Nina Dury (JDA Dijon) : « Revivre les mêmes émotions que la saison passée »
HANDBALL – Entretien avec Nina Dury, ailière gauche de la JDA Dijon et néo-internationale française depuis le début de l’année 2025. Elle revient sur la formidable saison 2024-2025 avec les Dijonnaises et cette 3ème place en Ligue Européenne et en championnat.
La Dijonnaise évoque ses objectifs, son arrivée en équipe de France, alors qu’elle est de nouveau convoquée par Sébastien Gardillou, à la fin du mois de septembre. Nina Dury parle également de son double cursus, elle qui est étudiance en Science-Po. Interview réalisée avant la première journée de championnat, le mercredi 3 septembre.
Nina Dury : « C’est la belle saison collective qui a amené ma belle saison individuelle »
Dijon sort d’une saison historique, tant en championnat qu’en coupe d’Europe. La performance en Ligue Européenne a-t-elle permis de franchir un cap individuel et collectif ?
Nina Dury : Oui, clairement. Collectivement, on a franchi un gros cap la saison dernière. Pour nous, ce qui va être le plus compliqué, c’est de confirmer cela. Si on arrive à le confirmer, en faisant de belles performances, on pourra dire que ce cap franchi sera confirmé. On a mis un pied dans ce qu’on voulait faire et être. Mais on veut désormais avoir les deux pieds.
Il y a une certaine pression, à l’aube du championnat ?
Oui il y en a et c’est tant mieux. Cela veut dire qu’on est plus attendues qu’avant. Dijon prend un peu d’importance dans la carte du handball français et c’est cool. Alors oui, il y a plus d’attentes et les équipes vont nous travailler encore plus sérieusement. Mais, ce qui est sûr, c’est que l’on veut continuer d’avancer et rester là où on est, le plus longtemps possible et se stabiliser à ce niveau.
Individuellement, ta saison a été bonne. Tu penses que tes progrès ont été effectués où ?
Je crois avoir de bonnes stats. Mais je suis ailière, donc j’ai de bonnes stats, car le collectif joue bien. Et que quand l’équipe fait un bon match et arrive à me mettre dans de bonnes conditions. Je ne peux pas me créer seule mes espaces. C’est la belle saison collective qui a amené ma belle saison individuelle. Parce qu’à l’aile, on dépend uniquement des autres. Nous, on doit finir le travail. C’était une saison charnière et importante pour moi. Ma deuxième saison vraiment avec les pros. Où je prenais de l’importance. C’était important de confirmer. C’est aussi la première saison où je n’étais plus en junior (NDLR : Avec les Bleues) et possiblement avec les A. Les circonstances ont fait que j’ai pu être appelée en équipe de France.
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Nina Dury : « On veut revivre les mêmes émotions que l’an passé »
Dijon a annoncé vouloir faire au moins aussi bien que la saison passée. De votre côté, est-ce que vous vous êtes fixées un objectif, entre joueuses.
Nos objectifs sont clairs. Revivre les mêmes émotions que la saison dernière, qu’on a toutes adorées vivre. Il faut faire au moins aussi bien, un beau parcours en coupe d’Europe. On commence par Bera Bera (Espagne) en barrage, ce sera sans doute plus difficile que la saison passée. Et on aura sûrement un tour principal plus compliqué, si on arrive à se qualifier. On est toutes prêtes, comme en championnat de France, avec de gros duels, que ce soit contre Chambray, Besançon, Paris, Plan-de-Cuques. Et même Metz et Brest, qu’on aimerait pouvoir titiller. On a des objectifs d’expérience à revivre, plus que de performance à faire. La performance est fixée par le club et notre staff, avec lesquels on est en accord.
Tu évoques Metz et Brest, sans doute le duel annoncé cette saison. Qu’est-ce qui peut manquer à un Dijon ou d’autres, pour bousculer la hiérarchie ?
Il manque encore des années de travail. On voit que ces deux équipes, ont mis longtemps à monter et s’installer dans le haut de tableau. Quand je signe pro, il y a trois ans, on est 8èmes. Là, on a terminé 3èmes. Il faut d’abord se stabiliser, avant de penser à vouloir titiller les gros et penser à la Champions League. L’idée est de se créer une identité propre, comme ont su le faire les deux équipes. Continuer de trouver des moyens. On voit qu’en Ligue Butagaz Energie, cela peut être complexe. On veut se stabiliser, attirer et progresser petit à petit. Ces deux clubs ont aussi la particularité de tenir dans le rang. Et pour cela, il faut une base solide.
Nina Dury : « J’ai été très bien accueillie en Bleue »
Tu es de nouveau sélectionnée en Bleue en septembre, avoir découvert l’équipe en début d’année. C’est un sacré gage de confiance du sélectionneur.
Oui, j’ai été très heureuse de voir mon nom sur la liste. À moi de faire ce qu’il faut, pour y être en octobre, en novembre et décembre. Cela passe par de bonnes performances en club.
Les mondiaux arrivent à la fin d’année. Il y a des places à prendre sur son poste. C’est dans un coin de ta tête ?
Oui. Mais je sais que je suis jeune et que c’est peut-être le prochain mondial qui est dans un coin de ma tête. Mais je ferai tout pour avoir ma place. Et si ce n’est pas le cas, je repartirai au travail, pour espérer vivre un jour une expérience comme celle-ci.
Qu’est-ce que tu as ressentie, la première fois que tu as porté le maillot des Bleues ?
Beaucoup de fierté et d’émotions. Du stress également, car c’est des moments très importants, qu’on ne revivra pas. J’ai aussi été bien accompagnée et soutenue par mes coéquipières. Ce à quoi je ne m’attendais pas forcément en arrivant dans une grande équipe comme cela. J’espère l’avoir rendu comme il le fallait. J’ai essayé de m’engager au maximum, car sur les premières, c’est souvent l’engagement qui compte avant tout. La performance arrivera avec.

Nina Dury : « Une grande intensité dans les entraînements avec les Bleues »
Tu n’es pas la première à dire que le processus d’intégration en Bleue se passe très bien. Un signe qui fait que cette équipe dure depuis de nombreuses années.
Oui, clairement, il y a un rôle. De mon côté, je suis arrivée en Bleue, avec de mes coéquipières en juniors, ce qui est plus évident. Je pense que la transmission, le partage sont assez ancrés dans cette équipe de France, avec les jeunes qui font leur première. Et qui peuvent être stressées.
Certaines joueuses, ayant fait leur première en Bleue, ont également confié l’intensité des entraînements. C’est quelque chose que tu as aussi ressenti ?
Oui. Et c’est dans la logique de l’équipe. Cela va bien plus vite, cela tape plus fort et il faut être concentré et engagé pleinement. Mais cela m’a plu. C’est hyper cool de pouvoir s’entraîner dans ces conditions-là et avec de telles joueuses.
Il y a un gros gap avec ce que tu as vu en Ligue Européenne ?
(Elle réfléchit) C’est compliqué de répondre à cette question, parce que les matchs, dans l’engagement, c’est la même intensité qu’à l’entraînement avec l’équipe de France. Mais ce qui est étonnant avec cette équipe de France, c’est cet engagement plein, sur toutes les séances d’entraînement. C’est la même qualité, la même vitesse de jeu et le même engagement, du lundi au vendredi. Ce qui est peut être plus compliqué à Dijon, quand on doit enchaîner un match le mercredi et le vendredi.
Nina Dury : « Dijon est un club qui a su me faire confiance »
Tu débutes avec l’équipe première de Dijon à 17 ans, tout va très vite pour toi.
Oui, cela va vite et bien surtout. À notre poste, à l’aile, on a un peu moins de responsabilités et c’est peut-être un peu plus facile, pour nous, d’être lancées par des entraîneurs. C’est aussi ce que je cherchais, en signant un contrat centre de formation puis pro à Dijon. Je voulais évoluer vite, mais dans un environnement qui cherchait à me donner des responsabilités assez rapidement. Le fait que Dijon soit monté petit à petit au niveau du classement, m’a permis de me développer et d’avoir ces responsabilités.
Dans un club qui fait avec ses moyens et qui a su me faire confiance et ne pas aller chercher quelqu’un d’autre. Je me suis bien trouvé à Dijon et c’était donnant donnant avec le club. Cela va vite, mais je travaille pour que cela aille vite et je vais faire en sorte que cela continue d’aller de plus en plus haut.
Tu es née à Dijon. C’est beau de commencer sa carrière professionnelle, dans la ville où tu as grandi.
J’ai eu beaucoup de chance là-dessus. C’est une ville que j’apprécie, que je connais, où socialement tout se passe très bien. Je suis bien entourée, j’ai ma famille. Cela compte beaucoup dans ma performance. Cela fait qu’à 18 ans, quand on me dit que je vais prendre des responsabilités chez les pros, j’ai dit : « Ok ». Je connais la salle, y ayant joué depuis un bout de temps, les personnes qui viennent me voir sont les mêmes. Je n’ai pas de pression ou d’attente particulières sur mes épaules. Pas de poids trop lourd. Dijon m’a donné de la confiance. Une confiance que j’ai essayée de rendre du mieux possible. Je les remercie vraiment, car je vois bien qu’il y a des parcours différents du mien. Si j’avais vu mon futur à Dijon comme cela, j’aurais signé tout de suite. C’est le bon choix.
Nina Dury : « Science-Po me permet de garder un équilibre »
Tu as actuellement en Science-Po, tu te vois travailler dans un domaine précis après ta carrière ?
Je pense que dans 10 ans, j’aurai des attentes différentes de celles d’aujourd’hui, au niveau du métier. Pour le moment, j’essaie, par curiosité, de me cultiver, voir plein de choses. Science-Po m’aide et me nourrît parfaitement. J’aime les sciences politiques, les relations internationales, mais aussi le journalisme. Mais sans savoir dans quel domaine je vais me réorienter. Car j’espère me réorienter d’ici à 10-15 ans. D’ici là, j’ai le temps de changer d’avis.
C’était important de garder un équilibre ?
Oui, j’en ai besoin. Cela me permet de prendre du recul. À Science-Po, on voit beaucoup de choses sur ce qu’il se passe dans le monde. Par rapport à notre sport et la pression qu’on peut avoir, cela permet de prendre du recul. Pour sortir de tout cela. Cela me fait du bien d’avoir cet à côté. Ce n’est pas évident à gérer et il n’y a pas beaucoup d’écoles qui sont ouvertes à cela. Pour le coup, la filière dans laquelle je suis est parfaite pour cela. J’en suis très contente.
Tu as pu bénéficier d’un aménagement horaire ?
Je suis dans une classe avec uniquement des sportifs de haut-niveau, de 18 à près de 40 ans, en reconversion. Cette classe est très bien pour nous. Parfaitement pensée pour nous. La suite, en Master, sera peut-être plus compliquée. Mais pour le moment, je suis vraiment très contente.
Tu peux échanger avec des sportifs sur leur vécu et leur sport.
C’est ça. C’est aussi ce qui est sympa. Même si cela reste du sport de haut-niveau, cela fait sortir du handball. On voit les couacs dans d’autres sports, les similitudes sur tous les sportifs et nos vies respectives. Il y a beaucoup plus de sportifs de sports individuels, parce que c’est plus simple d’associer les deux. Mais j’espère qu’on verra de plus en plus de sports collectifs.
Ligue Butagaz Energie : Le programme de la 2ème journée
Mercredi 10 septembre à 20h
Besançon (12) – Strasbourg (6)
Dijon (10) – Chambray (14)
Metz (1) – Le Havre (11)
Nice (4) – Plan-de-Cuques (3)
Paris 92 (8) – Brest (2)
Sambre Avesnois (9) – Saint-Maur (7)
Toulon (13) – Saint-Amand (5)
- À ce sujet – Classement Handball Ligue Butagaz Energie 2025-2026


