Messaoud Benterki : « Les Français aiment vraiment le biathlon »
Chef d’orchestre du biathlon sur La chaîne L’Équipe, Messaoud Benterki a répondu à nos questions pour évoquer de nombreux sujets. La saison passée et la Coupe du monde qui démarre samedi, son rôle de maestro, le duo Anne-Sophie Bernadi – Alexis Boeuf ou encore sa passion pour le biathlon, entretien avec un vrai passionné.
Messaoud, avant de parler de la saison qui démarre, un mot sur la saison précédente qui a été un peu particulière pour les raisons que l’on connaît : comment vous et votre équipe l’avez-vous vécue ?
On s’est adapté et finalement, ce qui a été très surprenant et très agréable, c’est qu’on a découvert des forces supplémentaires dans l’équipe biathlon. On ne pouvait pas être sur place pour les commentaires, donc Anne-Sophie (Bernadi) et Alexis (Boeuf) étaient en plateau avec nous, et on a réussi à faire quelque chose de très agréable. C’était vraiment très sympa à vivre dans l’équipe biathlon, les avoir en plateau, cela a rendu le dispositif très riche, c’était vraiment très positif. Après, c’est vrai qu’il y avait l’absence de public, mais je trouve que le biathlon s’en est très bien sorti. On aurait aimé du public au moment des tirs, dans les moments à suspense, car c’est une force de ce sport, mais je trouve que la saison s’est passée bien mieux que ce que l’on aurait pu penser.
C’était aussi la première saison de l’après Martin Fourcade : aviez-vous des craintes quant à la perte de téléspectateurs, tant il a marqué ce sport pendant des années ?
Très honnêtement, je n’avais aucune crainte, je me suis fié à mon ressenti. On doit énormément à Martin Fourcade parce que c’est lui qui a permis de créer cet engouement et de faire monter le biathlon. Mon ressenti me laissait penser que les gens s’étaient attachés au champion, et avait découvert le biathlon grâce à un champion comme Martin, mais qu’il y avait aussi un vrai attachement au sport en lui-même. Cette impression s’est confirmée sur la saison, donc on était très contents. Le sport doit beaucoup à Martin en France, mais les Français aiment vraiment le biathlon.
Une nouvelle saison démarre à Ostersund : y’aura-t-il des changements dans l’équipe autour de vous, ou même des changements quant au dispositif ?
Non, il n’y a pas de changement humain. Anne-Sophie Bernadi et Alexis Boeuf aux commentaires avec Tangi Kerhoas pour les interviews, qui sera maintenant accompagné à chaque fois par un journaliste reporter-image, avec Pierre Esquerre pour la première. Il y aura toujours au moins un consultant sur chaque jour de course, on démarre avec Marie Laure-Brunet qui avait fait une apparition la saison dernière et qui sera avec nous de temps en temps. Il y aura Marie Dorin-Habert, Vincent Defrasne et Simon Fourcade fera une étape avec nous aussi. Je suis très heureux de repartir avec cette même équipe.
Pour le dispositif, on va renforcer l’actuel avec encore plus de reportages, plus d’insides et aussi de nouveaux vintages avec des courses plus anciennes, et notamment avec Alexis Boeuf au départ. On aura toujours les débriefs, avant, entre et après les courses pour vivre cette saison au mieux.
Il y a le retour au Grand-Bornand au mois de décembre : quel sera le dispositif pour la fête du biathlon en France ? Serez-vous sur place ?
C’est vraiment une date qu’on coche un peu comme quand une saison de foot démarre avec le Classico. On sera tous sur place oui, c’est la fête du biathlon pour nous, le lien avec le public, les biathlètes à la maison. L’important à l’antenne, c’est de partager la ferveur autour du biathlon, et c’est pour cela qu’on est en immersion complète sur place. C’est un rendez-vous majeur pour nous.
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Vous êtes en plateau avec des consultants pendant de longues minutes, avant les courses, après les courses, ou même entre deux courses. Est-ce que vous préparez tout ce qui va se passer pendant ces temps-là, ou c’est un peu en fonction de ce que l’actualité propose et vos consultants répondent ?
Il y a toujours une part d’improvisation en direct, car c’est vraiment l’ADN de la chaîne. L’évènement, ça doit être ce qui nous guide dans le live. Avec le temps et la place accordés au biathlon, il y a de plus en plus d’organisation, notamment pour les reportages en amont avec Tangi et Alexis. Les Ateliers d’Alexis en plateau sont aussi prévus à l’avance, car il doit ramener son matériel, on a vraiment cette chance-là. Anne-Sophie va lancer une chronique pour mieux connaître les biathlètes, c’est une des nouveautés de la saison, et elle travaille dur dessus depuis un moment.
L’équipe à l’édition s’est vraiment renforcée, il y a Redouane avec moi sur les lives, Garance sur les courses et des assistants d’édition pour nous aider. Le biathlon est devenu une mini-rédac sur La Chaîne L’Équipe, avec finalement beaucoup d’organisation pour offrir un maximum de choses aux téléspectateurs.
Le duo Anne-Sophie Bernadi Alexis Boeuf continue donc aux commentaires. Qu’est-ce qui fait leur force selon vous ?
Leur force, c’est leur complémentarité. Anne-Sophie incarne remarquablement le biathlon dans ses commentaires alors que pour moi, Alexis, est un des meilleurs consultants tous sports confondus en France. C’est exceptionnel de l’avoir avec nous, car il a de l’expertise, mais aussi une manière très simple et naturelle de parler du biathlon. C’est très didactique, il emmène les gens, il n’a pas peur de répéter les choses pour amener les gens vers la connaissance et l’amour de ce sport. Il est très complémentaire d’Anne-Sophie qui travaille énormément sur les courses.
Êtes-vous un fan de biathlon depuis toujours, ou l’êtes-vous devenu au fur et à mesure de votre expérience avec la Chaîne L’Équipe ?
C’est vrai que je le suis d’autant plus devenu au fur et à mesure de mon expérience, mais c’est vraiment un sport qui vous cueille dès que vous vous y intéressez. Ma première expérience avec le biathlon, ce sont les JO 2006, je devais faire le résumé de la course de Vincent Defrasne, et je tombe donc sur son titre olympique. On en a parlé récemment ensemble d’ailleurs, c’était assez drôle. Je ne le connaissais pas spécialement avant ça, un peu quand même grâce aux exploits de Raphaël Poirée, mais je ne baignais pas là-dedans. Mais ce jour-là, j’ai été piqué et ensuite, c’est vraiment avec L’Équipe que je me suis plongé dans ce sport, et mon amour pour le biathlon n’a fait que grandir.
Quels sont les biathlètes, hommes comme femmes, que vous avez envie de suivre avec attention pour cette nouvelle saison, en plus des Tricolores ?
J’adore le duel France-Norvège. Le fair-play, le respect et la connivence qu’il y a entre les biathlètes, c’est exceptionnel. Et les Norvégiens dégagent vraiment un truc, ils sont tellement sympas, ce sont de chouettes athlètes. Et finalement, quand ce n’est pas un Français mais un Norvégien qui gagne, on n’est pas déçus, on est contents pour eux, ce sont vraiment des athlètes très attachants. On a beaucoup d’admiration pour tous ces athlètes, car le sport qu’ils pratiquent, c’est incroyablement difficile. Le match France-Norvège, chez les filles comme chez les hommes, ça va nous occuper. Puis il y a des athlètes comme Dorothea Wierer qu’on découvre sur le terrain, qui rayonnent tellement et qui dégagent une vraie sympathie. Finalement, on s’attache à eux, et c’est un personnage que l’on suit. Et puis, il y a la jeune génération qu’on suit et que l’on va accompagner cette saison.



Festaz
26 novembre 2021 à 11h58
Égal à lui même un très grand journaliste et une éthique sur le sport en générale qui le grandisse bravo à toi messaoud . J adore tes émissions vive le biathlon et vive le sport .rdv grand bornand .