Nous suivre
Cyclisme

Qui est Anthony Turgis, le guerrier des Flandriennes ?

Antonin Gizolme

Publié le

Qui est Anthony Turgis, le guerrier des Flandriennes ?
Photo Total Direct Énergie

CYCLISME – Issu d’une famille de cycliste, Anthony Turgis semble enfin pouvoir s’installer durablement dans la lutte pour les victoires sur les Classiques. Ce dimanche, sur le Tour des Flandres, il faudra compter sur celui qui rêve de lever les bras, pour lui, et pour ses frères. Retour sur le parcours du cycliste de 26 ans. 

Promis à un grand avenir

Issu d’une fratrie de coureur avec ses frères Jimmy et Tanguy, le destin d’Anthony dans le vélo semble déjà tout tracé. En 2010, le jeune coureur se distingue en devenant champion de France sur route chez les cadets, avant de se parer d’argent en cyclo-cross dans la même catégorie. Deux ans plus tard, il continue sa folle ascension en juniors. Il s’empare d’abord de la deuxième place de Paris-Roubaix avant de devenir vice-champion d’Europe sur route. En 2014, Anthony Turgis triomphe sur Liège-Bastogne-Liège espoirs, devant le Belge Dylan Teuns. Dans le même temps, il devient médaillé de bronze aux championnats d’Europe sur route. C’est donc ultra logiquement que le jeune coureur rejoint la Cofidis pour débuter sa carrière professionnelle. Le coureur de 26 ans n’a pas réalisé de performances mémorables, mais a enlevé les Boucles de la Mayenne, la Classic Loire-Atlantique ou Paris-Chauny.

Il faut dire aussi qu’il n’a pas été verni par les blessures, notamment sa clavicule gauche, capricieuse. En ce sens, l’adepte des Classiques n’a pas pu enchainer les courses, mais a signé une belle deuxième place sur À Travers les Flandres en 2019, derrière un certain Mathieu van der Poel. Après plusieurs moments de galère, le vent semble avoir tourné, mais cette fois, en faveur du Français.

2021, l’année de la gloire ?

Anthony Turgis a souvent été absent des Classiques, notamment à cause de ses blessures. Mais cette année, le coureur de la Total Direct Energie est parti sur les chapeaux de roue. Dixième de Milan-San Remo, deuxième de Kuurne-Bruxelles-Kuurne, 9ème de Gand-Wevelgem et 8ème d’A Travers les Flandres, il performe lors des premières Classiques. Mais ce début de saison est loin de tomber comme un cheveu sur la soupe. Depuis toujours, il veut briller sur ces courses, et il veut triompher sur une Classique. En 2020, il n’était pas passé loin. Quatrième du Tour des Flandres à hauteur d’Alexander Kristoff, huit secondes derrière les mastodontes van der Poel et Van Aert. Cette année encore, les deux cadors seront là, Julian Alaphilippe aussi.

Et justement. Est-ce que la place donnée à tous ces favoris ne peut-elle pas se révéler bénéfique pour Turgis ? Loin de la lumière des projecteurs, il semble dans la forme de sa vie. Et ça ne fait pas de doute, même au sein de son équipe. Son compagnon de route Adrien Petit le dit, « depuis le Tour des Flandres 2020, on le sent sûr de lui ». Aussi, son rôle de leader et son calme ahurissant lui permettent de rêver de réaliser quelque chose de grand. Ce dimanche, évidemment, il sera dur de déloger les deux cadors devant, mais Anthony Turgis sera animé d’une envie de gagner, pour lui, mais pas que.

Ses frères dans la tête

Chez les Turgis, le cyclisme est une histoire de famille. Et c’est grâce à leurs parents, issus de deux familles de cyclistes, et qui se sont rencontrés à l’entrainement, qu’Anthony et ses frères ont été initiés au vélo depuis toujours. L’histoire aurait pu être belle. Pourtant, Jimmy (29 ans) et Tanguy (22 ans) ne pourront jamais vivre leur rêve. Les deux coureurs pros, sont contraints d’arrêter leur carrière en 2018 pour le premier cité, puis en 2020 pour le second, suite à un problème cardiaque héréditaire. Les trois frères n’auront couru qu’une seule fois ensemble, au sein de la Cofidis sur le Tour de l’Ain en 2017.





Aujourd’hui, le trio ne peut courir ensemble que six heures par semaines, à faible allure, et se retrouve parfois sur les routes pavés, « pour le plaisir de retrouver des sensations ». Alors évidemment, pour Anthony, ses deux frères sont une source de motivation, même au bord de l’épuisement. Une manière de trouver une raison de continuer de pédaler, quand vous êtes largué ou que le corps ne peut plus avancer. Et Anthony le dit bien « si je réussis, un jour, ça sera pour eux ». Alors dimanche, il va une nouvelle fois rêver de triompher sur une Classique. Pour y arriver, il sera évidemment seul sur son vélo, mais sera, sans aucun doute, porté par ses frères.

Antonin Gizolme

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *