Pierre Houin, un champion de France soulagé et curieux


Quelques jours après son premier titre de champion de France, nous avons rencontré Pierre Houin pour revenir sur ce sacre et parler de la saison internationale qui s’annonce. 

Pierre, champion de France, peux-tu nous raconter ce week-end un peu ?

Avant même le week-end, on savait que ce serait un peu particulier sur les écarts et la densité. Il y a beaucoup de rameurs qui se sont rajoutés au groupe cet hiver. J’ai réussi à faire des bons parcours, notamment une très bonne demi-finale. En finale, c’était une bonne course aussi et je suis content d’avoir pu voir ce qu’était capable de faire Thomas Baroukh 2ème et Hugo Beurey 3ème. Sur cette course, c’est vrai que j’ai plus contrôlé que je l’imaginais, tout en essayant de ne pas me mettre à la faute car le bassin devenait compliqué.

Quel sentiment a dominé à l’arrivée ?

Comme à chaque fois, c’est le soulagement qui domine car c’est la course la plus importante de la saison au niveau national. C’est toujours un soulagement quand c’est terminé et de se dire qu’on va pouvoir bosser avec un partenaire pour la saison internationale. Je suis très curieux de voir ce que cela va donner sur la scène internationale, il nous reste un peu de temps pour nous préparer avant la première compétition au mois de juin. Nous avons un premier stage la semaine prochaine pour prendre nos marques ensemble et se confronter à Androdias / Boucheron qui sont la référence française chez les poids lourds depuis 4 ans.

Tu as eu des soucis de genou pendant la préparation, comment ça va à ce niveau-là ?

C’est toujours bien là ! Sur les courses, cela ne me pose pas de problème, c’est plutôt au quotidien à l’entrainement que c’est gênant. Il y a du mieux mais cela me fait toujours mal et je vais faire une infiltration pour en faire en sorte que cela aille mieux. On verra ce que ça donne, je l’ai repoussé le plus longtemps possible mais je ne pouvais plus faire sans.

Pierre Houin sur le podium des championnats de France avec Thomas Baroukh (à gauche) et Hugo Beurey (à droite) © Eric Marie – Médias Aviron

Thomas Baroukh va t’accompagner dans le double poids légers, est-ce que tu es content de cela ? Tu le connais déjà ?

C’est un rameur que je connais bien, mais surtout en dehors du bateau. Il était dans le collectif poids léger avant que j’arrive. Même si nous n’avons pas eu l’occasion de ramer ensemble les saisons passées, nous avons souvent échangé. Cet hiver, nous avions fait quelques essais ensemble mais il nous reste beaucoup de kilomètres à capitaliser pour pouvoir dire qu’on se connaît. Je suis content qu’il y ait un 1er et un 2ème et qu’on puisse les associer déjà, et puis oui, c’est quelqu’un avec qui je sais que je m’entends bien. Il a prouvé sportivement qu’il pouvait être à la hauteur, il a notamment le même record que moi sur ergomètre, ce qui nous place dans les meilleurs au monde sur cette discipline, donc cela sera va être intéressant de voir les dégâts qu’on pourra faire au train.

Tu vas être le chef de file de ce double, qu’est-ce que cela change pour toi ?

Cela ne change absolument rien car même s’il y a un chef de file, il y a surtout un double ! Jérémie (Azou) fonctionnait comme ça aussi, il n’écrasait pas les autres, c’est vraiment un double avec deux personnes capables d’apporter quelque chose au bateau. Nous allons devoir nous appuyer sur les forces de chacun. Après, c’est vrai que j’ai plus d’expérience que lui sur le double donc c’est cela que je vais essayer de lui apporter. En dehors de cela, on sera sur le même pied d’égalité une fois dans le bateau.

Quels sont vos objectifs sur la scène internationale ?

Un objectif par définition, c’est intelligent, mesurable, quantifiable et réalisable. Il faut qu’on puisse se tester et se jauger pour pouvoir se fixer des objectifs. À date, cela serait prétentieux de dire qu’on veut gagner, mais cela pourrait être hasardeux de dire autre chose. Dans l’idée, l’objectif final est toujours le même mais nous verrons ce qui nous paraît raisonnable de nous fixer quand nous aurons pu nous entraîner ensemble et couru la première étape de Coupe du monde en juin. Ce qui est sûr, c’est qu’on veut être le plus performant possible et gagner un maximum de courses, car nous avons à cœur d’entretenir l’héritage Azou / Houin et Azou / Delayre.

Nicolas Jacquemard

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