Mathilde Becerra : « Quel athlète ne rêve pas d’aller aux JO ? C’est mon objectif »


Nous avons rencontré Mathilde Becerra, championne de France d’escalade, qui nous parle du début de sa saison ou encore des Jeux Olympiques. 

Mathilde, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Mathilde, j’ai 26 ans et je suis originaire de Toulouse. J’ai un diplôme d’ingénieure mais je me consacre actuellement exclusivement à ma carrière dans l’escalade.

A quel âge et comment as-tu commencé l’escalade ?

J’ai commencé à grimper à l’âge de 13 ans. Une amie m’a initiée à ce sport un peu par hasard et ça a été le coup de foudre. Mes parents n’arrivaient plus à me faire descendre du mur. Je ne pensais qu’à ça et j’attendais chaque entraînement avec impatience. Même pas un an après avoir commencé l’escalade, je me suis tournée vers la compétition. Ça a été un peu chaotique au départ mais je n’ai pas baissé les bras. J’ai réussi à intégrer l’équipe de France à l’âge de 16 ans, ce qui a lancé ma carrière dans le haut niveau.

Quelle est la plus grande émotion sportive que tu as eue jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai eu deux grandes émotions à ce jour :

La première en 2016, lorsque j’ai remporté mon titre de championne de France dans mon sud-ouest natal. C’était une réelle surprise car j’allais sur cette compétition dans l’optique de régler les derniers détails avant les échéances internationales, sans accorder d’importance au classement. Cette victoire était d’autant plus belle que j’ai été la seule à atteindre le sommet de la voie (le parcours tracé sur le mur), devant ma famille et mes proches.

La deuxième grande émotion fut en 2015 lorsque j’ai réussi à accéder aux phases finales d’une Coupe du monde (top 8). La concurrence à l’international est redoutable et il faut se battre bec et ongles pour avoir sa place. J’en rêvais depuis si longtemps. J’ai donc pu grimper en finale aux côtés des meilleures mondiales devant le public français qui m’a poussé jusqu’au bout dans une ambiance électrique. J’ai même décroché une 4ème place, ma meilleure place internationale à ce jour !

Quelles sont les trois qualités indispensables pour être performant en escalade ?

L’escalade, c’est beaucoup de qualités physiques mais aussi mentales. Je dirais qu’il faut avoir un excellent rapport poids/puissance, une gestuelle aiguisée (précision, technique et fluidité des mouvements) ainsi qu’un mental d’acier.

Mathilde Becera 2
© Samuel Challéat
Comment se décompose une semaine d’entraînement type pour toi ?

Les semaines ne sont jamais les mêmes mais en général, je m’entraîne 5 à 6 jours par semaine avec 3 à 4 séances par jour (muscu, escalade, cardio…). J’ai environ 60% d’escalade pour 40% de préparation physique. Il faut compter entre 15 et 20h par semaine.

Quels sont tes prochains objectifs à court terme ?

Pour cette saison, j’espère de nouveau remporter les Championnats de France, ainsi qu’être dans le top 5 du classement mondial.

L’escalade sera au JO de 2020. On peut imaginer qu’à moyen terme c’est ton véritable objectif ?

Quel athlète ne rêve pas d’aller aux JO ? C’est clairement un objectif pour moi, cela dit le format choisi par le comité olympique rend la tâche difficile. Il s’agit d’un combiné des trois disciplines de l’escalade (la difficulté, le bloc et la vitesse). A l’heure actuelle, quasiment tous les grimpeurs sont spécialisés dans une discipline. Pour espérer aller aux JO, il faut donc complètement changer sa façon de s’entraîner et inclure les autre disciplines, ce qui en soi est très intéressant. Mais c’est un peu comme demander à un sprinteur de faire du marathon ! Du coup personnellement, je continue à me consacrer pleinement à ma discipline (la difficulté), tout en commençant à faire des compétitions dans les deux autres.

Paris 2024, les JO en France, est-ce déjà dans un coin de ta tête ?

Oui ça l’est ! Même si d’ici là j’aurais peut être arrêté la compétition. Si le format change et que chaque discipline individuelle a sa place, j’y songerai sérieusement. Sinon, j’aimerais être impliquée dans les Jeux à un autre niveau, pourquoi pas en tant qu’entraîneur national.

Nicolas Jacquemard

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