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Qui est Matias Remue, le Belge qui se fait une place au Stade Toulousain ?

Flo Ostermann

Publié le

Qui est Matias Remue, le Belge qui se fait une place au Stade Toulousain
Photo Icon Sport

Portrait de Matias Remue, jeune arrière belge du Stade Toulousain, talent polyvalent et prometteur qui s’impose progressivement en Top 14.

Le Stade Toulousain n’en finit plus de faire émerger des talents. Après avoir vu défiler les Ntamack, Ramos, Lebel et autres Gourgues plus récemment, c’est désormais un jeune joueur venu d’un pays où le rugby reste encore en retrait qui attire les regards : Matias Remue, 22 ans, arrière belge aussi discret que prometteur, qui se fait doucement mais sûrement une place dans l’effectif professionnel. Portrait d’un joueur atypique, aussi travailleur que talentueux.

De Bruxelles à Toulouse, un parcours loin des sentiers battus

Né à Bruxelles en 2003, Matias Remue découvre le rugby au Royal Kituro, l’un des clubs formateurs les plus dynamiques du pays. Très tôt, il se distingue par sa vitesse, sa technique et un sens du jeu qui sautent aux yeux. En Belgique, où le vivier est plus restreint, les talents percent vite : Remue est repéré dès les catégories jeunes et enchaîne les sélections nationales, autant à XV qu’à VII.

Ce terrain de jeu moins exposé lui donne une forme de liberté : Matias Remue apprend à jouer tous les ballons, à prendre des initiatives, à lire le jeu avant de le subir. Des qualités qui séduisent, au point que le Stade Toulousain ouvre ses portes au jeune Belge en 2022. À 19 ans, il quitte son pays, sa famille, son environnement, pour le club le plus titré d’Europe. Un vrai saut dans l’inconnu, dans lequel il est accompagné par son frère jumeau, Florian, qui évolue cette saison dans les rangs de l’Avenir Valencien (Nationale 2).

Une ascension rapide chez les Espoirs

Arrivé en Haute-Garonne, Matias Remue doit tout reconstruire : nouveaux repères, nouveau rythme, nouvelle intensité. Mais il s’adapte vite. Très vite, même. En Espoirs, il s’impose presque naturellement, jusqu’à devenir l’un des hommes forts du groupe. Le titre de champion de France Espoirs vient d’ailleurs valider le travail accompli.

Ce qui marque les entraîneurs ? Sa polyvalence : arrière de formation, il peut aussi évoluer à l’ouverture, poste qu’il occupe par ailleurs avec la sélection nationale belge. Sa justesse technique, qui dénote pour un joueur aussi jeune. Et surtout, son sens de l’initiative, typique des profils formés dans des environnements moins normés.



Progressivement, son nom circule du côté du staff professionnel. On le teste, on le suit, on l’intègre aux séances. Toulouse n’est pas un club qui brûle les étapes, mais quand un joueur répond, la porte finit toujours par s’ouvrir.



Un premier match qui change tout

Cette porte s’ouvre réellement en novembre 2024, face à Perpignan. Le Stade Toulousain doit composer avec plusieurs absences et décide de lancer Remue dans le grand bain du Top 14. Non seulement il joue… mais il est titularisé d’entrée à l’arrière. Un signe fort.

Sur la pelouse, Matias Remue ne se cache pas. Il joue simple, mais il joue juste. Son jeu au pied rassure, ses relances créent du mouvement, sa vitesse trouble les défenseurs. Beaucoup découvrent alors ce Belge inconnu qui, visiblement, n’est pas là par hasard.

Ce premier match ne reste pas isolé. Après quatre autres apparitions en championnat la saison passée, il a de nouveau été aperçu à deux reprises depuis le début de l’exercice en cours. Sans faire de bruit, il gagne du temps de jeu et la confiance du staff. Dans un club où la concurrence est féroce à chaque poste, cela en dit long.

Le 29 novembre dernier, lors de la démonstration stadiste face au Racing 92 (48-24), le Bruxellois d’origine a même inscrit son premier essai en Top 14, au terme d’un slalom géant dans la défense francilienne. Tout en relâchement, mot qui colle parfaitement à sa façon d’être sur un terrain de rugby.

Un profil moderne, adaptable et ambitieux

Physiquement, Remue n’est pas un monstre mais possède ce qu’il faut : vitesse, appuis, coordination, et surtout une vraie capacité à lire les espaces, comme ce fut le cas face à des Racingmen dépassés. À l’arrière, il apporte un mélange de sérénité et d’audace ; à l’ouverture, une vision de jeu appréciable et un pied fiable.

Son rugby est vif, mobile, créatif. On le voit chercher les décalages, casser des lignes grâce à ses appuis courts, relancer depuis l’arrière dès qu’il en a l’occasion. Un style à la toulousaine, en somme : entreprenant, vivant, porté vers l’avant. Qui n’est pas sans rappeler celui de son aîné, Thomas Ramos.

Mais ce qui marque encore davantage, c’est son mental. Loin de son pays, plongé dans un environnement ultra-exigeant, il progresse semaine après semaine, sans brûler les étapes, mais sans jamais freiner non plus. Son pays, justement, a bien failli créer l’exploit en novembre dernier, lors du tournoi de repêchage au Mondial australien.

La sélection belge, dont les joueurs sont surnommés les Diables Noirs, a bien failli décrocher son billet pour sa première Coupe du monde, seulement devancée par les Samoans, malgré un match nul face à ces derniers, après avoir battu — sans bonus — la Namibie et le Brésil, au contraire des Iliens. Matias Remue a joué un rôle prépondérant dans le parcours héroïque des joueurs d’outre-Quiévrain.

« Il y avait beaucoup de déception. J’ai dû rapidement basculer sur le championnat, mettre de côté toute cette frustration. Mais je suis très fier de l’équipe de Belgique. J’ai joué avec mon frère (Florian, passé par les Espoirs de Toulouse) et beaucoup d’amis, ça rajoute un supplément d’âme de représenter sa nation avec des personnes que tu aimes et que tu connais depuis longtemps », déclarait-il à nos confrères de L’Équipe, récemment. Un dénouement cruel, mais un switch immédiat, qui prouve son caractère bien trempé.

Matias Remue avec la Belgique lors du tournoi de repêchage pour la Coupe du monde 2027

Matias Remue avec la Belgique lors du tournoi de repêchage pour la Coupe du monde 2027 – Photo via Belgium Rugby/World Rugby

Pourquoi on risque d’entendre parler de lui

Parce que les profils comme le sien attirent toujours l’œil. Parce qu’il a déjà montré qu’il pouvait assumer le niveau Top 14. Parce que Toulouse, qui sait reconnaître les joueurs qui montent, continue de lui faire confiance.

Et, surtout, parce qu’il est l’un des rares joueurs belges à se faire une place dans l’élite. Ce statut d’outsider, de pionnier presque, lui donne un supplément d’âme et de motivation. Le club, lui, voit en lui un joueur capable de progresser encore, capable de devenir un vrai joker polyvalent à l’arrière comme à l’ouverture, voire plus si l’évolution suit son cours, une évolution qui va ralentir ces prochaines semaines, la faute à une fracture du poignet contractée fin novembre.

À 22 ans, Matias Remue n’a pas encore tout montré, loin de là. Mais ce qu’il montre déjà suffit à comprendre qu’il n’est pas un simple joueur de passage. Son intégration, sa marge de progression et son profil technique laissent entrevoir de belles choses pour les prochaines saisons.

Au Stade Toulousain, certains jeunes poussent fort. Lui pousse dans le bon sens. Et, il n’est sans doute qu’au début de son histoire en rouge et noir.

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