Monaco opte pour une solution à deux équipes entre la Betclic Élite et l’EuroLigue
BASKET – L’AS Monaco s’impose cette saison comme un favori au titre sur deux tableaux : la Betclic Élite et l’EuroLigue. Pour y arriver, ils font face à un calendrier très chargé. Mais grâce à leur profondeur d’effectif, ils ont le luxe de pouvoir reposer des joueurs à chaque match. Avec une tendance qui se révèle : les joueurs français jouent principalement en championnat, et les étrangers en coupe d’Europe.
Personne ne semble en mesure d’arrêter Monaco ces dernières semaines. La Roca Team est sur une série de 9 victoires sur ses 10 derniers matchs, toutes compétitions confondues. Après une entame de saison ratée, la machine monégasque s’est mise en route. Depuis le retour de Jordan Loyd fin octobre, l’effectif est au grand complet, et cela se ressent sur les résultats. Sasa Obradovic peut ajuster son groupe de 12 joueurs et se permettre de reposer plusieurs d’entre eux à chaque match. Une situation idéale pour préparer les échéances importantes. Comme c’est par exemple le cas cette semaine en EuroLigue avec une double confrontation contre l’Anadolu Efes et le Real Madrid.
Projet à deux équipes
Pour parvenir à ses fins, Monaco a mis en place une stratégie inédite. Le club va jouer cette saison avec deux équipes. L’effectif est composé de 14 joueurs professionnels – en plus des espoirs qui peuvent venir dépanner. Un nombre supérieur aux 12 autorisés sur les feuilles de match. Alors à chaque rencontre, le coaching staff se permet de reposer 2 ou 3 joueurs différents afin de faire tourner l’effectif. Et d’éviter au plus possible la fatigue et les blessures, inévitables dans une saison. Ainsi, Élie Okobo, Donta Hall et Jaron Blossomgame ont été reposés lors du dernier match de championnat comme Nanterre. Même chose pour Petr Cornelie, Terry Tarpey et Matthew Strazel vendredi en EuroLigue face à l’ASVEL.
Malmené et longtemps mené par l’Asvel, Monaco s’est finalement imposé contre les Rhodaniens vendredi, en conclusion de la septième journée de l’Euroligue (80-70). La Roca Team est désormais troisième ex-aequo https://t.co/Ljk2wP3XKa pic.twitter.com/sJz3bjxT83
— la chaine L’Équipe (@lachainelequipe) November 10, 2023
Cette stratégie est rendue possible par le budget démesuré de Monaco. Avec 27.5 millions d’euros déclarés pour la saison 2023/24 (dont 13.1 millions de masse salariale), le club de la Principauté est de loin le club français le plus doté. À titre de comparaison, la moyenne nationale se place à 7.9 millions. Les Monégasques explosent tous les records historiques du championnat. Ils ont donc vu large dans le recrutement, et peuvent se targuer d’avoir 14 joueurs de très haut niveau qui pourraient tous être leaders dans une autre équipe française. La stratégie est donc rodée pour que la Roca Team puisse évoluer sur les deux tableaux – l’EuroLigue et la Betclic Élite – au plus haut niveau.
Une rotation arrière qui tourne, les JFL privilégiés pour le championnat
Des choix forts ont dû être faits par le staff. Ils révèlent des tendances claires, qui prouvent qu’il existe bel et bien deux équipes différentes. La première, destinée à l’EuroLigue, est principalement menée par des joueurs étrangers. La seconde, dédiée au championnat, se repose en majorité sur des joueurs français. Ainsi, seuls trois joueurs monégasques n’ont pas raté un match de championnat : Petr Cornelie, Terry Tarpey et Matthew Strazel, trois tricolores. Ils y ont des responsabilités bien plus élevées qu’en coupe d’Europe, où ils ne jouent quasiment pas. C’est aussi pour cela que le recrutement estival s’est centré sur des JFL (Joueurs Formés Localement), obligatoires dans un effectif de Betclic Élite. De cette manière, Monaco peut compter sur des joueurs qui connaissent parfaitement le championnat.
L’effectif d’EuroLigue est différent. Sur les 8 joueurs monégasques les plus utilisés dans la compétition cette saison, 7 sont étrangers. Élie Okobo fait figure d’anomalie. La recrue phare de l’équipe Kemba Walker est d’ailleurs l’exemple parfait de cette stratégie à deux équipes. L’ancienne star de NBA n’a pour l’instant pas joué le moindre match de championnat, mais est déjà apparu à quatre reprises sur les parquets européens. Il fait partie du quatuor dévastateur des lignes arrières avec James, Loyd et Okobo. Ces derniers tournent régulièrement de manière à ce que trois d’entre eux soient sur le parquet en EuroLigue.
En bref, tout cela offre beaucoup plus de flexibilité au coaching staff. D’abord pour gérer la fatigue et les blessures. Le repos est primordial afin que les organismes soient préservés lorsque arriveront les playoffs. Mais cela donne aussi un avantage sur les adversaires. Sasa Obradovic peut adapter son effectif à chaque match et choisir des joueurs spécifiques en fonction de son plan de jeu. Un luxe que peu d’équipes, même en EuroLigue, peuvent se permettre. Une chose est claire : cette saison, l’AS Monaco s’est donnée les moyens de ses ambitions.
🟠 2023-24 MONACO
Kemba Walker
Mike James
Jordan Loyd
Elie Okobo
Terry Tarpey
Matthew Strazel
Yakuba Outtara
Alpha Diallo
Donta Hall
Petr Cornelie
Mam Jaiteh
Donatas Motiejunas
Jaron Blossomgame
John Brown
Yoan MakoundouKoç: Sasa Obradovic pic.twitter.com/Sfkb3SRgvq
— Euroleague Time (@euroleague_time) September 22, 2023


