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Cyclisme sur route

Paris-Roubaix 2023 : Deux favoris et pléthore d’outsiders

Emilien Descampiaux

Publié le

Paris-Roubaix 2023 Deux favoris et pléthore d'outsiders
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PARIS-ROUBAIX 2023 – La 120ème édition de Paris-Roubaix aura lieu ce dimanche 9 avril. Pour beaucoup de monde, on devrait assister à un duel Mathieu van der Poel vs Wout Van Aert. Mais, l’Enfer du Nord réserve souvent des surprises. 

Les deux Fantastiques

Deux coureurs sont attendus comme les grands favoris de cette course : Wout Van Aert et Mathieu van der Poel. Avec Pogacar, ces deux coureurs étaient au-dessus du lot sur les deux grandes courses dans les Ardennes flamandes.

Le Belge a fini deuxième l’an dernier alors qu’il était de retour à la compétition après une infection au COVID. Lâché dans le Kruisberg sur le Ronde, le leader de la Jumbo-Visma doit une revanche à son équipe. Malheureusement, il souffre des côtes et du genou à la suite de sa chute, dimanche. Wout Van Aert pourra compter sur un effectif solide pour lancer la course, éviter d’être isolé trop tôt, voire lui enlever le poids de la course, en plaçant un lieutenant à l’avant de la course.

Du côté du Néerlandais, il était au top de sa forme la semaine dernière sur le Tour des Flandres. Il a fallu un grand Pogacar pour le faire exploser dans le Vieux Quaremont. Sans le Slovène, le troisième de l’édition 2021 sera le plus apte pour décrocher un second Monument cette année, après sa victoire sur Milan-San Remo. Même si son équipe est moins forte que son compère des labourés. Néanmoins, Alpecin-Deceuninck a effectué des réajustements au sein de son effectif.

Grand Prix E3 2023 Wout Van Aert garde sa couronne (1)

Grand Prix E3 2023 – Wout Van Aert garde devant Mathieu van der Poel – Photo Icon Sport

En terme de face-à-face, Mathieu van der Poel mène 6 à 3 sur les Monuments (face-à-face comptabilisant le classement des coureurs).

Une armada d’outsiders

Paris-Roubaix a couronné ses deux dernières éditions un outsider. Et ils seront nombreux à pouvoir contrecarrer les plans des deux cadors et de leurs équipes sur une course au profil atypique.



Cinquième l’an dernier, Matej Mohoric (Bahrain Victorious) peut viser légitiment un podium à Roubaix. Le Slovène était en forme avant sa chute sur le Tour des Flandres avec sa troisième place à Kuurne et une sixième place sur les Strade Bianche. Son tempérament offensif et son agilité sur le vélo font de lui un coureur redoutable.



Le Suisse Stefan Küng tentera de monter une seconde fois de suite sur le podium, après sa troisième place l’an dernier. Solide rouleur, le Suisse sera sur un terrain encore plus à sa convenance sur les pavés du Nord. De plus, la Groupama-FDJ a progressé collectivement pour protéger un leader.

En cas de malchance de Van Aert et de méforme de van Baarle, Christophe Laporte pourrait jouer sa carte. Sixième en 2021, l’ancien membre de la Cofidis a déjà signé deux succès ce printemps, sur À Travers la Flandre et Gand-Welegem.

À Travers la Flandre 2023 Christophe Laporte s'impose en patron (1)

À Travers la Flandre 2023 – Christophe Laporte s’impose en patron – Photo Icon Sport

Deuxième de Milan-San Remo, Filippo Ganna (INEOS Grenadiers) n’est plus qu’un spécialiste du contre-la-montre. L’Italien a prouvé l’an dernier qu’il pouvait avoir des ambitions à Roubaix, sans subir de nombreux pépins techniques. Ganna a zappé le Ronde pour faire le plein de fraîcheur pour son grand objectif du printemps.

On aurait pu citer le tenant du titre Dylan van Baarle. Malheureusement, l’ancien coureur d’INEOS Grenadiers a chuté sur l’E3 et a raté le Ronde. S’il n’est pas à 100 %, il aidera son leader Van Aert.

Les Mordus de pavés

L’Enfer du Nord est une affaire de spécialistes avec ses longs secteurs pavés où il va falloir développer de la puissance. Yves Lampaert a déjà brillé à plusieurs reprises sur cette course avec une troisième place en 2019 et une cinquième place en 2021. Pour sauver la campagne printanière de la Soudal Quick-Step, un podium au minimum sera exigé. Le vainqueur de la première étape du Tour 2022 a prouvé qu’il avait les épaules pour être un leader avec sa troisième place à la Classic Bruges-De Panne sous un temps effroyable. De plus, l’équipe belge a un long savoir-faire sur ce Monument.

Toujours côté Belgique, Jasper Stuyven aura pour objectif de monter sur un premier podium sur l’Enfer du Nord avec trois tops 10 en carrière dont une quatrième place en 2017. Mais, il ne sera pas le seul coureur protégé chez Trek Segafredo. En effet, Mads Pedersen est en forme après sa troisième place à Audenarde samedi dernier en étant très entreprenant. Néanmoins, le Danois a moins d’expérience sur les pavés que sur les monts.

Paris-Nice 2023

Mads Pedersen – Photo Icon Sport

Deuxième en 2019, battu par Philippe Gilbert, Nils Politt (Bora-Hansgrohe) jouera tout son printemps sur ce rendez-vous. Le champion d’Allemagne avait des sensations plus que correctes sur les courses flandriennes. Cependant, il doit retrouver ses jambes d’il y a quatre ans pour espérer faire aussi bien.

Enfin, Sep Vanmarcke (Israel Premier-Tech) est un habitué de cette course avec de nombreux résultats probants (2e en 2013, 4e en 2016 et 2019). Si la malchance le lâche, il peut encore facilement entrer dans le top 5. Troisième de Gand-Wevelgem sous un temps épouvantable, le Flamand sera un candidat au podium. Reste à savoir si ses coéquipiers seront au rendez-vous comme il y a deux ans, avec Tom Van Asbroeck et Guillaume Boivin.

Le réveil chez certains ?

Hors du coup sur les Flandriennes jusqu’ici, Greg Van Avermaet et Oliver Naesen auront-ils les jambes pour se distinguer ? La victoire est inenvisageable au regard de leurs résultats depuis le début de saison. Les deux coureurs belges ont une solide expérience, notamment Van Avermaet, qui disputera pour la treizième fois Paris-Roubaix.

Décevant depuis le début du printemps comme son équipe, le champion de France Florian Sénéchal (Soudal Quick-Step) sera sur ses terres pour retrouver le chemin d’un bon résultat. Sauf si le chat noir reste du côté du coureur du Wolfpack.

On reste chez Patrick Lefevere avec Kasper Asgreen. Le Danois a été transparent tout au long du printemps, avant de réapparaître sur le Tour des Flandres avec une septième place inespérée. Paris-Roubaix ne lui a jamais souri. Solide rouleur, il peut être un des animateurs de la course. Dans une bonne journée, qui sait ?

En l’absence d’Adrien Petit, Intermarché-Circus-Wanty pourrait retrouver des couleurs grâce à Taco van der Hoorn après une campagne des Flandriennes délicate. Le baroudeur néerlandais est le coureur inusable dans l’échappée matinale qui peut résister très longtemps comme sur Kuurne-Bruxelles-Kuurne.

Actuellement sur les routes du Tour du Pays Basque, Gianni Moscon fera le voyage entre l’Espagne et le Nord de la France. L’Italien a fini 4e en 2021 et 5e en 2017. Cependant, le Transalpin a connu des nombreux soucis physiques depuis plusieurs saisons et son équipe a presque été transparente depuis janvier.

Des révélations à venir ?

À l’image de Tom Devriendt (4e en 2022), Silvan Dillier (2e en 2018) et Florian Vermeersch (2e en 2021), l’Enfer du Nord peut permettre à certains coureurs de se révéler dans une belle journée. Vermeersch sera le plus à même de rééditer une telle performance puisqu’il n’a pas été ridicule à Wevelgem et sur le Ronde. Devriendt, quant à lui, a changé de crèmerie en rejoignant Q36.5 cet hiver. Et pour le moment, on ne l’a pas vu. Comme l’an dernier diraient certains.

Figurant dans l’échappée matinale sur le Tour des Flandres, Jonas Rutsch (EF Education EasyPost) a le profil du coureur taillé pour les pavés de Roubaix. Onzième en 2021, l’Allemand peut bénéficier de l’élan dans une équipe en pleine bourre depuis le début de saison.

Quinzième la saison passée, Matis Louvel (Arkéa-Samsic) progresse d’année en année. Le coureur de l’équipe bretonne aura pour objectif un top 10, ce qui serait une marche supplémentaire dans son développement.

Victime de nombreuses chutes depuis plusieurs mois, Max Walscheid (Cofidis) est bâti pour l’Enfer du Nord avec son physique lourd et puissant. L’Allemand avait fini douzième en 2021. De plus, Cofidis cherchera à briller sur ses terres nordistes.

Quinzième du Ronde en jouant les équipiers de luxe pour Pogacar, sixième à Wevelgem et cinquième à Denain. Mikkel Bjerg est un excellent rouleur, mais un peu plus léger que ses concurrents. Mais, le triple champion du monde espoirs du chrono sera une curiosité dimanche. Bien sûr, ces coureurs devront anticiper la grande bataille et bénéficier d’événements favorables.

Un dernier résultat pour les anciens ?

Certains disputent leur dernière saison dans les pelotons professionnels, et ils voudront réaliser un résultat en terres déjà acquises.

Vainqueur en 2018, Peter Sagan (TotalEnergies) a traversé la Primavera et le Ronde dans une quasi anonymat. Le Slovaque sera-t-il capable de briller une dernière fois pour sa 36e et dernière participation à un Monument ? Au pire, la formation TotalEnergies peut espérer une placette de la part d’Anthony Turgis, très malchanceux la semaine dernière.

Deux fois deuxième en 2015 et en 2017, le spécialiste du cyclocross Zdeněk Štybar a lui aussi passé un printemps sans résultat. Est-ce l’année de trop pour le Tchèque ? DSM s’est fait remarquer la semaine dernière sur le Ronde mais pas de la bonne manière. John Degenkolb a perdu de sa superbe depuis plusieurs saisons. L’Allemand, deuxième en 2014, peut-il entrer une dernière fois dans les 10 ? En tout cas il y a peu d’espoir. Enfin, offensif sur À Travers la Flandre, Alexander Kristoff (Uno-X) peut réaliser un dernier grand résultat à Paris-Roubaix, surtout avec sa puissance et son endurance. Dur au mal, il est un exemple pour les jeunes Scandinaves de son équipe.

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