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Cyclisme sur route

Pauline Ferrand-Prévot, un retour sur la route déjà réussi

Etienne Goursaud

Publié le

Cyclisme - Pauline Ferrand-Prevot, le retour déjà réussi
Photo Icon Sport

CYCLISME – Pauline Ferrand-Prévot a pris la 2ème place du Tour des Flandres féminin, dimanche dernier. Symbole d’un retour sur route déjà réussi. Souvent placée, la Française, revenue sur route cette saison, étonne. Alors que Paris-Roubaix se profile, mais aussi le Tour de France dans quatre mois.

Première Française sur le podium du Ronde

Elle est devenue la toute première Française à monter sur le podium du Tour des Flandres femmes, depuis la création de l’épreuve, il y a un peu plus de 20 ans. Sous les couleurs des guêpes de la Visma-Lease a Bike, exacerbées avec ce maillot spécial flandriennes, Pauline Ferrand-Prévot est en train de piquer la concurrence au fil des courses auxquelles elle participe, depuis son grand retour sur la route à la fin de la saison 2024. Celle qui a tout gagné en VTT, dont le titre olympique à Paris, est en train de réaliser un véritable tour de force. Beaucoup étaient sceptiques sur ce retour sur route, près de 10 ans après la fin de sa première carrière. Il faut dire que le cyclisme féminin a connu un vrai boom en une décennie. Accéléré par le retour du Tour de France femmes en 2022.

Ce Tour de France, sans doute ce pourquoi la Française, championne du monde sur route en 2014, a choisi de revenir sur le bitume, délaissant le VTT. Le prestige d’une course, sur laquelle aucune Française n’est encore montée sur le podium depuis le retour, attire forcément les convoitises. Incitant une Anna van der Breggen à sortir de sa retraite. Âgée de 33 ans, la Française est un poil plus jeune que la Néerlandaise (34 ans). Cela reste un pari audacieux à un âge avancé et face à des championnes comme Demi Vollering, bien plus jeune que la Française. Néanmoins, son début de saison semble lui donner raison.

Le Ronde dans la foulée d’un bon début de saison pour Pauline Ferrand-Prévot

Ce qui nous fait dire que le début de saison de Pauline Ferrand-Prévot est déjà réussi, c’est sa constance depuis le début de la saison. Une seule petite contre-performance, lors de l’UAE Tour Women et cette arrivée au sommet de Jebel Hafeet. Une 18ème place et quelques limites en montagne. Sauf que ce n’était que sa première course de la saison. Il lui manquait sans doute quelques repères. On se souviendra surtout qu’elle a su frotter sur les nombreuses étapes exposées au vent.

Derrière, ce n’est qu’une montée en puissance. Sur les difficiles Strade Bianche et leur gros dénivelé positif, elle prend la troisième place. Pas si loin d’accrocher le duo Demi Vollering et Anna van der Breggen, avant de battre au sprint Juliette Labous. Un temps 4e de Milan-San Remo, elle est rétrogradée à la 12ème place (la dernière de son groupe), pour un sprint irrégulier. Mais les jambes étaient là dans le final et dans le Poggio, bien à l’avant de la course. Placée, mais pas encore gagnante, il ne lui manque plus que cette victoire, pour aller totalement valider ce début de saison. Mais elle a bluffé les observateurs. Surtout, elle donne cette impression de montée en puissance, en étant de plus en plus proche de cette victoire.

Pauline Ferrand-Prévot sur le podium du Tour des Flandres femmes 2025

Pauline Ferrand-Prévot sur le podium du Tour des Flandres femmes 2025 – Photo Icon Sport

Paris-Roubaix pour préparer le Tour de France et frotter

Sur Paris-Roubaix ce samedi ? Engagée sur la course, elle est forcément parmi les outsiders. Dans une course bien plus plate, comment PFP avec ses 53 kilos, peut-elle s’en sortir ? Elle sera forcément moins avantagée que sur les pourcentages des monts flandriens. Néanmoins, il serait fou de l’enterrer, même si l’Enfer du Nord n’est pas forcément l’objectif prioritaire de la Tricolore. Qui vient surtout pour travailler des aspects qu’elle ne peut pas travailler à l’entraînement.

Alors qu’elle ne devait pas participer à Paris-Roubaix, elle a décidé de s’y aligner au dernier moment. Comme pour le Tour des Flandres. Avec le Tour de France dans le viseur. Les Flandriennes étant un axe de travail dans le placement et le frottement, comme elle l’a confié dimanche, à nos confrères de Direct Vélo : « Lors de mes premières courses, j’ai réalisé que le cyclisme féminin a beaucoup évolué en quelques années. Ce n’est plus ce vélo où il fallait juste appuyer sur les pédales pour faire la différence. Maintenant, il faut se placer, éviter les chutes, être attentive et présente aux bons moments ».





Si on a hâte de la voir sur les pavés du nord, forcément, on sera également attentif à son comportement en montagne, seul terrain où elle a montré des limites. Pour rappel, elle s’est donné trois ans pour remporter le Tour de France. Il faudra être patient et indulgent en 2025, avec elle. D’autant qu’elle nous a déjà bien étonnés. Surtout, n’oublions pas qu’elle sait parfaitement cibler ses objectifs. Elle nous l’a suffisamment montré en VTT.

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