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NBA : Bill Russell s’est éteint à 88 ans

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NBA Bill Russell s’est éteint à 88 ans
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NBA – Une terrible nouvelle est venue bouleverser les États-Unis et le monde du basket-ball ce dimanche. Bill Russell s’est éteint à 88 ans. L’homme aux 11 bagues de champion est parti rejoindre son grand rival Wilt Chamberlain.

Bill Russell est une légende de son sport et dans sa communauté. Pionnier de la NBA dans les années 1950 et 1960, il était devenu premier coach noir de la ligue.

Une enfance difficile

Bill Russell est né le 12 février 1934 à Monroe, en Louisiane. Dans un état où le racisme était encore très présent dans les années 1940 et 1950. En raison de ce racisme, sa famille a rejoint Oakland en Californie quand Bill avait 8 ans. Il a grandi dans la pauvreté. Malheureusement, Bill a perdu sa mère à l’âge de 12 ans. Son père à l’éducation stricte a alors abandonné son emploi de chauffeur routier pour travailler dans une aciérie, afin de se rapprocher de ses enfants. Il devient à ce moment le héros d’enfance du encore très jeune Bill Russell.
Bill Russell a cependant du mal à maîtriser les fondamentaux dès son plus jeune âge. Excellent athlète notamment dans la course et saut en hauteur, il n’est pas retenu dans l’équipe de son collège. Au lycée McClymonds High School, il joue peu lors de sa première année. Mais, pendant les deux suivantes, il a commencé à se révéler avec son jeu défensif exceptionnel pour l’époque. Un jour, il rencontra la superstar des Minneapolis Lakers, le pivot George Mikan, qui l’a encouragé à persévérer.

Un jeune joueur sous-estimé

Malgré ses belles performances au lycée, il est ignoré par de nombreuses universités. Sa seule offre est venue de Hal DeJulio de l’Université de San Francisco avec une bourse à la clé. Son entraîneur Phil Woolpert est devenu en 1954 le premier coach à aligner trois joueurs de couleur. Alors, son équipe est devenue la cible de moqueries racistes, provenant des supporters et des équipes adverses. Malgré tous ces problèmes, Russell a mené les San Francisco Dons à deux titres de champions universitaires NCAA en 1955 et 1956, avec notamment une série de 55 victoires consécutives. En 1955, Russell est nommé Meilleur joueur du tournoi NCAA, et en 1956 UPI Player of the Year. Bill était alors un monstre défensif grâce à sa rapidité et sa vitesse pour apporter son aide à ses coéquipiers face aux ailiers, en plus de neutraliser les pivots adverses.

En 1956, Bill Russell est drafté par les Atlanta Hawks. Mais il est immédiatement transféré aux Boston Celtics de Red Auerbach en échange de Ed Macauley et de Cliff Hagan. Auerbach a pris un risque à l’époque en prenant un joueur défensif au lieu d’un joueur aux qualités offensives indiscutables. De plus, un ancien coéquipier de Bill Russell à l’université de San Francisco rejoint les Celtics : K.C. Jones.

Une terreur en défense en NBA

Avant de fouler les parquets NBA, Bill a participé au succès de l’équipe des États-Unis qui a ramené la médaille d’or, battant l’équipe soviétique 89-55 en finale, à Melbourne. En raison des Jeux olympiques, Russell n’a rejoint sa franchise NBA qu’au mois de décembre. Dès sa première saison, il est devenu le leader au rebond de son équipe mais il n’a pas gagné le titre de rookie de l’année, devancé par son coéquipier Tom Heinsohn. Très forts en attaque et disposant d’un Bill Russell dominant en défense, les Celtics avaient sans doute l’une des plus grandes équipes de basket-ball de tous les temps.

Les Celtics ont fini la saison régulière avec le meilleur bilan (44 victoires et 28 défaites) et ont foncé directement vers la finale de division en playoffs contre les Syracuse Nationals de Dolph Schayes. Bill a impressionné la star de l’équipe adverse et a permis aux C’s d’éliminer en trois matchs les Nationals. En finale, les Celtics sont opposés aux Hawks de Saint-Louis avec dans leurs rangs l’ailier Bob Pettit et l’ancien joueur des Celtics Charles Macauley. La décision s’est alors jouée dans un septième et dernier match. Lors de ce Game 7, il a réalisé le « Coleman Play », un contre sur Jack Coleman qui partait seul en contre-attaque. Le match est finalement remporté par les Celtics 125-123 après deux prolongations. Un match légendaire !

Lors de sa deuxième saison, Russell est nommé MVP puisqu’il était le joueur le plus précieux de la meilleure équipe de la ligue. Comme la saison précédente, les Celtics ont réalisé le meilleur bilan lors de la saison régulière. Comme la saison précédente, aucun souci pour les C’s pour atteindre la finale, de nouveau face aux Hawks de Saint-Louis. Blessé à la cheville et absent lors de deux matchs, Russell n’a pas pu empêcher les Hawks de l’emporter en six matches.

Lors de la saison 1958-1959, Russell a continué de dominer la ligue par sa défense, avec de gros progrès en attaque. Les Celtics remportent alors 52 succès en saison régulière, un record pour l’époque. La finale 1959 est une formalité pour les Celtics, qui balayent les Lakers de Minneapolis quatre victoires à zéro.

Le début de la rivalité avec Wilt Chamberlain

La saison 1959-60 a marqué l’arrivée du grand rival de Bill Russell : Wilt Chamberlain. Lors de cette saison, les Celtics ont réussi une série de 17 victoires consécutives, et ont rencontré les Warriors de Chamberlain en finale de la conférence Est, après avoir eu le meilleur bilan de la ligue. Même si Chamberlain a marqué plus de points que Russell, les Celtics remportent la série 4-2 avec un effectif bien plus complet. En finale, les Celtics ont pris leur revanche sur les Hawks, encore au bout de 7 matches. Sur la série, Russell a capté 40 rebonds au Game 2, et a réalisé un match 7 dantesque : 22 points et 35 rebonds !

En 1960-61, les Boston Celtics ont continué de marcher sur la ligue avec un bilan de 57 victoires pour 22 défaites. Cette fois-ci, les Nationals de Syracuse ont subi la loi des hommes de Russell en finale de la Conférence Est. Enfin, place à un nouveau titre en battant en finale de la NBA les Hawks de Saint-Louis sur le score de 4 à 1. Décidément.

La saison NBA 1961-62 est incroyable ! Russell a réalisé sa meilleure année sur le plan offensif avec 18,9 points, accompagnés de 23,6 rebonds. Il est élu MVP devant Wilt Chamberlain – avec une saison à 50,4 points de moyenne avec une rencontre avec 100 points, en plus d’être le meilleur rebondeur de la ligue avec une moyenne de 25,6 prises par match – et Oscar Robertson qui a réussi le premier triple double de moyenne sur une saison de toute l’histoire de la NBA. Les Celtics était devenus la première équipe à gagner 60 matchs en une saison régulière. Ils ont remporté leur quatrième titre NBA en battant les Lakers de Los Angeles au bout de 7 matches. Fidèle à son habitude, Russell est décisif dans le dernier match: 30 points et 40 rebonds !

Lors de la saison NBA 1962-63, 4e titre de MVP de Bill Russell sans oublier le trophée de meilleur joueur du All Star Game avec un match à 19 points et 24 rebonds pour l’équipe de l’Est. Les Celtics ont glané un nouveau titre face aux malheureux Lakers de Los Angeles. Dans la vie civile, Bill était actif dans le mouvement du Black Power en soutenant Muhammad Ali, qui refusait d’être incorporé dans l’armée américaine. De nombreuses déclarations publiques sont devenues de plus en plus militantes.

6 titres de champion NBA à la suite

Après une saison à 58 victoires pour 22 défaites avec un Russell à 24,7 rebonds par match, les Celtics ont fait face aux Warriors de San Francisco. Le résultat : 4 à 1 pour les Celtics. Avec six titres consécutifs, les Celtics deviennent la première franchise de sport professionnel américain à réaliser une telle performance.

En fin de contrat, Bill Russell en a signé un nouveau le 28 août 1965 pour un montant de 100 001 dollars, devenant ainsi le joueur le mieux payé de la ligue devant Chamberlain pour seulement un dollar de plus. Les Celtics ont battu leur propre record de victoires en saison régulière avec un total de 62 succès. Avec un Bill Russell un peu moins présent en attaque mais tout aussi déterminant en défense avec 24,1 rebonds par match. Les demi-finale de conférence sont marquées par un incroyable duel entre Wilt Chamberlain et Bill Russell. Ce dernier a ralenti l’apport offensif de son rival et a permis aux C’s de prendre le meilleur en 7 matches sur les 76ers de Philadelphie. En finale, les Lakers du duo Elgin Baylor-Jerry West n’ont offert qu’une faible résistance (4-1).

L’année suivante, Russell a apporté encore 12,9 points et 22,8 rebonds à son équipe et a dû retrouver une fois de plus les Sixers en finale de conférence. Chamberlain et ses coéquipiers sont sortis 4 à 1. Pour la cinquième fois, dont quatre sur les cinq dernières saisons, la finale a opposé Lakers et Celtics. Mais de nouveau, les Lakers ont dû subir la loi de Boston, au bout d’un septième et dernier match. Russell, blessé au pied, y a récolté 32 rebonds.

Bill succède à Red Auerbach

À l’issue de la saison 1965-1966, Red Auerbach décide de se retirer de son poste d’entraîneur et Bill Russell est devenu alors joueur et entraîneur. Il devient ainsi le premier Afro-américain entraîneur principal d’une équipe NBA. Les Celtics ont fini deuxièmes de la saison régulière, derrière les 76ers de Philadelphie de Chamberlain. Ces deux équipes se sont rencontrées en finale de la conférence Est. Mais cette fois-ci, la défense des Celtics est dépassée par l’attaque des Sixers, qui ont remporté la série 4-1.

La saison suivante est de nouveau dominée par les Sixers. Après avoir éliminé respectivement les Knicks de New York et les Pistons de Détroit, les Sixers et les Celtics se sont retrouvés en finale de conférence. Le début de la série est marqué par l’assassinat du pasteur Martin Luther King. Après un succès lors du Game 1, les C’s ont perdu les trois matches suivants. La messe a semblé être dite puisque jamais une équipe a réussi à remonter un handicap de 3 à 1. Mais, c’était mal connaître les Celtics de Russell. Ce dernier a réussi à empêcher Chamberlain d’exprimer tout son potentiel offensif et les Celtics ont remporté la série. Les Lakers étaient à nouveau les adversaires en finale en finale NBA, et Boston a remporté la série 4 victoires à 2.

La saison suivante est marquée par des problèmes personnels de Bill Russell dans sa vie de couple et sur ses questionnements politiques sur les Etats-Unis. Russell a manqué quelques matches et entraînements. Malgré un quatrième bilan de la ligue, Boston a foncé en finale pour affronter le rival de toujours les Lakers, renforcés par Wilt Chamberlain. Après deux victoires des Lakers grâce à un Jerry West en feu, Russell a adapté sa défense avec des prises à deux pour remonter à 2-2. Après un succès chacun, le Game 7 était de nouveau à couper le souffle avec un succès de Boston sur le score de 108 à 106. Russell a décroché son onzième titre de champion NBA, tandis que Jerry West s’est consolé avec le premier titre de MVP des finales. Alors que ses équipiers l’attendaient pour fêter le titre, Russell a mis un terme à sa carrière et rompu tout lien avec les Celtics.

Au total, Bill a joué 963 matches en NBA en 13 saison, a inscrit 14 522 points et a pris 21 620 rebonds.

Une suite de carrière de coach difficile

Le 12 mars 1972, son numéro 6 est retiré à Boston et en 1975, il est introduit en tant que joueur dans le Basketball Hall of Fame. Mais Bill était absent aux deux cérémonies.

Par la suite, Bill Russell est revenu sur le banc chez les SuperSonics de Seattle de 1973 à 1977 avec un bilan mitigé de 162 victoires pour 166 défaites. Après une dizaine d’années d’absence, il a fait son retour en NBA pour entraîner les Kings de Sacramento lors de la saison 1987-1988 pour des résultats très faibles, avec 41 défaites pour 17 victoires.

Russell a rencontré également des difficultés financières avec les faillites de sa plantation au Libéria et de son restaurant de Boston. En 2021, après être devenu végétarien, joueur de golf et commentateur, Bill Russell est introduit une seconde fois au Hall of Fame, au titre de sa carrière d’entraîneur. La dernière ligne du palmarès le plus fourni de l’histoire de la NBA. Ce dimanche, Bill Russell est parti rejoindre Wilt Chamberlain, décédé en 1999. C’est tout simplement l’un des joueurs les plus iconiques de l’histoire qui s’en est allé.


Journaliste/rédacteur depuis 2014 - Fan de la classe de Frank Vandenbroucke, je vis cyclisme (et de ses paysages) depuis plus de 20 ans. Je suis très impliqué sur mes différents réseaux sociaux pour partager ma passion sur le monde et l'Histoire de la bicyclette avec ma voix sur les images en noir et blanc du succès de Rik Van Steenbergen lors du Ronde sur le Vélodrome de Gand.

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