Nous suivre
Cyclisme sur route

Mondiaux Cyclisme 2024 : Niklas Behrens sacré sur la course en ligne espoirs

Etienne Goursaud

Publié le

Mondiaux Cyclisme 2024 Niklas Behrens sacré sur la course en ligne espoirs (1)
Photo Icon Sport

CYCLISME CHAMPIONNATS DU MONDE 2024 – Niklas Behrens a remporté la course chez les espoirs, au terme d’une journée folle. L’Allemand a réglé au sprint le Slovaque Martin Svrcek. Un duo qui s’est isolé à 10 kilomètres du but. Alec Segaert (Belgique) complète le podium, parti en contre à deux kilomètres de l’arrivée.

Comme le course juniors hommes, la course espoirs a été débridée. Loin d’une configuration échappée matinale et peloton qui contrôle. Trois coureurs auront tenté leur chance en début de course. Mais la pluie et le froid, qui émaillent ces championnats du monde depuis le début des épreuves, étaient encore au rendez-vous ce vendredi. Une pluie qui offre une sélection naturelle et qui durcit encore plus une course déjà rude par son parcours et ce circuit exigeant. Et cette course sent la poudre, dans un cyclisme mondial où les coureurs explosent au plus haut-niveau, de plus en plus jeune. Des coureurs qui ont déjà des faits d’armes au niveau World Tour. Qui pour succéder à Axel Laurance ? Les coureurs avaient envie d’en découdre très tôt dans la course.

Isaac Del Toro déclenche les hostilités

Dès le premier passage sur la ligne d’arrivée, ils n’étaient plus qu’une soixantaine à l’avant. Isaac Del Toro porte une banderille à 100 kilomètres de l’arrivée. Le prodige mexicain est suivi par William Jr Lecerf. Le Mexicain, qui a participé à sa première Vuelta, à la fin de l’été, mais qui a également remporté une étape du Tour Down Under, pris la 3e place du général et la 4e de Tirreno-Adriatico, a mis le feu aux poudres. Et sera dans le coup jusqu’au bout. Lançant une course décantée. Quelques kilomètres plus loin, le Français Noa Isidore et le Luxembourgeois Arno Wallenborn, se retrouvent à l’avant. L’équipe de France, tel un arc à plusieurs cordes, a cette volonté d’animer la course. Mais le duo est repris.

Callum Thornley et Artem Shmidt auront plus de chance. Le duo anglophone ne dépassera jamais les 30 secondes d’avance sur un peloton étiré. Mais a pu s’offrir quelque 15 kilomètres en tête de course. Avant que Davide De Pretto et Antonio Morgado ne déclenchent les hostilités. Les cadors se montrent très tôt. Mais la mauvaise surprise, à 75 kilomètres de l’arrivée, c’est que les Français ne sont pas dans le coup. Jamais ils ne reprendront des couleurs.

Antonio Morgado remuant

Pendant de longs kilomètres, la course ne sera que relances et attaques. Durant de longs kilomètres, personne ne parviendra à faire de différences. Si ce n’est que les kilomètres défilent et avec eux, la course qui devient de plus en plus dur, avec le temps accumulé sur la selle et sous la pluie. À ce moment de la course, l’identité du vainqueur n’est pas connue. Mais on sait que ce sera un costaud.

Et c’est à 50 kilomètres de l’arrivée qu’un groupe se dégage. À l’initiative d‘Antonio Morgado (encore lui). Rasmus Pedersen, Robin Orins, Igor Arrieta, Tibor Del Grosso, Giulio Pellizzari, Johannes Kulset, Tim Teutenberg et Martin Svrcek accompagnent le Portugais. Pour la première fois depuis le début de la course, c’est un vrai groupe qui est parti à l’avant, avec quelques coureurs de classe mondiale. On pense à Giulio Pellizzari, passé tout proche d’un succès sur les routes du Giro, au mois de mai dernier. Mais, encore une fois, cela n’aboutit pas.

Jan Christen fait le break à 50 kilomètres du but

Prélude d’une grande offensive de Jan Christen. Le Suisse s’envole à 50 kilomètres de l’arrivée. On pourra peut-être sourire du travail fait par Isaac Del Toro et Antonio Morgado, coéquipiers chez UAE Team Emirates. En solitaire. Giulio Pellizzari, un temps accompagné d’Alec Segaert et Martin Svrcek, tente de faire la jonction sur le Suisse. Mais ne parviendra pas à revenir. Et derrière, léger regroupement, mais avec cinq Belges dans ce 3e échelon de course. Autant dire que le poids de la poursuite repose sur eux. Ils reprennent l’Italien, mais perdent du temps sur l’homme de tête. Cinquante secondes à 30 kilomètres de l’arrivée. Et la Belgique qui mène la poursuite, se dépouille et perd des éléments.





Jarno Widar et Martin Svrcek se dégagent dans la dernière ascension, rejoints par un incroyable Alec Segaert, qu’on ne pensait pas aussi à son aise sur ce type de parcours. Dès lors, le Belge va se sacrifier corps et âmes pour Jarno Widar, qui fera ensuite la majorité du travail. Profitant de ses qualités de rouleur. Ce groupe est rejoint par Isaac Del Toro, Joseph Blackmore, Tibor Del Grosso et Niklas Behrens. Un groupe qui revient à 20 secondes à 20 kilomètres de l’arrivée. Puis 13 secondes à 15 kilomètres. Le bras de fer est total. Pour une fois, le groupe de contre, malgré de grands favoris présents, roule sans trop se regarder, avec la volonté de revenir à l’avant.

Avant de se faire reprendre à 10 km de l’arrivée

Jusqu’à l’attaque de Niklas Behrens accompagné de Martin Svrcek. L’offensive est fatale, dans un premier temps, à Jan Christen, qui ne peut pas suivre le duo. Le Suisse aura fait 40 kilomètres en tête, mais aura manqué de force. Contrairement à l’Allemand, qui est monumental à chaque relance et fait beaucoup de mal au Slovaque, qui peine à rester dans la roue. Ce duo va se disputer le maillot arc-en-ciel chez les espoirs. Un duo qui prend bien ses relais, alors que le groupe de chasse menace encore à seulement 20 secondes à 5 kilomètres de l’arrivée. Deux kilomètres plus loin, l’affaire est entendue et l’écart est monté à 40 secondes. Revenu de l’arrière, Alec Segaert contre et va chercher le bronze.

Et si la course a été pleine de suspense, ce fut moins le cas pour le sprint. L’Allemand a lancé et décollé tout de suite de sa roue son adversaire. Pour lever les bras. Et devenir le 2e Allemand à conquérir le maillot arc-en-ciel chez les espoirs, après Gerald Ciolek en 2006. Qui gagnera Milan-San Remo quelques années plus tard. Faut-il y voir un signe ? Car Behrens a montré qu’il n’était pas manchot quand la route se cabrait. Voilà qui va faire du bien à un cyclisme allemand qui se cherche une tête d’affiche.

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *