Pourquoi le début de saison de la formation Lidl-Trek est chaotique
CYCLISME SUR ROUTE 2026 – Entre malchance et méforme, le début de saison de la Lidl-Trek est chaotique. Petit état des lieux.
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Troisième en 2025, 17ème actuellement en 2026 : tel est le classement UCI de la formation Lidl-Trek. Un chiffre brut et un constat sans appel pour la formation désormais sous pavillon allemand. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce résultat, mais s’agit-il d’une réelle tendance traduisant une baisse de performance collective, ou simplement d’un début de saison délicat mêlant manque de réussite, chutes et méforme partielle ?
Des leaders globalement en souffrance
La morosité ambiante observée sur le Tour de Catalogne en est d’ailleurs un bon exemple. Giulio Ciccone a rapidement dit adieu à ses ambitions au classement général, comme trop souvent malgré une belle sixième place du côté de Tirreno-Adriatico. De son côté, Derek Gee-West, arrivé tout récemment en provenance de l’ex-Israel-Premier Tech, n’a pas pris le départ de la cinquième étape.
Mais les deux têtes d’affiche de l’équipe en Espagne sont loin d’être des cas isolés, même si les autres leaders de Lidl-Trek ont surtout été malchanceux. Ainsi, Juan Ayuso, après avoir brillé sur les routes de l’Algarve, a lourdement chuté sur Paris-Nice et abandonné alors qu’il portait le maillot jaune. Dans le même temps, Mads Pedersen s’est fracturé le poignet et la clavicule en tout début de saison du côté de Valence. Il a toutefois réussi son retour sur Milan-San Remo il y a quelques jours, avant de déclarer forfait pour Gand-Wevelgem, pour cause de maladie.
Le seul à tenir son rang pour le moment est le sprinteur italien Jonathan Milan. Sans doute toujours l’un des meilleurs coureurs du monde dans ce domaine, d’autant que son principal rival, le Belge Tim Merlier, n’a toujours pas lancé sa saison. L’Italien a décroché six bouquets en deux mois de compétition, dont trois sur l’UAE Tour et un sur Tirreno-Adriatico. Il s’est toutefois raté sur Gand-Wevelgem (In Flanders Fields), une classique pourtant bien adaptée à ses qualités ces dernières années.
Jonathan Milan a remporté au sprint la 7e et dernière étape de #TirrenoAdriatico #LesRP pic.twitter.com/r5Q5U1VYGQ
— Eurosport France (@Eurosport_FR) March 15, 2026
Un recrutement raté depuis trois ans
Ensuite, on peut noter que la campagne de recrutement de Lidl-Trek depuis 2024 n’a pas donné satisfaction sur plusieurs plans. La formation allemande a tenté des paris et des relances qui n’ont pas abouti. Recruter des coureurs en difficulté ne garantit pas un rebond et comporte toujours une part de risque. Carlos Verona, malgré son énorme Giro 2025, et Patrick Konrad sont vieillissants et ne tiennent désormais plus que des rôles d’équipiers.
Søren Kragh Andersen est loin du niveau qui était le sien lorsqu’il avait remporté deux étapes du Tour de France en 2020, puis terminé deuxième du Renewi Tour. Il se cantonne désormais à un rôle d’homme de train ou de rouleur derrière les échappées.
Quant à Lennard Kämna, il constituait un pari osé après son spectaculaire accident en 2024. Un pari audacieux, mais pour l’instant manqué. Enfin, Tao Geoghegan Hart, débarqué en 2024 dans un rôle de leader pour les Grands Tours, ne semble plus en mesure de viser un grand classement général. Pire encore, le Britannique n’a disputé qu’une Vuelta depuis son arrivée, conclue par une anecdotique 62ème place.
La jeunesse dorée peine à confirmer
Par ailleurs, Lidl-Trek, connue pour compter dans ses rangs plusieurs jeunes pépites, voit également celles-ci traverser une période plus compliquée en ce début de saison. Symbole de cette difficulté, un nom revient souvent : Albert Withen Philipsen. Présenté comme un crack comparable à Paul Seixas, certes dans un registre différent, le Danois éprouve davantage de difficultés après une première saison professionnelle très prometteuse l’an passé. Rien d’alarmant pour autant, mais il illustre aussi les difficultés actuelles de la formation allemande.
Mathias Vacek n’est pour le moment pas à son niveau de 2025 et Thibau Nys est (encore) blessé. Pour finir, Tim Torn Teutenberg collectionne les fonds de top 10 sur les sprints massifs, mais semble atteindre un plafond. On attendra en revanche de se prononcer concernant le prodige rouleur suédois Jakob Söderqvist.
S’il est encore un peu tôt pour parler de fiasco ou de déroute collective, il reste important de souligner la baisse de régime assez nette observée chez Lidl-Trek. Reste désormais à savoir si ce phénomène est structurel ou simplement conjoncturel.


