NBA – La course aux trophées : Harden ou Giannis, qui sera MVP ?
Alors que la saison régulière NBA se termine le 10 avril, la course au trophée de MVP est toujours aussi serrée entre James Harden et Giannis Antetokounmpo.
James Harden : le barbu va-t-il être MVP pour la 2ème fois de suite ?

Le barbu le plus célèbre de toute la NBA va-t-il doubler la mise ? – Shanna Lockwood-USA TODAY Sports
Harden MVP : les arguments POUR
Alors qu’il avait déjà affolé les compteurs l’an dernier, lors d’une saison régulière conclue par un titre de MVP, James Harden est bel et bien candidat à sa succession, et de quelle manière : avec 36 points marqués par match en moyenne, seuls Wilt Chamberlain et Michael Jordan ont fait mieux dans l’histoire ! Tant qu’on parle de l’ami Wilt, Harden a établi la 2ème plus longue série de matchs de suite (32) avec au moins 30 points d’inscrits, derrière l’intouchable record de 65 rencontres à la suite de Chamberlain.
Une autre statistique qui peut impressionner : Harden a marqué 30 points contre les 30 équipes de la NBA cette saison, chose jamais faite depuis…Michael Jordan. Décidément, quand quelqu’un égale les records du GOAT (coucou LeBron) c’est qu’il réalise une saison de MVP non ?

Liste des matchs de James Harden à + de 30 points cette saison contre les 30 équipes de la Ligue – NBA
Vous voulez d’autres records pour entériner le fait que James Harden doit être MVP cette année ? Il a fini 8 matchs avec au moins 50 points au compteur (ce qui n’a pas été fait depuis 2006 et Kobe Bryant) et il a réalisé le premier triple-double de l’histoire avec au moins 60 points marqués (30 janvier contre Orlando avec un 60/10/11 au compteur).
Harden MVP : les arguments CONTRE
L’argument principal entendu chez les détracteurs d’Harden cette saison, c’est sa « capacité » à obtenir des lancers francs très facilement : à chaque match, Harden obtient en moyenne 11 lancers-francs, un record personnel de plus pour lui cette saison. Néanmoins, si cette critique est recevable, son adversaire à la course du MVP n’est pas en reste, avec 9,2 lancers-francs tentés par Giannis en moyenne cette saison. La seule différence : Harden en rentre 88%, Giannis « seulement » 77%. Pas de quoi en faire un argument majeur contre le barbu donc.
On peut aussi s’interroger sur le contexte qui a porté James Harden cette saison : avec les blessures récurrentes de Chris Paul, Capela ou Gordon tout au long de l’année, la gonfle a été monopolisée par le barbu et lui a permis de battre des records au scoring. Mais la contrepartie, c’est d’abord une efficacité au tir légèrement moins bonne que l’an dernier (43% globalement, dont 33% à 3 points) et une production à la passe en baisse (8,8 assists en 2017-2018, 7,5 en 2018-2019). Avec 1001 paniers manqués (au 29 mars) cette saison, il est d’ailleurs en tête de la Ligue sur cette catégorie statistique.
Enfin, d’un point de vue collectif, les Rockets sont loin de briller comme l’an dernier. Si lors de l’opus 2017-2018 les Rockets avaient dominé leur sujet et avaient même le meilleur bilan de la Ligue devant les Warriors, c’est loin d’être le cas cette saison. Souvenez-vous, lors du premier mois de compétition les Rockets étaient même au fin fond du classement, avec un Harden pas si fort que ça. Alors oui, El Barbudo finit en fanfare, et il n’est pas aidé par les blessures de ses coéquipiers, mais est ce qu’il mérite vraiment autant le titre de MVP que l’an dernier ?
Giannis Antetokounmpo : le premier joueur grec MVP de l’histoire ?

Giannis Antetokounmpo va-t-il être le premier MVP grec de l’histoire de la NBA ? – Getty Images
Giannis MVP : les arguments CONTRE
Si Giannis n’est pas désigné MVP, c’est d’abord pour tous les arguments statistiques énoncés ci-dessus et qui sont en faveur de James Harden. Et puis, on peut se dire qu’Harden ne fera pas cette saison tous les ans, alors que Giannis est plus jeune et va sans doute encore progresser. Il est certain qu’Antetokounmpo aura d’autres occasions d’être MVP et qu’il n’est pas forcément primordial de lui donner le titre cette saison.
Niveau comparaison individuelle, le Grec est à l’opposé du style de jeu du barbu : si Giannis est un excellent défenseur avec une production régulière tout au long de la saison, un monstre physique et d’une efficacité redoutable au tir (58%), il n’est par contre pas aussi doué qu’Harden derrière les lignes à 3 points (24% pour Giannis) et des lancers francs (72%). Deux profils différents qu’il est donc difficile de comparer en termes statistiques, d’autant plus qu’Harden joue bien plus que Giannis en moyenne (37 minutes par match pour le barbu, 32 pour le grec).
Giannis MVP : les arguments POUR
Ce qui joue en faveur d’Antetokounmpo, c’est d’abord le bilan collectif : être le meilleur joueur de la meilleure franchise NBA durant la saison régulière, cela a (presque) toujours été le critère principal pour désigner le Most Valuable Player. Presque ? Oui, car en 2016-2017 c’est Westbrook qui avait raflé le trophée alors que le Thunder n’était que 6ème de la Ligue, aux dépens de… James Harden justement. L’an dernier, la logique avait toutefois été respectée : les Rockets meilleur bilan de la Ligue, Harden MVP. Cette année, les Bucks meilleur bilan de la Ligue, Giannis MVP ?
Ensuite, c’est sa régularité pour porter les Bucks depuis le début de la saison qui lui donne le statut de MVP naturel. Ce n’est pas un hasard si 4,3 millions de votants dans le monde l’ont choisi pour être capitaine du All-Star Game, là où James Harden ne réunissait « que » 2,9 millions de voix. À l’époque, Harden n’avait pas encore autant marqué les esprits alors que Giannis était au top depuis le début de la saison, signe d’une régularité de MVP.
On peut aussi rajouter qu’en plus d’être un des favoris pour être désigné MVP, Giannis est aussi en course pour être meilleur défenseur de l’année. Être bon des deux côtes du terrain, ce n’est malheureusement pas un critère pas assez important quand on parle du titre de MVP mais qui devrait pourtant autant compter que les statistiques offensives.
Et puis, critère purement subjectif, mais Giannis est quand même un des monstres athlétiques les plus impressionnants qu’on a vu sur les parquets depuis plusieurs années. Là où Harden agace parfois sur un parquet, Giannis ne fait qu’impressionner et ne dégage que des ondes positives. Et puis quand Giannis est lancé il est tout bonnement indéfendable, alors qu’on a vu lors de la dernière confrontation entre Rockets et Bucks que l’inverse n’est pas toujours vrai.
Ce 26 mars les Bucks ont ainsi testé, sur les conseils de Scottie Pippen et parfaitement exécuté par Budenholzer, une défense originale sur James Harden : se mettre non pas devant lui, mais sur sa gauche pour le forcer à utiliser sa main droite et gêner donc le gaucher des Rockets. Résultat : victoire des Bucks 108 à 94, et seulement 23 points pour Harden, à 9/26 au tir dont 1/9 à 3 points. On verra si cette tactique sera reproduite par d’autres équipes en Playoffs et si Harden parviendra à s’ajuster, mais cela met en valeur un point faible du barbu qui peut compter dans cette course au MVP.
La course au trophée de MVP est toujours aussi indécise, mais de notre point de vue Giannis Antetokounmpo possède une légère longueur d’avance sur James Harden. La défense physique du Grec et sa production en attaque ont contribué à faire de Milwaukee la meilleure équipe NBA, et c’est pourquoi il part favori. Néanmoins, si Harden est nommé MVP à l’issue de la saison régulière, personne ne criera au scandale tant ses performances ont impressionné cette année. Rendez-vous en juin, après les Playoffs, pour connaître le nom du meilleur joueur de la saison !


