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Mais au fait, qu’est-ce que la Draft NBA ?

Eliott Conway

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Mais au fait, qu'est-ce que la Draft NBA ?
AP

NBA – La saison a été décalée à la suite de la pandémie de Covid-19, mais les évènements d’inter-saison ne sont pour autant pas annulés. Si la free-agency et la pré-saison sont pour la plupart du temps faciles à maîtriser pour nous Européens, la Draft est elle un peu plus technique. Mais qu’est-ce que c’est au juste ?

La Draft est un concept typiquement américain, que l’on retrouve dans les 4 sports majeurs, et donc forcément, la NBA. Première étape pour la plupart des futures stars de la NBA, la Draft constitue pour beaucoup d’équipes le point de départ d’une potentielle période de succès. Si l’évènement a d’habitude lieu vers la fin juin au Barclays Center, la salle des Brooklyn Nets, la Draft 2020 aura lieu à distance, le 18 novembre 2020.

Le principe ? Chaque équipe sélectionne à tour de rôle un joueur dans un ordre prédéfini bien précis. 30 équipes jouant en NBA, et chaque équipe disposant tous les ans de 2 choix, 60 joueurs sont sélectionnés chaque année.

Qui sont les joueurs choisis ?

Ces joueurs sont issus du système universitaire américain, la NCAA, mais également des joueurs de l’étranger. Ils doivent être âgés d’au moins 19 ans durant l’année civile de la Draft (donc être nés avant le 31 décembre 2001), ou, dans le cas des joueurs dits internationaux (ceux de l’étranger), il doit s’écouler un délai de un an entre la dernière année de lycée et l’année de présentation à la Draft. Les internationaux sont toutefois automatiquement éligibles dès l’âge de 22 ans. Un joueur qui n’est pas automatiquement admissible doit se déclarer éligible en informant la NBA par écrit au plus tard 60 jours avant la Draft.

Comment établit-on l’ordre ?

Pour définir cet ordre de sélection, on distingue les 16 équipes jouant en Playoffs et les 14 non qualifiées. Les 16 ayant fait la post-season disposent des choix 15 à 30, dans l’ordre inverse du bilan de chaque équipe. Cette année, le plus mauvais bilan parmi les équipes était le Orlando Magic (33-40) quand le meilleur était celui des Milwaukee Bucks (56-17). Orlando aura donc le 15ème choix quand Milwaukee sélectionnera son joueur en dernière position (bien que cette année les Bucks n’auront pas ce choix, on y reviendra).

Pour les équipes n’étant pas qualifiées en Playoffs, le format est différent. Les 14 équipes sont invitées à ce qui s’appelle la Loterie.  Elle a lieu pendant les Playoffs et donne à chaque équipe un certain pourcentage de chance d’obtenir le premier choix de la Draft, avec l’ordre suivant.

  • Pire bilan de la Ligue : 14% de chance d’obtenir le 1er choix de Draft
  • 2ème pire bilan de la Ligue : 14% de chance
  • 3ème pire bilan de la Ligue : 14% de chance
  • 4ème pire bilan de la Ligue : 12,5% de chance
  • 5ème pire bilan de la Ligue : 10,5% de chance
  • 6ème pire bilan de la Ligue : 9% de chance
  • 7ème pire bilan de la Ligue : 7,5% de chance
  • 8ème pire bilan de la Ligue : 6% de chance
  • 9ème pire bilan de la Ligue : 4,5% de chance
  • 10ème pire bilan de la Ligue : 3% de chance
  • 11ème pire bilan de la Ligue : 2% de chance
  • 12ème pire bilan de la Ligue : 1,5% de chance
  • 13ème pire bilan de la Ligue : 1% de chance
  • 14ème pire bilan de la Ligue : 0,5% de chance

L’objectif est d’éviter le tanking, une stratégie qui consiste à perdre le plus de matchs possibles pour se retrouver au fond du classement et donc d’avoir un meilleur choix, une pratique que l’on retrouve notamment en NFL, la ligue de football qui elle n’applique pas cette règle et inverse simplement le classement des bilans.

Cette année, c’est Minnesota qui a obtenu le premier choix de la Draft. Si l’on appliquait les règles NFL, les Timberwolves auraient choisi leur joueur en troisième position et ce serait les Golden State Warriors qui auraient bénéficié de ce premier choix. La Loterie ne s’applique que lors du premier tour. Pour le second (les choix 31 à 60), le pire bilan dispose du 31ème choix, le meilleur, le dernier.

Pourquoi Milwaukee n’a pas son choix cette année ?

On évoquait tout à l’heure le fait que Milwaukee ne choisirait pas de joueur en trentième position malgré le fait qu’ils aient de droit ce choix. Les choix, comme les joueurs, sont susceptibles d’être envoyés à une autre équipe, en échange d’un autre choix, ou d’un autre joueur.

Par exemple en 2018, les Hawks d’Atlanta ont envoyé Luka Doncic, choisi en troisième position à Dallas en échange de Trae Young (choix 5) et le tour de Draft 2019 des Mavs protégé top 5. Ainsi en 2019, Atlanta a bénéficié de son choix, le huitième, mais également de celui de Dallas, qui, s’ils n’avaient pas échangé ce choix auraient eu un joueur en dixième position.

Un évènement qui a son propre vocabulaire

La Draft a également des expressions, des termes et des rituels qui lui sont propres, et sont nécessaires pour comprendre de manière parfaite son fonctionnement. La protection est une option que peuvent prendre les équipes qui échangent leur choix. Prenons l’exemple de l’échange entre Atlanta et Dallas. Si Dallas avait eu un choix entre les choix 1 et 5, alors ils auraient gardé ce choix et auraient donné automatiquement celui de l’année 2020 ce qui se serait révélé une véritable aubaine pour les Mavs et une catastrophe pour les Hawks.

Les choix de Draft sont soumis à la règle Stepien, qui énonce qu’on ne peut échanger ses choix de Draft deux années consécutives. Si l’on échange son choix sur l’année 1, on ne pourra le faire que 2 ans plus tard lors de l’année 3. Cette règle est nommée en l’honneur de Ted Stepien, ancien propriétaire des Cavaliers, qui avait fait échanger ses premiers tours de Draft de 1981 à 1986 en l’espace de 3 ans, ratant Derek Harper, James Worthy, Detlef Schrempf, Roy Tarpley, Dennis Rodman et Sam Perkins, soit 2 joueurs au Hall of Fame et un triple All-Star…

Pour contourner cette règle, les équipes effectuent ce qu’on appelle un swap. C’est simplement un échange de choix entre deux franchises. Lorsque Paul George a été envoyé aux Clippers, Oklahoma City a (entre autres) récupéré les choix de Draft 2022 et 2024 de Los Angeles, et aura la possibilité en 2023 d’échanger son choix si la franchise le désire.

Le premier choix de Draft est appelé le first pick. Les projecteurs sont de fait très souvent braqués sur lui, et si d’une manière générale il répond aux attentes (LeBron James, Hakeem Olajuwon, Tim Duncan ont été des first picks), d’autres ne l’ont pas été (Kwame Brown, Andrea Bargnani, Anthony Bennett). Dans ce cas, cela s’appelle un bust.

Ce n’est pas parce que l’on dispose d’un choix de Draft pas très haut placé que l’on ne peut pas faire un grand coup. Pourtant All-Star et double défenseur de l’année, Rudy Gobert n’a été appelé qu’à la 27ème position de la Draft 2013, une place plus haut que Tony Parker en 2001. Notons aussi Lance Stephenson (#40), Nikola Jokic (#41), Isaiah Thomas (#60) mais bien sûr, et c’est le plus marquant, Manu Ginobili, choisi en 57ème position en 1999. Félicitations, votre franchise vient de réaliser un steal.

Rudy Gobert drafté en 2013 - Getty Images

Rudy Gobert drafté en 2013 – Getty Images

D’autres termes sont notables mais ont moins d’importance, par exemple le terme de lottery pick pour dire qu’un joueur est choisi entre les places 1-14 ou la green room qui désigne les jeunes invités par la Ligue lors de la soirée de la Draft.

Pourquoi la Draft est-elle importante ?

La Draft est importante tant pour les équipes que les jeunes joueurs. Pour les jeunes, il s’agit comme évoqué précédemment de la porte d’entrée en NBA. Si votre parcours en NCAA ou à l’étranger a tapé dans l’œil des équipes, alors vous tenez là certainement votre chance d’entrer dans la Grande Ligue.

Pour les équipes, c’est l’occasion de renforcer son équipe ou même de choisir sa star de demain. Certaines franchises sont un petit marché et n’ont donc pas l’occasion de recruter des grands joueurs.  Récemment, les Bucks ont ainsi pu drafter Giannis Antetokounmpo en 2013, les Pacers ont eu Paul George en 2010, et pour des équipes peu attractives, la Draft représente souvent la seule possibilité de trouver sa perle rare.

La Draft peut faire changer une équipe de dimension, mais il arrive que certaines fassent de mauvais choix regrettables encore aujourd’hui. En 1984, Portland utilise son deuxième choix pour sélectionner le pivot Sam Bowie. Les Chicago Bulls ne se sont pas fait prier, et ont choisi en troisième position un certain… Michael Jordan. Le reste appartient à l’histoire.

Bien qu’atypique pour les Européens, même si l’atmosphère ne sera pas la même que d’habitude et la promo 2020 n’a pas l’air aussi brillante que l’année dernière, la Draft n’en reste pas moins excitante à suivre. Qui sait, peut-être que votre équipe changera complètement de visage ? Rendez-vous le mercredi 18 novembre.

Eliott Conway

 


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