suis juste concentrée sur le fait de réaliser la meilleure course possible, qui reflète un peu mon niveau d’entraînement. Les titres et les records venaient avec. Mais je voulais surtout atteindre les objectifs chronométriques que j’avais en tête. Je ne m’attendais pas, à ce point-là, à ces performances, mais je l’espérais très fort.
Aviez-vous prévu un pic de performance ?
Je m’étais un peu plus préparée pour ces Championnats de France que pour les autres compétitions de l’année. Je me sentais vraiment en forme et j’avais disputé deux compétitions auparavant où je n’étais pas autant préparée, mais où j’avais réalisé de très bons temps. Je me suis donc dit qu’avec un peu de préparation supplémentaire, ça pouvait être encore mieux. Avec encore plus de préparation pour les Championnats d’Europe, ce sera le top du top, je l’espère (rires).
Votre départ aux États-Unis vous a-t-il permis de franchir un cap ?
C’est sûr ! Je pense que j’ai surtout franchi un cap mentalement. Le fait d’être entourée de personnes qui nagent à très haut niveau m’a aussi donné envie de performer à ce niveau-là. Par exemple, je m’entraîne avec Isabelle Stadden, qui est récemment passée sous les 58 secondes sur 100 m dos (57.55), soit le deuxième meilleur temps de l’année, et parfois je suis devant elle. Donc si elle y parvient, je me dis que je peux aussi y arriver.
De plus en plus de jeunes nageurs partent outre-Atlantique. Est-ce le meilleur environnement pour concilier sport et études ?
Pour moi, c’est le meilleur endroit. Les programmes sont très bien aménagés et les entraîneurs sont très compréhensifs. Cela aide forcément dans la préparation, car on a beaucoup moins de stress. J’ai déjà eu du mal à me concentrer aux entraînements parce que les examens me stressaient (elle vient de valider sa deuxième année de licence d’économie), et mon entraîneur a été très attentif à ça afin de gérer au mieux cette période.
🔔 OH LA PERFORMANCE !!! 🔔
Mary-Ambre Moluh 🇫🇷 vient d’établir un nouveau RECORD DE FRANCE du 100m dos en 58.25.
La nageuse de l’U.S. Créteil devient la quatrième meilleure performeuse européenne de l’histoire. 🤯#Natation #SaintEtienne2026 pic.twitter.com/6b1WTFZhYF
— MR.CARTER 🌚 (@NelsonCarterJr) June 30, 2026
Depuis quelques années, les grandes médailles françaises en natation sont surtout venues des hommes. Pensez-vous pouvoir devenir l’une des nouvelles figures de la natation féminine française ?
C’est vrai qu’on a beaucoup mis en avant les garçons, et j’ai presque l’impression qu’on a mis toutes nos pièces sur eux, comme si nous étions mises de côté. Ça me tient à cœur de montrer que, nous aussi, les filles, on a un bon niveau et qu’on peut atteindre les plus hauts podiums internationaux.
Mary-Ambre Moluh : « On a envie de venir se chercher et, quand l’une est plus rapide, on a envie de lui passer devant »
Avec Pauline Mahieu, Analia Pigrée et Béryl Gastaldello, il y a une vraie densité sur le sprint en dos et en nage libre. Comment vivez-vous cette concurrence ?
La concurrence est très saine. On se pousse vers le haut. On a envie de venir se chercher et, quand l’une est plus rapide, on a envie de lui passer devant. Une performance vient naturellement avec ça. On est toutes très amies. Cette concurrence permanente permet aussi de ne pas trop se reposer sur ses lauriers et de toujours se dépasser.
Comment allez-vous préparer les Championnats d’Europe ?
J’ai pris quelques jours de repos et je reprends l’entraînement cette semaine. Ce sera principalement une semaine de récupération avant d’enchaîner avec environ trois semaines de travail, puis une semaine de relâchement avant la compétition. Comme je vais rester en France, je vais m’entraîner à l’INSEP où il y aura aussi plusieurs nageurs de l’équipe de France, comme Maxime Grousset (actuellement blessé), Yohann Ndoye-Brouard ou encore Béryl Gastaldello.
Quels seront vos objectifs ?
J’ai envie de continuer sur cette lancée et de battre mes meilleurs temps. Ce serait génial. J’essaie de me fixer des objectifs chronométriques et, souvent, ça s’aligne avec des médailles.
Après les Jeux olympiques de Paris 2024, vous allez retrouver le public francilien pour les Championnats d’Europe. Avez-vous hâte de revivre cette ambiance à domicile ?
J’ai plus que hâte. J’ai vécu les Jeux en relais et je me dis qu’en individuel, si on est deux Françaises, par exemple, en finale, il y aura tout le public derrière nous. Avoir autant de personnes derrière soi, qui te soutiennent, c’est génial. Je pense que ça va être incroyable et j’ai vraiment hâte de retrouver cette ambiance.


