Monumental Milan-San Remo, Valentin Paret-Peintre sauve la patrie, Pogacar battu : nos 10 meilleurs moments de la saison
La saison 2025 vient tout juste de se terminer avec la domination de l’équipe UAE Team Emirates XRG et de son leader. Néanmoins, cette année a été marquée par de nombreux moments forts entre duels, incompréhensions, surprises et numéros.
Duel Pogačar-MVDP, Épisode 1 : la menace van der Poel
Comme toute bonne trilogie, passons à l’épisode 1 de Pogi versus MVDP. Nous sommes sur la Primavera. Dès le pied de la Cipressa, UAE a employé les grands moyens. Les lieutenants Tim Wellens puis Jhonatan Narváez ont tout donné. Le champion du monde Tadej Pogačar a alors placé une attaque. Dans un premier temps, seuls Filippo Ganna, Mathieu van der Poel et Romain Grégoire ont réussi à prendre sa roue. Puis, le rythme du Slovène a rapidement provoqué la fin des espoirs de Grégoire. Un temps lâché, Ganna a recollé au duo Pogačar-van der Poel à un kilomètre du sommet de la Cipressa.
Dès le pied du Poggio, Pogačar a attaqué de nouveau et van der Poel était évidemment le seul à pouvoir le suivre. Pogi a porté plusieurs autres accélérations, en vain. À 500 mètres du sommet, c’était au tour de van der Poel d’essayer de distancer Pogačar, comme en 2023, mais il n’y est pas parvenu cette fois-ci. Le duo est passé en tête au sommet avec une avance d’une dizaine de secondes sur Ganna. À 800 mètres de l’arrivée, Ganna a fait la jonction. Finalement, van der Poel a lancé le sprint aux 250 mètres et s’est imposé pour la deuxième fois sur la Via Roma devant Ganna et Pogačar.

Primož Roglič, Red Bull donne des ailes
La 104ᵉ édition du Tour de Catalogne est marquée par le duel entre Primož Roglič et Juan Ayuso. Une seconde sépare les deux protagonistes en faveur de l’Espagnol après les arrivées au sommet. Roglič, peu habitué au coup de panache, a surpris tout le monde sur le circuit de Montjuïc. À 20,7 km du terme, il a placé une attaque dans l’avant-dernière montée. Ayuso était dans les cordes alors que le Slovène s’est retrouvé seul en tête.
Roglič a maintenu un petit avantage et Ayuso a été incapable de réagir dans la dernière montée. Finalement, Primož Roglič a gardé une belle avance sur son rival et s’est emparé du maillot blanc et vert de vainqueur du Tour de Catalogne lors de la dernière étape. Un dernier coup d’éclat pour le vétéran slovène ?

Duel Pogačar-MVDP, Épisode 2 : la revanche de Pogi
Les choses sérieuses ont débuté lors de la deuxième montée du Vieux Quaremont, à 55 km de l’arrivée, quand Tadej Pogačar a accéléré. Mathieu van der Poel ainsi que d’autres favoris ont suivi. Après la montée du Koppenberg, les favoris ont repris les derniers échappés puis les ont distancés. Six hommes étaient devant : Pogačar, van der Poel, Matteo Jorgenson, Wout Van Aert, Jasper Stuyven et Mads Pedersen.
Lors de la dernière montée du Quaremont, à 18 km de l’arrivée, Pogačar a imprimé un rythme très élevé et a décroché tous ses adversaires, le dernier à céder étant van der Poel, juste avant le sommet. Le Slovène s’est envolé vers une deuxième victoire sur le Ronde. Mathieu van der Poel a terminé troisième, battu au sprint par Pedersen. Avec une moyenne de 44,98 km/h, Pogačar a signé la plus rapide édition de l’histoire.

Duel Pogačar-MVDP, Épisode 3 : Mathieu contre-attaque
L’Enfer du Nord a offert l’épisode trois. Dans la Trouée d’Arenberg, Pogačar et van der Poel ont avalé les fuyards. Mads Pedersen a été victime d’une crevaison. Dans le secteur pavé de Mons-en-Pévèle, Philipsen a été lâché. Puis, dans le virage à angle droit du secteur de Pont-Thibaut à Ennevelin, à 38 km de l’arrivée, Pogačar est tombé. Mathieu van der Poel en a profité pour filer seul en tête.
Pogačar est revenu à une douzaine de secondes, mais un changement de vélo à 20 km de Roubaix a accru l’écart à 45 secondes. van der Poel, lui aussi contraint de changer de machine, conservait une minute d’avance. Il a remporté sa troisième victoire consécutive sur Paris-Roubaix et son huitième Monument.

Pogačar boit la tasse à l’Amstel
Habitué aux grands numéros en solitaire, Tadej Pogačar n’a cette fois pas maîtrisé la rébellion emmenée par Mattias Skjelmose Jensen et Remco Evenepoel. À plus de 47 km de l’arrivée, Julian Alaphilippe a attaqué dans le Gulperberg. Seul Pogačar a suivi. Cinq kilomètres plus loin, il s’est retrouvé seul en tête.
À 27 km du but, Evenepoel a contré et rejoint Skjelmose. Le duo a repris progressivement le Slovène à 8 km de l’arrivée. Dans le sprint final, Skjelmose a devancé Evenepoel et Pogačar d’un quart de roue. Un exploit pour le Danois, même si le reste de sa saison sera plus discret.

L’amour à l’italienne entre Del Toro et Carapaz
Après une 16ᵉ étape marquée par les défaillances de Roglič et Ayuso, Isaac Del Toro et Richard Carapaz se sont retrouvés seuls favoris du Giro. La 20ᵉ étape, avec le Col du Finestre, a tourné au duel. Simon Yates est revenu progressivement sur les deux hommes, avant de partir seul. Carapaz a tenté en vain de suivre. Del Toro et lui se sont neutralisés, laissant filer Yates.
Au sommet, l’avance du Britannique atteignait 1:36. Dans la descente, les deux Sud-Américains n’ont pas collaboré. Yates a retrouvé Wout Van Aert, qui a augmenté l’écart jusqu’à quatre minutes. Troisième de l’étape, Yates a ainsi renversé Del Toro et pris le maillot rose à la veille de l’arrivée.

Le Mont-Chauve est français
À la seconde journée de repos, toujours aucune victoire française sur le Tour de France. L’étape du Ventoux allait changer la donne. Un groupe d’une trentaine de coureurs s’est échappé et a résisté au peloton. Dans l’ascension finale, Enric Mas a dynamité l’échappée. Ben Healy et Valentin Paret-Peintre ont finalement pris les commandes. Rejoint par Santiago Buitrago et Ilan Van Wilder, le groupe s’est joué la victoire au sprint. Paret-Peintre a devancé Healy pour signer l’unique succès français de cette Grande Boucle 2025.

Pogačar but(t)e sur Van Aert à Montmartre
ASO avait réservé une surprise pour la dernière étape du Tour : une arrivée sur la butte Montmartre. Malgré la neutralisation des temps en raison de la pluie, Wout Van Aert, Julian Alaphilippe et Tadej Pogačar ont animé le final. Dans la dernière ascension, Pogacar a tout donné, mais Van Aert a contré et s’est imposé en costaud. Un moment fort de cette édition.

Celui qui avait les yeux plus gros que le ventre
En l’absence de Pogačar, la hiérarchie chez UAE a parfois été floue. L’étape reine du Tour de Pologne en a été l’illustration. Brandon McNulty semblait se diriger vers la victoire, mais Jan Christen a tenté de combler l’écart… offrant une opportunité à Victor Langellotti (INEOS Grenadiers), qui a placé une attaque décisive pour remporter une victoire surprise. Heureusement pour Christen, McNulty a conservé le général grâce au contre-la-montre. Le Suisse, lui, aura montré une fois de plus un sens tactique discutable.

Remco : le météore du Rwanda
Après un début de saison perturbé par une chute et un abandon sur le Tour, Remco Evenepoel avait pour objectif de conserver son maillot arc-en-ciel du contre-la-montre. À Kigali, sur un parcours vallonné, le Belge a dominé Jay Vine et Tadej Pogačar, qu’il a même rattrapé après 2:30 de retard au départ. Remco Evenepoel a remporté un troisième titre mondial consécutif du chrono et confirmé son statut de maître du contre-la-montre.



