Premier League : Nottingham Forest, un vestige du passé de retour au premier plan
PREMIER LEAGUE 2024/2025 – Troisième du championnat à mi-saison, Nottingham Forest est la grande sensation de la mouture 2024/2025 Outre-Manche. Portés par un collectif solidaire, et l’efficacité devant le but de Chris Wood, les Tricky Trees rêvent de nouveau d’Europe, plus d’un demi-siècle après leurs plus grands exploits.
Cette saison 2024/2025 de Premier League est sans doute l’une des plus intrigantes de ces dernières années. Alors que Liverpool caracole en tête, et a pris une belle avance sur Chelsea et Arsenal, Manchester United est totalement à la dérive, Tottenham loin du compte. Et même Manchester City a sombré ces dernières semaines en étant éjecté hors du Top 4.
Au milieu de ce remue-ménage, un club parvient à déjouer les pronostics pour trôner à une détonante 3e place : Nottingham Forest. Suite à une vingtaine d’années de purgatoire, les Tricky Trees ont retrouvé la Premier League à l’été 2022. Au forceps, le club est parvenu à décrocher son maintien à deux reprises depuis (16e, puis 17e). Pour sa troisième année consécutive, la volonté était donc d’assurer plus de stabilité, et de vivre une saison moins éprouvante.
La marche en avant enclenchée cet été par Nottingham Forest
Débarqué en tant que pompier de service en décembre 2023, Nuno Espirito Santo a depuis pour mission de bâtir un projet ambitieux, avec la saison 2025-2026 en tête pour essayer de viser plus haut. Revanchard, l’entraîneur Portugais avait quitté la Premier League sur un échec cuisant à Tottenham. Au bout d’un an seulement à Nottingham, son expérience londonienne n’est déjà plus qu’un lointain souvenir.
Celui qui avait cartonné avec Wolverhampton (2017-2021) montre encore qu’il est capable de faire des miracles avec des équipes moyennes de Premier League. Après 19 journées de championnat, Forest cumule déjà 37 points, et reste sur une série historique de cinq victoires consécutives ! Un redressement spectaculaire pour une équipe qui n’avait remporté que trois de ses douze dernières rencontres lors de l’exercice précédent. Et rien n’indiquait que le club connaîtrait une telle explosion. En raison d’infractions à la réglementation financière de la Premier League, Forest avait été condamné à 4 points de pénalité la saison dernière, et a dû se montrer prudent sur le mercato d’été, en dépensant légèrement plus que ses ventes (105M d’achats, 80M de ventes). Mais lorsque cela est réalisé avec intelligence, les résultats sont immédiats.
Ainsi, Nicola Milenkovic a débarqué en provenance de la Fiorentina (12,5M) pour former avec le Brésilien Murillo une défense centrale imperturbable. Recrue la plus onéreuse, en provenance de Newcastle, le jeune Elliott Anderson (41M) a trouvé ses repères au milieu de terrain pour devenir la plaque tournante du jeu des Tricky Trees. De son côté, Jota Silva est devenu un remplaçant incontournable pour apporter du jus sur les ailes en fin de match. Ce trio s’est greffé à un collectif qui s’est mis en place rapidement en s’appuyant sur des leaders totalement inattendus à ce niveau.
We are delighted to announce the signing of Elliot Anderson ✍️
— Nottingham Forest (@NFFC) June 30, 2024
Chris Wood, ce taulier improbable
Comment ne pas parler de Chris Wood ? L’international néo-zélandais écume les pelouses anglaises depuis une quinzaine d’années. Longtemps cantonné au Championship, il avait explosé en réalisant une saison à 27 buts à Leeds (2016-2017), avant de devenir un buteur référencé de Premier League à Burnley entre 2017 et 2022 (49 buts). Auteur d’un passage raté à Newcastle, il avait été prêté à Forest avant d’y signer définitivement à l’été 2023. Déjà très bon la saison dernière (14 buts), il est tout simplement en train de signer la plus grande saison de sa carrière à 33 ans. En 19 rencontres, il cumule déjà 11 buts !
Au-delà de l’aspect statistique, son impact sur le jeu est énorme. Grâce à son jeu de tête, et sa combativité sans relâche, il soulage son équipe, tout en faisant preuve d’un état d’esprit exemplaire. Avec l’ancien Strasbourgeois Matz Sels en dernier rempart, Forest peut s’appuyer là sur deux véritables tauliers expérimentés, qui réalisent des saisons monstrueuses.
Woody’s 11th #PL goal of the season. 🔥 pic.twitter.com/qeCkjkt7Pn
— Nottingham Forest (@NFFC) December 29, 2024
Nottingham Forest, l’art de gagner en délaissant la possession
Dans son sillage, ils emmènent avec eux d’autres joueurs qui franchissent les caps les uns après les autres. De Morgan Gibbs-White à Ola Aina, en passant par Callum Hudson-Odoi, Anthony Elanga ou encore Ryan Yates, tous brillent dans ce collectif parfaitement huilé. Comme un symbole, ce Nottingham réalise l’exploit de truster la 3e place avec seulement 26 buts au compteur, mais aussi la 3e défense du pays (19 buts encaissés). Sur leurs onze victoires, sept l’ont été par un seul but d’écart, dont des succès prestigieux à Manchester United, et surtout à Liverpool en septembre dernier. Un exploit énorme puisqu’il s’agit toujours de l’unique défaite concédée par les Reds cette saison !
Se basant sur un bloc bas solide, et un jeu direct, Nottingham affiche le plus bas pourcentage de possession de toute la Premier League en étant sous les 40 % (39,66%). Une véritable incongruité parmi les équipes de haut de tableau, faisant de cette version de Forest le maître du kick and rush moderne. Jusque-là épargné par les blessures, tout roule pour les pensionnaires du City Ground. Le maintien étant déjà en poche, le club se met à rêver d’un retour en coupe d’Europe, ce qui serait un véritable évènement.
Un vestige du passé de retour au premier plan
En effet, Nottingham Forest n’a plus connu la scène européenne depuis une campagne en coupe de l’UEFA lors de la saison 1995-1996. Avant cela, le club avait connu ses heures de gloire à la fin des années 1970, sous les ordres de l’icône locale, Brian Clough. Sorti de nulle part, le club avait décroché son premier et unique championnat en 1978 en étant promu de l’échelon inférieur, avant de mettre l’Europe à ses genoux en remportant à deux reprises la Coupe d’Europe des Clubs Champions (1979 et 1980), ancêtre de la Ligue des Champions. Ces années de folies furent suivies par une belle décennie, avec notamment deux League Cup ajoutées au palmarès, avant une lente descente ayant emmené le club dans les divisions inférieures.
Suite à des décennies à broyer du noir dans l’anonymat, le double champion d’Europe n’a jamais été aussi proche de retrouver un statut faisant honneur à son histoire. En déplacement à Wolverhampton lundi soir, Nottingham aura l’occasion de prolonger sa série folle, et de continuer à se rapprocher de son rêve européen.



