Pourquoi Milan-San Remo n’est pas un Monument comme les autres ?
CYCLISME SUR ROUTE 2024 – Souvent qualifié d’ennuyeux, Milan-San Remo n’en est pas moins prestigieuse et un beau monument. On vous explique pourquoi.
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Parce que la foule des prétendants y est nombreuse
Milan San-Remo, c’est sans doute le Monument le plus difficile à gagner. Car il peut consacrer à peu près tous les profils. Et quand on se penche sur le palmarès, on s’aperçoit à quel point il est hétéroclite. Julian Alaphilippe le puncheur, Vincenzo Nibali le grimpeur et coureur par étapes, Mathieu van der Poel et Fabian Cancellara les coureurs flandriens, mais aussi Arnaud Démare le sprinteur. Et que dire de Matej Mohoric, le virtuose de la descente, dont le succès en 2022 avait impressionné, dévalant le Poggio à vitesse grand V.
Au départ des quelque 300 kilomètres de course, chacun sait qu’il peut avoir sa chance. Un coup dans le Poggio, un sprint massif entre les grosses cuisses, iu un coup tactique avant la Via Roma. Toute opportunité est bonne pour être sacrée sur la Primavera. C’est ce qui la rend si belle. C’est qu’elle sait s’offrir aux audacieux comme au courageux qui se sera accroché sur les pentes de la Cipressa et du Poggio, pour accrocher son rêve. Et ce n’est pas que le cas des autres classiques, qui restent dans le domaine d’une catégorie précise de coureurs. Les Flandriens pour le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, les puncheurs, grimpeurs sur Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie.

La Primavera ouvre définitivement la saison des classiques
L’Omloop Het Nieuwsblad et les Strade Bianche sont de belles classiques, qui ont déjà offert leur lot d’émotions. Mais la vraie ouverture de la saison des classiques, c’est bien Milan-San Remo. Qui signifie le coup d’envoi de semaines intenses de courses d’un jour, nous emmenant jusqu’à la fin du mois d’avril et Liège-Bastogne-Liège. C’est à partir de ce samedi que les couteaux seront vraiment tirés entre leaders.
L’envie y est plus grande. On peut être sûr que Tadej Pogacar serait prêt à troquer son raid solitaire sur les Strade Bianche, pour un succès sur la Via Roma. Et remporter son 4e Monument différent. C’est le début de la grande bagarre entre les leaders. Des performances, des contre-performances, des émotions que seules les grandes classiques peuvent nous offrir. Cela promet du grand spectacle.

La tension à l’amorce du Poggio, une configuration unique
On ne va se mentir. Pendant près de 270 kilomètres, Milan-San Remo est loin d’être la course la plus palpitante. Une « procession », avec une échappée matinale et un peloton groupé à l’arrière. Les équipiers roulent. Et pourtant, le palpitant commence à monter dès la Cipressa. Et que dire de l’approche du Poggio. Il n’y a pas une course cycliste dans le calendrier qui cristallise plus l’instant présent que l’approche du Poggio. C’est LÀ que Milan-San Remo se joue et chacun le sait. Et on n’est pas loin de penser que le palpitant du spectateur est au moins équivalent de celui des coureurs prêts à en découdre dans cette difficulté.


