Max Massat, un homme de défis
Nous avons rencontré Max Massat, manager général de « la Bande », qui vient de terminer deuxième des 24 heures du Mans vélo en solo.
Max, pour ceux qui ne te connaîtrait pas encore, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Max Massat, je viens d’avoir 28 ans un jour avant les 24h du Mans vélo. Je suis un sportif depuis tout petit et sur le vélo depuis 8 ans maintenant. Je suis passé par 3 clubs en division nationale, L’occitane, Montauban, Sablé Sarthe et avant le TOAC, le VC Portet et le Team Martrais.
J’ai eu ensuite la chance d’avoir rencontré une personne au cours de cette petite carrière qui a changé le sens de ma vie. Après avoir travaillé pour lui nous avons voulu construire et lancer un projet ensemble, celui de monter une équipe cycliste avec mes idées. Ce fût le cas la saison dernière, avec une majorité de coureurs du département de la Haute-Garonne, l’équipe a pris automatiquement le nom du sponsor mais a changé 3 fois de nom en 2 ans pour devenir « La Bande Cycliste ».
Équipe cycliste de division nationale 3 que j’ai donc monté de toute pièce, c’est la 2eme année pour l’équipe à ce niveau. Je suis actuellement le président et manager, mais pas que, suite aux difficultés que j’ai rencontré l’hiver dernier. La perte de mon sponsor principal donc un budget divisé par 4 pour la saison 2017. Cependant je n’ai pas abandonné et j’ai voulu tout faire pour que la saison se déroule du mieux possible.
Aujourd’hui cela s’annonce très compliqué pour la suite je suis en train de me faire à l’idée qui c’est fini. C’est pour cela que j’ai repris le vélo au cours de l’année pour garder un peu de passion.
Pourquoi avoir voulu participer au 24h du Mans vélo en solo ?
Le défi des 24h du Mans Vélo en solo part tout simplement du mois de janvier quand j’étais en train de faire une campagne de crowdfunding pour sauver l’équipe. Je passais tellement de temps dessus, je n’avais plus de vie privée ou du moins plus le temps pour, j’avais choisis de tout faire pour sauver ce projet au risque de perdre ce que j’avais à côté. C’est ce qu’il s’est passé avec ma copine à l’époque par exemple. Du coup vu le mental qu’il me fallait pour tenir et ne pas craquer je me suis dit qu’un défi, un objectif sur la fin de saison pourrait me permettre de tenir jusque là en cas de défaillance au cours de l’année. Cela permet de se dire de ne pas craquer totalement car j’aurais mon objectif à moi perso.
J’ai vite réfléchi et je me suis mis d’accord sur un point, si je sauvais l’équipe (car il me restait 1 mois pour trouver la solution) je me lancerai le défi de faire les 24h du Mans en solo et si ce n’était pas le cas alors je ferai le marathon de Toulouse pour me permettre de tourner la page. Des épreuves difficiles mais avec un minimum d’entraînement, parce que je me suis dit que mentalement avec ce que j’étais en train de subir je pouvais effectuer ces épreuves là sans difficulté et qui pourront me permettre d’évacuer tout le stress mental durant la saison.
Ensuite je voulais me prouver que même dans la difficulté j’étais capable de garder une ligne de conduite et réaliser des performances, c’est ce qu’on appelle avoir de la ressource, car je ne voulais pas m’accabler sur mon sort et dire c’est comme ça point final.
Quel était ton objectif avant de partir ?
L’objectif pour les 24h était simple, finir !
Vraiment, je ne voulais pas me mettre de pression en plus que je n’étais pas sur de pouvoir prendre le départ avec mon problème de genou. Mais j’ai pris plus de temps pour le soigner que pour m’entraîner. Ensuite j’ai repris un peu les courses en juillet pour me remettre dans le rythme et une seule en août (au total 6 courses). J’ai vu que j’étais rapidement dans le rythme avec peu d’entraînement, j’ai donc essayé de faire quelques longues sorties mais sans me prendre la tête. Au final, ma plus grosse semaine aura été 18h de vélo en juillet et ma plus longue sortie 6h30 la semaine avant.
Raconte nous un peu ta performance, es-tu satisfait ?
Au final oui c’est devenu une performance, car comme le dit mon frère une fois que je prends le départ d’une course je redeviens un coursier qui veut gagner, ou du moins faire la course, c’est en moi c’est comme ça. C’est pour cela que je me suis rapidement trouvé en tête avec les premiers et que tous nos plans ont changé en cours de route.
Je me suis vraiment surpris, je me savais pouvoir tenir 6-7 heures à un rythme élevé mais ensuite pour moi derrière c’était le néant. Enfin j’avais déjà fait 321km avec Michael Mazin une fois (2013), on avait décidé de faire Toulouse – Narbonne Plage – Toulouse dans la journée, vent de dos à l’aller, vent de face au retour. On a réussi à 32km/h de moyenne, 10h de vélo.
Du coup je me suis dit que je ne ferai pas mon premier arrêt au stand tant que je n’ai pas passé les 321km, c’est chose faite, mon premier arrêt j’avais fait 338km 🙂
Après j’ai découvert plein de choses où j’avais un doute et d’autres où je ne m’attendais pas, dans tout les cas à l’arrivée c’est bizarre mais non je n’étais pas content de moi. Il m’a fallu attendre le mardi soir pour apprécier cette 2ème place, maintenant je comprends mieux ce que j’ai fait et pourquoi je dois en être content et satisfait. J’étais tellement dans le dur sur la fin de course et le lendemain que c’était compliqué d’apprécier la performance.

Max Massat entouré des frères du Team Nardo et du staff de Hush.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile pendant ces 24 heures ?
Aujourd’hui ça fait une semaine et je ne sais toujours pas ce qui a été le plus dur à gérer. En fait je ne pense pas que ce soit la course en elle même mais plutôt l’avant et l’après course. Je suis peut-être le seul à dire ça mais l’effort on s’y attend, on sait que l’on va souffrir et passer dans plusieurs états, donc tout dépend de ta préparation. Mentalement c’est usant avec les blessures et l’organisation quand tu ne sais pas trop dans quoi tu t’embarques.
Sur le vélo, là où je pense avoir le plus souffert c’est les douleurs aux doigts de pied, au genou, à la tête. Tu te dis simplement de résister car cela va passer en sachant que cela va revenir ensuite. Il faut arriver à accepter la douleur mais à la fin je n’avais qu’une chose en tête, 15h la fin de la course… heureusement que le Staff est là à ce moment là et qu’il y a les encouragements du public.
Tu as couru avec un nouveau maillot, Hush, peux-tu nous en parler ?
Oui en effet j’avais une nouvelle tenue pour l’occasion avec ce nouveau sponsor, je l’explique sur max24h.fr. Hush c’est un nouveau défi aussi, nous allons tenter de faire bien plus qu’une Banque, nous voulons rendre l’accès au compte bancaire le plus simple possible depuis son mobile et laisser le client piloter son compte librement.
As-tu prévu de relever de nouveaux défis de ce type ?
Pour le moment non et je pense en avoir assez avec celui-là. Mais c’est vrai que je réfléchis en ce moment à ce que je veux vraiment et j’ai toujours cette envie de repousser les limites de mon corps. Je suis à l’écoute, beaucoup de gens m’ont écrit, je verrais ce que me dit mon corps et ma tête mais pour le moment je préfère partager et expliquer mon expérience, je suis encore jeune mais je rentre dans la force de l’âge, donc c’est vrai que cela fait réfléchir, surtout s’il y a de la performance derrière. À suivre…
Pour l’équipe cycliste « La Bande » dont tu es le manager, sera-t-elle toujours sur les routes en 2018 ?
Pour l’équipe j’ai tout donné et je m’étais fixé le 31 juillet pour trouver une solution. On ne trouve pas 100 000€ comme ça, je préfère arrêter que refaire une saison comme celle là qui pour certains cela conviendrait mais moi je n’ai pas imaginé mon projet de la sorte. J’ai beaucoup perdu cette année en voulant tout faire pour mes coureurs, je me suis rendu compte des erreurs que j’ai pu faire, il faut donc apprendre de ses erreurs. Je veux donc clôturer le tout du mieux possible car on ne peut pas vouloir repartir sans effacer les casseroles derrière, on me demande la suite mais on ne s’imagine pas déjà le présent.
Une fois que tout sera clôturé là je pourrais prendre le temps de réfléchir comment faire mieux si je veux recommencer mais il y a des priorités et il faut bien que je vive aussi, le bénévolat est efficace que si à côté ça tourne.
Ceci dit je ne regrette rien dans ce que j’ai fait, j’ai osé, j’ai appris, j’ai grandi, j’ai compris. Maintenant je dois repartir !


