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Quel avenir pour la Formule 1 et ses V6 hybrides ?

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Quel avenir pour la Formule 1 et ses V6 hybrides ?
Photo Icon Sport

Depuis 1950, la Formule 1 attire un nombre de spectateurs incomparable à n’importe quelle autre catégorie du sport auto. Cependant, son avenir semble assez incertain sur le moyen/long terme. En parallèle, nombreux sont les constructeurs automobiles à préférer rejoindre la Formule E plutôt que la Formule 1. Alors, comment s’annonce l’avenir de la légendaire Formule 1 ?

Alors que la Formule 1 a toujours été la discipline la plus attractive du sport automobile, que ce soit chez les fans ou chez les constructeurs, son futur semble pour le moins assez incertain. Néanmoins, sa cote auprès des fans semble avoir pris un nouvel élan depuis la série Netflix Drive to Survive. Or, les changements récents et à venir de la Formule 1 semblent faire peur aux nouveaux constructeurs automobiles. Si ces derniers semblent bouder les moteurs hybrides, à l’image de Honda qui s’est récemment retirée de la Formule 1, les moteurs électriques ont, quant à eux, la cote auprès des constructeurs. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à rejoindre le championnat électrique comme Mercedes par exemple, qui tente d’allier F1 et FE.

Des chiffres en hausse…

Comme évoqué précédemment, la Formule 1 a vu ses statistiques exploser depuis quelques années. En témoignent les chiffres grandissants de Liberty Media, propriétaire de la Formule 1 (+7 millions de spectateurs en moyenne entre 2015 et 2020), et de Canal+ en France qui a augmenté ses audiences de 27% en 2020. Ces résultats en hausse résultent d’une stratégie médiatique rondement menée par Liberty Media. En effet, la Formule 1 se numérise de plus en plus que ce soit avec Netflix et sa série Drive to Survive, avec les jeux vidéos ou encore les réseaux sociaux. Grâce à cela, cette discipline touche un public de plus en plus jeune.

L’élargissement du calendrier des Grands Prix de Formule 1 entre aussi dans cette dynamique. En effet, plus de courses signifie plus de spectacle, donc plus de spectateurs. En comparaison à la saison 2009 et ses 17 courses à son calendrier, 23 courses sont prévues pour la saison 2021 alors que la première manche a déjà eu lieu le 28 mars dernier à Bahreïn. Avec une course toutes les 2-3 semaines en moyenne sur toute l’année, les spectateurs se fidélisent au championnat. La Formule 1 est, sans conteste possible, la compétition automobile la plus suivie dans le monde. Cependant, la présence de tant de fans ne certifie pas forcément la présence des constructeurs automobiles. Et sans constructeurs, sans écuries, sans financements, la course automobile n’existe pas.

…mais des motoristes qui boudent

Depuis l’arrivée des V6 hybrides en 2014, seule la marque japonaise Honda a fait le pari de rejoindre la Formule 1 en tant que motoriste. Dans une F1 qui de nos jours est très coûteuse et difficilement rentable, devenir motoriste en Formule 1 semble être un pari que très peu de constructeurs souhaitent faire. De plus, même si les moteurs hybrides sont de plus en plus présents aujourd’hui, les motoristes semblent ne plus privilégier l’hybride mais s’orientent davantage vers l’électrique qui ne cesse d’évoluer. Après ce départ, personne n’a souhaité remplacer Honda, laissant pendant un temps les écuries Red Bull et Alpha Tauri sans moteurs pour 2022. Et si personne ne rejoint les rangs de la F1 pour remplacer Honda, c’est bel et bien parce que l’hybride n’attire plus les constructeurs.

Le départ du motoriste japonais en est finalement la preuve puisqu’il indiquait, dans un communiqué annonçant son départ de la Formule 1, vouloir « diriger (ses) ressources vers la recherche et le développement de la future unité de puissance […], notamment les véhicules à hydrogène et les batteries des véhicules électriques, qui seront au cœur des technologies zéro émission ». D’autres motoristes de la Formule 1 ont récemment fait le pari de l’électrique, comme Mercedes ou encore Renault, qui évolue aujourd’hui sous le nom de Nissan en FE. Pour éviter de perdre deux écuries, la Formule 1 et l’intégralité de ses motoristes ont finalement opté pour le gel des moteurs à partir de 2022, jusqu’à la saison 2025. Avec cela, la F1 perd donc une part de son étiquette de laboratoire technologique automobile en stoppant le développement moteur.

Changer de moteur pour repartir de l’avant ?

La question légitime que l’on pourrait se poser, c’est pourquoi ne pas fusionner la FE et la F1 ? La réponse est vite trouvée, cela est tout simplement impossible. En effet, la Formule E possède l’exclusivité des compétitions électriques jusqu’en 2039 selon un accord passé avec la FIA. Comme dit précédemment, la Formule 1 roulera avec ses V6 hybrides jusqu’en 2025. Alors comment faire ?

L’hybride ne plaît plus, c’est un fait. L’électrique, solution viable mais déjà prise. La dernière solution qui a un objectif réel de nos jours pour la F1, c’est l’hydrogène. Même si cette technologie motrice n’est pas encore assez développée, la question se pose alors que les moteurs hydrogènes apparaissent sur les routes pour Monsieur et Madame tout le monde. De quoi enfin donner un réel objectif de développement pour les constructeurs, et donner un nouvel élan au sport avec d’éventuels nouveaux constructeurs. Cette option paraît envisageable, et est d’ailleurs actuellement envisagée par les hautes instances de la FIA et de la F1 pour l’horizon 2025.

En attendant, pour conserver un objectif de développement, la Formule 1 utilise depuis cette saison des biocarburants dans l’objectif de réduire son empreinte carbone, déjà bien importante sur le monde. Le taux d’utilisation des biocarburants dans les moteurs de Formule 1 augmentera chaque saison. De quoi conserver l’étiquette, légèrement froissée, de laboratoire technologique jusqu’en 2025 pour la F1.

Quel avenir pour la Formule 1 ?

Pour le moment, si l’hydrogène est dans les petits papiers de la F1 et de la FIA, rien n’est encore certain. De plus, personne ne sait encore à combien se chiffrera la perte de puissance des moteurs avec cette révolution. Même s’il existe des solutions, l’avenir de la F1 s’écrit encore avec des pointillés au-delà de l’horizon 2025. Est-ce que la Formule 1 restera le championnat le plus attractif pour les pilotes et les spectateurs à l’avenir ? La Formule E prendra-t-elle le dessus sur la F1 ? Même si elle peut sembler absurde pour certains, cette question se pose. Elle se pose d’autant plus que la Formule E ne cesse d’évoluer sur le plan de la performance et attire de plus en plus de (télé)spectateurs.

Néanmoins, malgré les incertitudes sur l’avenir, les jeunes pilotes continuent de parier sur la F1. En effet, le système de la FIA concernant les jeunes pilotes fait que la Formule 1 a l’embarras du choix. Si les jeunes continuent de rêver de Formule 1, il n’est pas certain que les ambitions des jeunes loups aux dents longues resteront les mêmes à l’avenir. Mais pour le moment, ce championnat reste le rêve de tout pilote automobile. En tout cas, la Formule 1 arrive dans un tournant, voire une chicane, majeure pour son futur.

Tanguy Le Jeune
   


Journaliste/rédacteur depuis novembre 2020 - Lionel Messi, Kobe Bryant, Lewis Hamilton. Quel rapport entre ces trois légendes ? Aucun, hormis leur statut de légende. Mais, pour moi, ces stars ont quelque chose en commun. Ce sont mes idoles, mes exemples et les grands créateurs de ma passion pour le sport. Malgré mon cruel manque de talent pour pratiquer le sport au haut niveau, mon amour et ma passion me poussent, chaque jour, à vous partager l’actualité au travers de ce que je sais probablement faire le mieux : écrire.

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