Pourquoi les équipes françaises ont-elles boudé l’échappée sur la 2e étape du Tour de France ?
TOUR DE FRANCE 2026 – Première étape en ligne et première échappée. Mais pourquoi aucune équipe française n’y figurait ? Voici plusieurs pistes pour expliquer cette absence.
- Voir également : 2e étape Tour de France 2026 – Classement et résultats à Barcelone
Il y a encore dix ans, de nombreux coureurs se seraient battus pour intégrer l’échappée de la première étape en ligne du Tour de France. Parmi eux, des représentants d’équipes françaises, presque à coup sûr. Cela a d’ailleurs été systématiquement le cas entre 2011 et 2018 (hors contre-la-montre). Pourtant, cette année, aucune formation tricolore n’a placé le moindre coureur à l’avant. Il y a bien eu la tentative avortée de Baptiste Veistroffer, mais le coureur de 26 ans évolue sous les couleurs de la formation belge Lotto Intermarché.
Cette absence est d’autant plus surprenante qu’il y avait des points à aller chercher, la possibilité d’endosser provisoirement le maillot à pois, des primes au sprint intermédiaire, le prix de la combativité et, surtout, plusieurs heures d’exposition pour les sponsors.
Comment expliquer une telle absence des équipes françaises à l’avant ? En ce qui concerne les primes et le prix de la combativité, il est difficile de trouver une justification. En revanche, pour le maillot à pois, le final explosif autour de Montjuïc n’offrait aucune garantie à un homme de l’échappée de conserver la tunique au terme de l’étape.
Pourquoi aucune équipe française n’a pris l’échappée du Tour de France ?
Force est surtout de constater que le cyclisme a profondément évolué. On se souvient notamment du coup de gueule de Yoann Offredo en 2017. À l’époque, le Français regrettait le manque d’ambition du peloton sur les étapes promises aux sprinteurs. Quel intérêt de passer quatre heures à l’avant pour être repris dans les dix derniers kilomètres et voir un Marcel Kittel ou un Mark Cavendish lever les bras ? C’est ainsi qu’il résumait l’état d’esprit d’une partie du peloton.
Une dizaine d’années plus tard, cette logique semble s’être encore renforcée. Aux yeux des directeurs sportifs comme des coureurs, une étape au final aussi explosif que celui de Montjuïc apparaissait presque promise à Tadej Pogačar. Et si le Slovène ne s’imposait pas, un coureur du calibre de Mathieu van der Poel, Tom Pidcock, Jonas Vingegaard ou Paul Seixas semblait en mesure de faire la différence. Sur le papier, du moins, car peu de monde avait anticipé le cadeau offert à Isaac Del Toro. Dans l’esprit du peloton, ce type d’étape est désormais considéré comme aussi verrouillé qu’une arrivée promise aux sprinteurs.
Le cadeau de Pogacar à Del Toro : le Slovène offre la 2e étape au Mexicain d’UAE Emirates pour sa première participation !
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— Eurosport France (@Eurosport_FR) July 5, 2026
Les équipes françaises avaient-elles déjà la 3e étape en tête ?
Dès lors, quel intérêt pour les équipes françaises — à l’exception de Decathlon CMA CGM, qui vise le classement général — de se lancer dans une mission presque impossible, au risque d’entamer leurs forces pour le lendemain, si tant est que l’étape se déroule normalement ?
Le profil de la 3e étape semble en effet davantage convenir aux baroudeurs. Le dénivelé est plus important que lors de la veille (près de 4 000 mètres contre environ 2 400), mais sa répartition rend une bataille entre les favoris moins certaine. Par ailleurs, on peut aussi imaginer que la Team Visma | Lease a Bike soit prête à céder le maillot jaune afin de ne pas contrôler la course lors des prochaines journées.
Au soir de cette deuxième étape, Jonas Vingegaard conserve le maillot jaune avec seulement six secondes d’avance sur Tadej Pogačar. En revanche, Alex Molenaar (Caja Rural – Seguros RGA) a parfaitement rentabilisé sa journée en endossant le maillot de meilleur grimpeur. La preuve que, même si la victoire d’étape relevait de l’exploit, partir à l’avant n’était pas totalement vain. Pour les formations françaises comme Groupama – FDJ United, TotalEnergies ou Cofidis, la 3e étape pourrait donc offrir une bien meilleure occasion de se montrer.


