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Perrine Laffont : « Toutes les victoires sont dures à aller chercher »

Flo Ostermann

Publié le

Perrine Laffont - Toutes les victoires sont dures à aller chercher
Photo Icon Sport

SKI DE BOSSES – À 15 jours des Mondiaux d’Almaty (Kazakhstan), nous nous sommes entretenus avec Perrine Laffont, impériale depuis le début de la saison, et qui visera son premier titre mondial en bosses simples. Entretien.

Perrine, vous préparez actuellement les Mondiaux d’Almaty (Kazakhstan) à l’Alpe d’Huez. Comment se passe cette préparation ?

Pour le moment, ça se passe plutôt bien. C’est vrai qu’il fait doux actuellement en France, donc on skie un peu sur de la neige de printemps. Autrement, on est toujours bien accueilli à l’Alpe d’Huez, on a un très beau stade pour bien s’entraîner et préparer les Mondiaux.

Vous êtes double championne du monde en titre en bosses parallèles et vous allez tenter de décroche l’or sur les bosses simples pour la première fois. Ce titre, est-ce une fin en soi ?

C’est sûr que j’ai la possibilité de le décrocher cette année, j’ai toutes les capacités pour le faire. J’ai déjà gagné pas mal de Coupes du monde en bosses simples (21 exactement) et c’est sûr que si je n’y arrive pas, je serai forcément déçue. Après, ça reste des courses d’un jour et c’est 30 secondes de run à chaque fois. Il y a des concurrentes qui peuvent sortir des runs de fou, donc ça peut arriver qu’elles soient meilleures que moi. Dans tous les cas, je vais bien me préparer pour y arriver.

En parlant de concurrence, quelles seront vos principales adversaires, selon vous, lors de ces Mondiaux ?

Je dirais les Japonaises qui sont très fortes et qui ont une très grosse équipe, avec notamment Anri Kawamura (2ème du classement de la Coupe du monde), et je pense aussi aux Américaines Jaelin Kauf et Hannah Soar qui seront en forme.

Après une saison 2019-2020 où vous avez tout raflé ou presque (8 victoires en Coupe du monde, le petit globe des bosses et le gros globe en freestyle), vous attendiez-vous à réitérer une saison aussi pleine ?

Forcément, non, car on ne sait jamais ce qui peut arriver. Il y a des filles qui montent et qui arrivent de plus en plus fortes à l’image des Japonaises. Je n’étais pas sûre de pouvoir garder cette avance que j’avais l’année dernière par rapport aux autres concurrentes. Après, j’ai travaillé pour performer. Mais c’est vrai que tant que les premières compétitions ne sont pas passées, on ne peut pas savoir.

Vous dominez outrageusement votre discipline depuis deux ans maintenant. Il n’y a pas une certaine lassitude qui peut parfois émerger ?

Franchement, non ! Toutes les victoires sont dures à aller chercher. Il faut vraiment que je fasse un très bon run en super-finale car il y a du monde derrière. Je n’ai pas de marge d’erreur, ou alors presque pas. Je ne gagne jamais en faisant les choses à moitié. Si c’était trop facile de gagner, peut-être qu’il y aurait une certaine lassitude. En tout cas, là, ce n’est pas le cas et je pense que c’est pour ça que je reste aussi motivée.

Faisons un bond d’un an dans le futur. Vous n’aurez que 23 ans lors des JO de Pékin l’année prochaine. Quel que soit le résultat, avez-vous dans un coin de la tête l’idée d’essayer une autre discipline en freestyle ?

Franchement, je ne pense pas. En freestyle, les disciplines ont tellement évolué que ce serait difficile de partir sur du pipe ou du slopestyle. Les filles ont un niveau tellement incroyable… Pour moi, je pense que ce serait trop dur de changer de discipline. Après, il faudrait peut-être une discipline avec plus du ski, comme du freeride par exemple. En tout cas, pour l’instant, je n’ai pas cette idée-là en tête.

Toujours à propos des JO, on le sait, ce sera Pékin 2022 et Milan-Cortina 2026 pour les Jeux d’hiver. Est-ce que ce serait un regret pour vous, dans votre carrière, de ne pas avoir disputé des JO en France ?

Oui, vraiment ! Surtout qu’on était proches en 2018 avec la candidature d’Annecy ! C’est sûr que disputer les Jeux dans son pays, ça a une autre dimension. On voit comment ça s’est passé avec Edgar Grospiron (champion olympique de ski de bosses à Albertville en 1992). Vraiment, j’aurais aimé pouvoir courir devant le public français. Et puis ça aurait pu apporter aussi une belle visibilité aux sports d’hiver, et notamment à notre discipline. Mais bon, c’est comme ça !

En parlant de Paris 2024, qu’est-ce que ça représente pour vous, en tant que sportive française ?

Personnellement, j’ai vécu les Jeux d’hiver à deux reprises. Et je sais ce que ça m’a apporté et quelle ampleur peut avoir cet évènement. Après, c’est sûr que pour les sportifs français, ce sera le summum pour eux. Cela va permettre au sport français d’avoir une belle visibilité et cela peut inciter les gens à se mettre au sport. Voir des compétitions à la télévision et des sportifs français gagner, ça peut donner envie aux jeunes de s’y mettre. Ce sera, je pense, une belle vitrine pour le sport français.

On se pose souvent la question, pour les sports d’hiver de savoir en quoi consiste une préparation estivale pour les athlètes. De votre côté, en ski de bosses, comment se découpe une préparation justement ?

En principe, on attaque l’entraînement mi-mai. À cette période-là, il s’agit vraiment de remettre le corps en route après une période de coupure, avec un travail de cardio et de musculation. On enchaîne ensuite assez rapidement sur la partie acrobatie, en travaillant les différentes figures à réaliser en compétition. Ensuite, on retourne sur les skis en juin-juillet pour travailler les petits détails à régler, avant de partir en Australie au mois d’août afin de retrouver des conditions hivernales. En septembre, on refait un travail physique pour préparer le corps aux chocs et aux compétitions. Enfin, en octobre et novembre, ce sont les derniers préparatifs avant le début des compétitions.

Lorsque vous étiez jeune, en bosses ou dans d’autres disciplines, aviez-vous, hormis Edgar Grospiron, des modèles d’inspiration ?

C’est vrai que je me suis beaucoup inspirée d’Edgar Grospiron. Après, dans les autres sports, j’aimais beaucoup Lindsey Vonn en ski alpin. J’aimais beaucoup Rafael Nadal aussi ! En bosses, il y a aussi eu Guilbaut Colas (champion du monde en 2011) et bien sûr, Hannah Kearney (4 gros globes, 46 victoires en Coupe du monde et championne olympique en 2010), qui était vraiment trop forte !

Et Mikaël Kingsbury, le patron des bosses masculines ?

Kingsbury, ça a été moins le cas en étant jeune. Après, ça reste une bonne source d’inspiration actuellement. C’est un métronome et il est toujours présent. Après, je peux aussi m’inspirer d’autres skieurs pour m’améliorer.

Dicodusport


Journaliste/Rédacteur depuis septembre 2015 - Mes premiers souvenirs dans le sport ? Les envolées du Stade Toulousain et les duels Villeneuve-Schumacher et Häkkinen-Schumacher à la fin des années 90, la Coupe du monde de football en 1998, l’exploit du XV de France face aux All Blacks en 1999, mais aussi Richard Cœur de Lion qui vole sur les montagnes du Tour de France. Bien parti pour devenir professeur d’EPS, les événements de la vie (et la flemme d’animer des séances de 3x500 mètres toute ma vie) m’ont conduit à revoir mes plans. Me voilà depuis fin 2017 sur Dicodusport, média grâce (et pour) lequel je partage ma passion : le sport dans tous ses états. Le tout accompagné par les fous furieux et folles furieuses cités sur cette page !

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