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Cyclo-cross

Mondiaux de cyclo-cross 2022 : Iserbyt, Pidcock… les favoris pour le titre

Nicolas Mezine

Publié le

Mondiaux de cyclo-cross 2022 Iserbyt, Pidcock... les favoris pour le titre
Photo Icon Sport

CHAMPIONNATS DU MONDE CYCLO-CROSS 2022 – La 73ème édition des championnats du monde se déroule ce week-end à Fayetteville aux États-Unis. Sans la présence de Wout Van Aert et Mathieu van der Poel, qui se sont partagés les sept derniers titres de champion du monde, la lutte s’annonce acharnée. Les Belges font figure de favoris, mais Tom Pidcock, 4ème l’an dernier à Ostende (Belgique) a des arguments, tout comme les Néerlandais. Analyse sur les favoris de ces championnats du monde. 

Lorsque l’ensemble des coureurs ont appris la non-participation de Wout Van Aert et Mathieu van der Poel aux championnats du monde de cyclo-cross, leurs ambitions ont été décuplées. Soyons francs : avec la présence des deux monstres de cette discipline, il n’y aurait pas eu le moindre débat sur le vainqueur, même si le cyclo-cross est une discipline avec son lot de surprises, telles que des chutes ou des crevaisons. Le Belge ne participe pas à cette 73ème édition pour commencer sa préparation pour la saison World Tour sur route tandis que le Néerlandais est blessé au dos. Qui portera donc le maillot arc-en-ciel cette année et succédera donc à Mathieu van der Poel ?

Les Belges ont une armada, mais…

Les Belges se déplacent dans l’Arkansas avec de très grandes ambitions. Nation la plus titrée de l’histoire (75 médailles, dont 30 en or), la Belgique a dominé la Coupe du monde avec 8 de ses représentants qui ont terminé dans le Top 10 à l’issue de la saison. De plus, 12 manches de Coupe du monde ont été remportées par des Belges cette saison.

Sans surprise, le sélectionneur Sven Vanthourenhout a emmené une pléiade de champions aux Etats-Unis : Jens Adams, Toon Aerts, Vincent Baestaens, Eli Iserbyt, Daan Soete, Laurens Sweeck et Michael Vanthourenhout. Sur le papier, Eli Iserbyt fait figure de chef de file de la sélection. Il a dominé de la tête et des épaules cette saison de Coupe du monde : il a terminé 1er avec 485 points et a remporté 7 manches (sur 15) dont les deux dernières à Flamanville et à Hoogerheide (Pays-Bas). En début de saison, il avait notamment remporté deux succès aux États-Unis, à Waterloo et Iowa City. Jeune prodige, il a une occasion unique pour devenir champion du monde élite pour la première fois de sa carrière après deux succès chez les espoirs.

Partenaire d’Iserbyt chez Pauwels Sauzen-Bingoal, Michael Vanthourenhout se présente également avec des arguments. Il a certes moins de victoires que le vainqueur du classement général de la CDM, mais le neveu du sélectionneur a été très régulier toute la saison. Il est monté sur le podium à huit reprises, avec une victoire à la citadelle de Namur. Enfin, Toon Aerts est un autre gros poisson de la délégation belge. Troisième du classement de la Coupe du monde, il a également remporté une manche cette saison à Zonhoven en début de saison.

Quelle stratégie mener ?

Quand on a une nation aussi solide sur le papier, l’inconvénient est de gérer les égos et les ambitions personnelles de chacun. Pour la plupart des spécialistes belges, il n’y a aucune questions à se poser : Iserbyt doit être le leader. Il a été dominant sur toute la saison, a montré qu’il avait les jambes sur l’ensemble des manches de Coupe du monde et a une certaine intelligence de course pour lui permettre de taper dans le mille. Il aura l’avantage de courir avec plusieurs autres partenaires de son équipe Pauwels, dont notamment Michael Vanthourenhout et Laurens Sweeck. Vont-ils se mettre au diapason du leader de la sélection ou jouer leur propre carte personnelle ?





Toon Aerts pourrait jouer un rôle d’élément perturbateur dans cette sélection. Il pourrait jouer le même rôle que Remco Evenepoel lors des derniers du championnats du monde sur route à Louvain, avec Wout Van Aert dans le rôle de leader incontesté. Mais on se rappelle également que cette stratégie, qui avait été un échec, a été longtemps débattue dans le pays d’Eddy Merckx. Il sera intéressant de voir le rôle de Toon Aerts sur cette course. D’autant que lui court chez Baloise Trek Lions.

Tom Pidcock a de grosses ambitions

Qutatrième l’an dernier, le Britannique de chez INEOS Grenadiers a de très grosses ambitions, renforcées lorsqu’il a appris les forfaits de Van Aert et van der Poel. Deuxième derrière VDP en 2020 à Dudendorf, il tentera ce dimanche de devenir le premier coureur britannique à être sacré champion du monde en cyclo-cross. Après des pépins physiques en fin de saison dernière sur route, où il semblait diminué notamment sur la Vuelta, il a préféré axer son été sur la récupération pour affronter 2022 pied au plancher. Coureur multidisciplinaire, sa saison sur cyclo-cross aura été courte mais intense. Il a repris lors du SuperPrestige de Boom en décembre dernier. Avant ces championnats du monde, il aura participé à onze courses de cyclo-cross.

A titre de comparaison, Eli Iserbyt a participé à 33 courses. Troisième à Val di Sole derrière Van Aert et Vanthourenhout, il a remporté deux manches de Coupe du monde, à Rucphen et à Hulst aux Pays-Bas. Lors de la dernière manche de Coupe du monde à Hoogerheide, il a terminé troisième de l’épreuve. Seul devant pendant plusieurs minutes, avec 19 secondes d’avance, il n’a pas pu suivre le rythme d’Iserbyt dans le dernier tour de piste et a été surpris par le Néerlandais van der Haar sur le sprint.

Chez les bookmakers, c’est le gros favori de l’épreuve, devant Iserbyt. Sûrement car son talent de coureur polyvalent à l’aise sur tous les terrains est reconnu par tous : il est performant sur route, sur VTT (champion olympique en titre) et en cyclo-cross. Néanmoins, il reste des doutes sur sa condition physique. Il mise sur la fraîcheur, malgré un camp d’entraînement très intense réalisé avec son équipe INEOS Grenadiers. A l’inverse, Iserbyt aura été sur le vélo toute la saison, et sur les deux dernières épreuves de Coupe du monde, il a été au-dessus du lot. L’équipe belge fait peur à tout le monde, mais rien ne garantit que l’entente soit parfaite entre tous les coureurs. Le coureur d’INEOS Grenadiers sera accompagné par Thomas Mein, champion de Grande-Bretagne de cyclo-cross.

Les Néerlandais en outsiders

En guise d’outsiders, les Hollandais correspondent parfaitement à ces coureurs capables de créer la surprise. Lars van den Haar est le quatrième favori de l’épreuve selon les bookmakers. Même s’il est vrai que ses plus belles années sont derrière lui (trois médailles, deux argent et une bronze, entre 2012 et 2015 sur les championnats du monde), il reste un des coureurs les plus expérimentés du plateau et sa science de la course pourrait jouer des tours à ses adversaires. Sur ce mois de janvier, il a notamment montré un très bon niveau de forme. Deuxième derrière Iserbyt à domicile (Hoogerheide), il avait terminé troisième derrière les mêmes protagonistes, Pidcock et Iserbyt, à Hulst début janvier. Le champion d’Europe de cyclo-cross sera accompagné par Korné van Kessel, qui a terminé 5ème du classement de la Coupe du monde, mais qui a abandonné sur deux des trois dernières manches de Coupe du monde.

Vous l’aurez donc compris, sans les deux mutants de la discipline, la 73ème édition des championnats du monde de cyclo-cross est plus ouverte que jamais. Côté Français, on poussera derrière Joshua Dubau, récent champion de France de la discipline. Le Rémois constitue la plus belle chance française. Il a remporté le classement général de la Coupe de France avec 5 succès. Sur les manches de Coupe du monde, il a terminé 9ème à Flamanville et à Namur. Le coureur de Peltrax-CS pourrait viser un Top 10.  Clément Venturini sera la deuxième chance française. Le Villeurbannais qui court chez AG2R Citroën n’arrive peut-être pas dans la meilleure forme de sa carrière (10ème des Championnats de France à Liévin), mais il pourrait bénéficier d’incidents de course pour s’immiscer dans la lutte pour les plus belles places. Réponse dimanche à 14h30.

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