Matthieu Androdias : « Tokyo, ma priorité depuis Rio »


Champion de France à Cazaubon en avril, nous avons rencontré Matthieu Androdias, rameur français, qui revient sur ce nouveau titre et qui se projette sur la saison internationale. 

Matthieu, tu as remporté le championnat de France, peux-tu nous raconter ta course ?

La finale du skiff, c’est tous les ans une ambiance particulière. C’est la dernière course du programme, tous les autres titres ont déjà été décernés. Il n’y a plus que 6 bateaux sur l’eau, dans la zone de départ. J’ai beau faire ce championnat depuis 10 ans, ce n’est pas le week-end où je dors le mieux. Une fois lancée, la course est passée très vite. Je pars assez fort et maintiens un rythme élevé plus longtemps que les autres, ce qui me permet de prendre l’ascendant et de « contrôler » la course. Dans les derniers 500m, je sais que ça ne reviendra pas. Et comme souvent à l’arrivée, je cherche le regard de mes proches. Sans ce partage, les victoires auraient certainement moins de valeur.

C’est loin d’être ton premier titre de champion de France (14 au total, dont 6 en bateau court). Est-ce que c’est toujours le même sentiment à l’arrivée ?

Je crois que je n’ai jamais ressenti deux fois les mêmes émotions. Ni pendant la course, ni au passage de la ligne d’arrivée. Ces championnats sont de grosses étapes de notre saison nationale et chaque année, le contexte est différent, ainsi que les motivations, les enjeux, les objectifs que l’on se fixe. De l’extérieur, on ne voit que le résultat, la médaille, mais chaque titre a son histoire.

Tu vas ramer avec Hugo Boucheron pour la saison internationale. En quoi êtes-vous complémentaires ?

On s’est bien trouvés avec Hugo. Cependant, on est assez différents lui et moi : nos caractères, nos forces, nos faiblesses aussi. En cela, on est très complémentaires. On ne cherche pas à devenir des clones, mais pour ma part, je m’inspire souvent des gens qui me surpassent dans un domaine. Avec cette philosophie, on a tout à gagner à s’entourer de gens différents.

Quels seront vos objectifs cette année ?

Pour moi c’est très clair : c’est le podium aux Championnats du monde. Mais pour y parvenir, il faudra être capable du monter sur les podiums en Coupe du monde et aux Europe. Le jour J, rien ne s’improvise.

Matthieu Androdias lors des championnats de France – FFAviron – Daniel Blin
A plus long terme, Tokyo c’est déjà dans 2 ans. A partir de quel moment allez-vous vraiment entrer dans la préparation olympique ?

Dans ma tête, je suis rentré en préparation de Tokyo quelques semaines après mon retour de Rio. J’ai décidé d’en faire une priorité. Aujourd’hui, ma vie et mon quotidien tournent autour de ce projet. Dans les faits, cela veut dire que cette année, je suis déjà sur un volume d’entraînement de préparation olympique.

Est-ce que tu te vois encore dans l’aviron après Tokyo ?

C’est une question que je me pose, sans pour autant trouver une réponse qui me convienne. Physiquement, j’en aurais certainement les ressources, mais l’engagement est tellement fort qu’il conditionne toute notre vie. Deux entraînements par jour pendant quatre ans, tu as intérêt à savoir pourquoi tu le fais. Il y a aussi la vie professionnelle, la famille, ce serait très égoïste de prendre cette décision à la légère.

Même si ce n’est pas dans ta catégorie, beaucoup de grands rameurs ont arrêté en même temps, on pense à Jérémie Azou ou Stany Delayre. Un mot sur eux ? En quoi vont-ils manquer à l’aviron ?

En effet, ils ont été les fers de lance de l’aviron français ces dernières années. A l’image de Jérémie que j’aime citer, ils ont laissé une grosse dynamique au sein du groupe. Pas seulement une dynamique de victoires, mais surtout un état d’esprit au quotidien. Je pense que m’en inspirer ne peut que me rapprocher de mes objectifs.

Si je te donne la possibilité de passer 30 minutes avec le sportif de ton choix, qui choisirais-tu ? Et pourquoi ?

Je ne bade plus personne depuis que mes idoles sont devenues mes rivaux.

Nicolas Jacquemard

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