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Biathlon

Quentin Fillon Maillet, au bout d’un long combat intérieur

Etienne Goursaud

Publié le

Quentin Fillon Maillet, au bout d’un long combat intérieur
Photo Icon Sport

BIATHLON JO 2026 – Retour sur la performance de Quentin Fillon Maillet, sacrée champion olympique du sprint ce vendredi.

Tout part des trois pioches mises dans le relais

Pour comprendre la performance de Quentin Fillon Maillet, il faut remonter un peu plus tôt dans ces Jeux Olympiques. À dimanche dernier, lors du relais mixte remporté par l’équipe de France, qui avait ouvert son compteur en biathlon. Deuxième relayeur, « QFM » se retrouve en immense délicatesse.

Après cinq tirs, il commet trois fautes sur son premier tir couché. Contrairement aux épreuves individuelles, en relais, on dispose de trois balles de pioche avant un éventuel tour de pénalité. La règle est simple : il faut mettre les trois balles, sinon c’est un tour de pénalité par faute. Là, il se reprend et met les trois balles. Il limite la casse, ressort à moins de 30 secondes de la tête et laisse ce relais bleu en vie.

Incontestablement un déclic. Dos au mur, sur un tir qui lui a tant posé de problèmes ces deux dernières années, Quentin Fillon Maillet a mis les balles. Il s’est sans doute prouvé à lui-même qu’il en était capable. Lors de l’individuel (8e), s’il ne tire qu’à 16/20, ce n’est pas le couché qui pêche. Il est à 9/10 dans cet exercice. Une seule balle manquée sur 10, contre trois sur huit en relais. Du progrès.

Là aussi, on peut être sûr qu’il a parfaitement analysé cette donnée. On ne dit pas qu’on s’attendait à le voir faire 5/5 ce vendredi, ce serait bien présomptueux. Il a pris le temps de s’appliquer (53e temps de tir couché en 29,8 secondes). Mais il a donné l’impression d’avoir oublié toutes ses galères passées. Le meilleur moment possible pour chasser les nuages.

Quentin Fillon Maillet au sommet de sa forme

Meilleur temps de l’individuel (avec cinq secondes d’avance sur Johannes Dale-Skjevdal), malgré une défaillance au tir, on savait le Français en grande forme physique. Cela s’est encore vérifié sur le sprint. S’il cède le meilleur temps du sprint au Norvégien (21:10.05 contre 21:05.02), il a encore montré que les jambes répondaient parfaitement sur les skis. Sur 10 km de course, il repousse Sturla Lægreid de 16 secondes, même tarif pour son compatriote Vetle Christiansen.

Quand on sait qu’ils terminent respectivement à 13,5 et 15,9 secondes, il n’y a pas besoin de creuser davantage pour voir où l’or s’est joué dans ce sprint. Fort en temps de course et solide dans le dernier tour ! Le Français, deuxième à l’issue du tir debout, a d’abord repoussé un Émilien Jacquelin en tête après le dernier tir. Mais ce dernier concède 20 secondes dans un dernier tour qui lui a été fatal. Jacquelin moins bien, mais Quentin Fillon Maillet très solide. Il est même le plus rapide sur le 2e tour (7:39.6).





La course qui lui correspondait le mieux vu le contexte ?

Finalement, est-ce que Quentin Fillon Maillet, dans la seule course avec seulement deux tirs, n’avait pas coché ce rendez-vous ? On le sait, dans une course à deux tirs, il y a moins de risques de partir à la faute (même si une faute peut peser plus lourd). Quatre tirs, ce sont quatre moments d’intense concentration. Ce n’est pas la même optique qu’en sprint. Est-ce aussi cela qui a permis au Français de se libérer davantage ?

Enfin, les planètes se sont alignées pour le Français. On l’a parfois vu très bon au tir mais dans le dur sur les skis. Parfois, on l’a vu voler à skis mais tout perdre sur les tirs. Ce vendredi, tir et skis étaient au top ! Pour son (et notre) plus grand bonheur.

La libération, qui lui a globalement manqué depuis le début de la saison et, plus largement, depuis deux ans. On le sentait parfois se chercher, peut-être trop réfléchir avant de lâcher ses balles. Reste que ses Jeux sont d’ores et déjà réussis, avec sa première médaille individuelle olympique depuis… 2022 et la poursuite de Pékin.

La poursuite, justement, c’est la prochaine course qui l’attend désormais. On rappellera, à toute fin utile, que la seule victoire de sa saison en individuel (avant ce sprint) était lors de la première manche de Coupe du monde à Östersund. C’était sur la poursuite. On dit ça, on ne dit rien…

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