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Nathalie Mauclair, traileuse libre comme l’air

Nicolas Jacquemard

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Nathalie Mauclair

Nous avons rencontré Nathalie Mauclair, double championne du monde de trail, qui a remporté le Marathon des Sables fin 2017.

Nathalie, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Nathalie Mauclair, j’ai 47 ans et je cours depuis l’âge de 40 ans. Je suis en pleine reconversion professionnelle : j’étais infirmière et cadre de santé jusqu’ici et mon nouveau projet consiste à créer ma propre structure pour animer des ateliers Santé-Sport en entreprise. Je suis en train de terminer ma formation et je devrais lancer mon activité courant 2018. Au niveau sportif, je suis double championne du Monde en individuel, 2013 et 2015, et j’ai aussi quatre titres par équipes. J’ai remporté l’Ultra-Trail du Mont-Blanc en 2015 et la Diagonale des Fous en 2013 et 2014. J’ai aussi terminé à deux reprises à la seconde place du Marathon des Sables au Maroc avant de gagner cette course au Pérou en 2017.

Comment avez-vous commencé le trail ?

J’ai commencé à courir pour mes 40 ans à la suite d’un défi que m’a lancé un ami : c’est l’élément déclencheur qui m’a poussée à m’entrainer. Ce marathon s’est très bien passé donc j’ai continué de courir par la suite. J’ai ensuite basculé sur le trail car comme j’avais participé à des compétitions de VTT plus jeune, j’ai un plus grand attrait pour la nature.

Qu’est-ce qui vous plaît tant dans la pratique de votre sport ?

Le fait de courir dans la nature me procure plus d’émotions, surtout sur des épreuves longue distance quand il y a le lever et le coucher de soleil, où les moments d’introspection sont présents. Au-delà du fait de courir, c’est ce qui m’entoure, ce qui se passe dans mon corps et mon esprit qui me plaît vraiment dans le trail. Quand on prépare un marathon, c’est plus contraignant, il y a des temps de passage à respecter, c’est très précis alors qu’en trail, on court plus à la sensation avec plus de liberté et moins de pression.

Vous avez récemment remporté le Marathon des Sables en prenant aussi la 7ème place au scratch, pouvez-vous nous raconter votre course ?

La course a été globalement compliquée car le terrain n’était pas facile. Ensuite, sur les deux précédentes éditions au Maroc, en pensant que c’était une épreuve longue, j’avais pris mon temps et j’étais parti à mon rythme, mais à chaque fois je suis passée à côté du podium pour 20 ou 40 minutes. Cette année j’avais donc décidé de partir « le plus vite possible » pour marquer un écart dès les premiers jours. J’ai réussi à prendre de l’avance et il est vrai que cela change la course, car j’étais beaucoup plus en confiance et par conséquent, le lendemain, je suis repartie plus vite. Quand j’ai vu que mes concurrentes féminines étaient loin et que j’étais 7ème du scratch, mon objectif était de vraiment conserver cette place jusqu’à la fin.

Quelle place a cette victoire par rapport aux autres comme les championnats du Monde de trail ?

Cela n’a rien à voir. Les championnats du Monde, c’est le summum même si toutes les victoires sont évidemment très positives et stimulantes. Aucune course ne peut avoir la même saveur que les championnats du Monde, que ce soit en terme de préparation, d’engagement ou même de densité au niveau de la concurrence. C’est aussi cette course qui marque le plus les gens, tout le monde connait les championnats du Monde alors que pour l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, il n’y a que les initiés qui connaissent.

Comment se passe la récupération après un tel effort ?

Cela dépend du format de la course. Sur des 80 kilomètres, la récupération se fait assez vite car on est sur des formats de 10 heures de course, donc nous n’avons pas besoin de trop puiser dans nos ressources. Sur des formats plus longs et des courses qui dépassent 20 heures, nous entamons davantage le processus physiologique et le temps de récupération est plus long. Je peux recommencer à courir au bout de deux semaines, mais je retrouve mon niveau de forme et mon énergie au bout d’un mois.

Quels vont être vos objectifs sportifs pour 2018 ?

Les championnats du Monde, comme chaque année où la course a lieu. Après, je vais participer à des courses de l’Ultra-Trail World Tour en Suisse et en Afrique du Sud. Je ferai aussi sûrement un détour par la Réunion au mois d’octobre pour la Diagonale des Fous. Pour Hong-Kong, je suis un peu embêtée, car je me suis fait mal à l’épaule et je ne sais pas si je vais pouvoir m’y rendre, je dois encore faire quelques examens avant de prendre une décision [le 18 janvier, elle a finalement du renoncer à participer à la course].

Comment jugez-vous l’évolution du sport féminin en France mais aussi dans le monde ces dernières années ?

Je suis contente car cela progresse, même si ça reste encore insuffisant à mon goût. Je mesure toute la chance que j’ai d’avoir un mari qui me soutient, qui m’encourage et qui me supporte. Cela va dans le bons sens même si l’iniquité reste un phénomène de société malgré tout, puisque l’on voit encore trop souvent les femmes s’occuper des enfants lorsqu’ils sont malades par exemple. Les femmes sont en train de prendre conscience qu’elles sont capables de faire plein de belles choses et il faut qu’elles continuent à prendre confiance en elles.
Par contre, je suis un peu déçue de la couverture médiatique ; je trouve que la presse a du retard à ce niveau-là, elle parle encore trop souvent de football ou des performances masculines dans le sport. Mais je suis de nature optimiste, donc je pense que cela va continuer à évoluer.

Nicolas Jacquemard


Passionné de sport et entrepreneur depuis mes 18 ans, la création de Dicodusport m'a semblé évidente pour participer à la médiatisation d'un plus grand nombre de sports. Le chemin est long mais avec une équipe des plus motivées et les Jeux Olympiques de Paris 2024 en point de mire, nous y arriverons ! Journaliste dans le monde du sport depuis plus de 5 ans, je traite aussi bien de football, de rugby, de biathlon et de cyclisme.

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