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Hockey sur glace

Pierrick Dubé : « Une énorme fierté de ramener une première Coupe du Président à Shawinigan »

Maxime Cazenave

Publié le

Pierrick Dubé « Une énorme fierté de ramener une première Coupe du Président à Shawinigan »
Photo Capture d'écran via Twitter Cataractes de Shawinigan

HOCKEY SUR GLACE – Sur le point de débuter les finales NHL avec le Lightning de Tampa Bay, Pierre-Édouard Bellemare n’est pas le seul joueur français à briller en Amérique du Nord. Auteur d’une saison remarquable en LHJMQ avec les Cataractes de Shawinigan, Pierrick Dubé a permis à son équipe de décrocher la Coupe du Président en inscrivant le but du titre en prolongations. De quoi clôturer en apothéose des séries exceptionnelles à titre individuel (12 buts en 16 matchs). Avant de disputer la très prestigieuse Coupe Memorial, du 20 au 29 juin prochain, le natif de Lyon nous a accordé un entretien pour revenir sur son actualité sans détour, tout en donnant des indications sur son avenir.

Est-ce que tu réalises ce que tu viens d’accomplir avec les Cataractes ? Ça faisait plus de 50 ans que Shawinigan attendait ça !

Après deux journées je commence à réaliser ! C’est un énorme sentiment de fierté de pouvoir ramener une première Coupe du Président à Shawinigan. C’est quelque chose de magique dont on se rappellera toute notre vie !

Tu as égalisé avant de faire la différence en prolongations. Qu’est-ce qui s’est passé dans ta tête au moment de te présenter devant le portier adverse ? Une fois cela fait, le sentiment de libération a dû être exceptionnel non ?

Ce sont des buts inoubliables, sans doute les plus importants de toute ma carrière de hockeyeur jusqu’à maintenant. Le hockey est une question de confiance. Ça aide toujours de marquer des buts en série. Quand je me suis retrouvé tout seul devant le gardien en prolongations, je ne pensais à rien de particulier, je souhaitais juste amener la rondelle dans le filet. Les émotions qu’on a vécues sur la glace une fois que c’est rentré, la célébration… On joue au hockey pour vivre ce genre de moments uniques, qu’on ne peut pas recréer et dont on se rappelle éternellement.

L’équipe de cette année a été solide en post-season après une saison régulière difficile. Quels sont les paramètres qui vous ont permis d’aller au bout pour décrocher la Coupe du Président ?

Il faut une équipe soudée et qui va dans la même direction pour gagner. Cette année, tout le monde a accepté son rôle. En deuxième partie de saison, après Noël, on a eu pas mal d’épreuves à surmonter, notamment des blessures. Beaucoup de gens nous voyaient comme une équipe affaiblie. Je pense qu’on a eu moins de pression et d’attentes pour aborder les séries avec notre 7ème place en saison régulière. Quand tous les gars sont revenus de blessure, on a vu qu’on était très durs à battre lorsqu’on tirait dans le même sens. On a eu de très bons adversaires en playoffs mais on a toujours su trouver les solutions pour les battre.

On a fait face à l’élimination à Québec avant d’aller chercher le match 5 derrière. En finale face à Charlottetown, on perdait le match 5 (1-3) avant d’aller décrocher la première coupe du Président de Shawinigan. Cette année notre groupe était vraiment spécial. Le noyau de joueurs était quasi intact depuis près de quatre ans entre Mavrick Bourque, Xavier Bourgault ou Charles Beaudoin. Durant la première discussion que j’avais eu avec le DG, il m’avait signifié qu’il souhaitait garder le même noyau, ce qui permet de conserver une bonne alchimie. Il a pris plusieurs décisions brillantes pour aller jusqu’au bout.

D’un point de vue personnel, est-ce que tu penses avoir pris une dimension supplémentaire dans ton jeu, notamment devant le filet où tu as réalisé des séries phénoménales (12 buts en 16) ?

J’ai grandement gagné en confiance ces deux dernières années, puisque j’avais aussi eu d’excellentes séries la saison passée (9 buts en…9 matchs !). J’ai essayé d’apporter cette maturité à mon jeu, et ça c’est plutôt bien passé. Mais je pense aussi que l’unité du collectif m’a aidé, tout le monde travaille l’un pour l’autre. Au final, je suis très content de mes performances individuelles ! Ce titre de champion est quelque chose qui te suit à vie, tout comme le fait d’être reconnu pour avoir inscrit le but vainqueur en prolongations de la première coupe remportée par Shawinigan. C’est exceptionnel.

D’ici une semaine, tu vas participer à la prestigieuse Coupe Memorial. Qu’est-ce que cela représente pour toi ? Et comment allez-vous vous préparer à cet évènement si particulier ?

C’est un tournoi exceptionnel, sans doute le plus dur à gagner puisqu’on joue contre d’autres champions de différentes ligues (WHL, OHL et la ville organisatrice, Saint John cette année). Ça va être fun mais pour le moment, on fête notre titre, la Coupe du Président. On a la parade en ville mercredi pour festoyer avec les partisans, et à partir de jeudi ou vendredi, on va vraiment commencer à se concentrer sur la Coupe Memorial. C’est vraiment un tournoi unique auquel peu de joueurs ont la chance de participer. On va profiter de chaque moment et essayer de ramener une nouvelle Coupe Memorial à Shawinigan !

Il s’agit de ta dernière saison sur le circuit en Ligue Majeur Junior. La question de ton avenir va donc rapidement se poser. Est-ce que tu comptes poursuivre le circuit américain ou retourner en Europe ?

Mon agent est en pourparlers avec plusieurs équipes de NHL. Les franchises semblent très intéressées pour un contrat en AHL (deuxième niveau après la NHL en Amérique du Nord) l’année prochaine, notamment avec les séries que j’ai réalisées. Un retour en Europe n’est pas envisagé pour l’instant, la priorité est l’Amérique du Nord. J’essaye de faire le plus long chemin possible ici pour ne pas passer à côté d’une opportunité. Je ne ferme aucune porte mais en ce moment, mon agent fait les démarches et rencontre des équipes de NHL.

Tu as également eu l’occasion de connaître tes deux premières sélections en équipe de France. Est-ce qu’intégrer ce groupe régulièrement est un objectif à court terme ?

Je suis en contact depuis un certain temps avec le staff, et en particulier l’entraîneur adjoint Yorick Treille. J’ai aussi eu l’occasion de beaucoup parler avec Philippe Bozon. Avant les séries, j’ai eu une discussion avec Yorick concernant les Mondiaux de cette année. On a pris la décision de me laisser me concentrer sur les playoffs puisque de toute façon, je n’allais pas être disponible. Porter le maillot de l’Équipe de France est un moment que j’attends depuis longtemps pour suivre les traces de mon père, Roger, qui l’a également porté pendant de longues années. Ce serait génial de disputer les Jeux Olympiques avec le maillot tricolore. C’est le rêve de tout enfant de représenter son pays à l’échelle internationale, et j’ai hâte d’intégrer cette équipe-là.

 


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a été une transition naturelle. Suiveur assidu de basket et de hockey sur glace, je garde toujours un peu de place pour suivre le cyclisme, le football et le maximum de performances françaises.

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