Qui est Vozinha ? Le gardien de 40 ans qui a écœuré l’Espagne à la Coupe du monde 2026
COUPE DU MONDE DE FOOTBALL 2026 – Focus sur le parcours atypique du gardien vétéran Vozinha, qui s’est fait un nom à 40 ans en permettant au Cap-Vert de tenir en échec l’Espagne (0-0) mardi.
Certains héros ne portent pas de capes, mais seulement des gants. Vozinha est l’un d’entre eux. Inconnu au bataillon il y a encore 24 heures, le gardien cap-verdien n’a eu besoin que de 90 minutes pour se faire un nom. Preuve en est, alors qu’il comptait environ 50 000 abonnés sur Instagram lundi après-midi, il en compte près de 6 millions moins de 24 heures plus tard !
Vozinha, héros du Cap-Vert face à l’Espagne
Du haut de ses 40 ans, Vozinha n’était pourtant pas destiné à devenir l’une des stars de ce Mondial. Mais pour ce qui était le premier match de l’histoire du Cap-Vert dans la compétition, le garçon a tout simplement signé le plus grand match de sa carrière en frustrant le champion d’Europe espagnol. Hermétique tout au long de la partie, il a sublimé la performance collective des Requins Bleus en cumulant la bagatelle de 7 arrêts pour arracher un historique match nul (0-0). Une belle récompense pour l’un des piliers de cette sélection, dont il porte le maillot depuis 2012.
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En effet, avant son avènement, et celui de toute une génération menée notamment par l’ancien Havrais et Lillois Ryan Mendes, le Cap-Vert était une sélection lambda du continent africain. Incapable ou presque de se qualifier à la moindre CAN jusqu’à la fin des années 1990, elle s’était ensuite constamment cassé les dents au premier tour.
Jusqu’à cette édition 2013 historique, où Vozinha et ses partenaires ont atteint les quarts de finale. Depuis, les Cap-Verdiens sont une véritable menace continentale, et désormais internationale, comme l’a prouvé leur entrée en matière dans la plus grande compétition au monde.

Josimar, Valdano et « petite grand-mère »
Le destin de Vozinha est donc absolument dingue, tant le bonhomme n’était pas prédestiné à vivre un tel moment. Né en 1986 au pays, il est venu naturellement au football. Il faut dire que son père était un mordu de ballon rond, au point que cela se traduisit sur l’état civil de son garçon, nommé Josimar José Évora Dias.
Le prénom de Josimar est une référence directe au latéral brésilien éponyme, qui avait brillé avec le Brésil lors de la Coupe du monde 1986. Un choix de repli, puisque Valdano, en référence à l’Argentin Jorge Valdano, était le choix numéro un. Sauf que les autorités ne l’avaient pas validé. Sur le site de la FIFA, Vozinha avait confirmé cet amour partagé avec son père pour le football lusophone en général.
Les Cap-Verdiens aiment soutenir les pays lusophones, notamment le Brésil et le Portugal. Mon grand-père supportait le Brésil, parce qu’ils étaient vraiment forts. On était vraiment passionnés de football.
Biberonné au ballon rond, il a ainsi fait ses armes dans les rues du pays. C’est aussi là qu’il a glané son surnom de Vozinha, qui signifie « petite grand-mère » en créole portugais. Un sobriquet que d’autres garçons lui avaient donné lorsqu’il séjournait chez ses grands-parents. Souvent malmené en raison de son frêle physique, il se réfugiait alors chez lui sous les moqueries de ses camarades. Ce surnom lui est resté depuis, et la revanche est d’autant plus belle.

De banquier à gardien du Cap-Vert : la carrière atypique de Vozinha
Devenu gardien de but, il s’est formé dans le championnat local patiemment et a longtemps attendu son heure. En effet, Vozinha est devenu professionnel à l’âge de 26 ans, en saisissant l’opportunité de rejoindre le club angolais du Progresso do Sambizanga, basé dans la capitale Luanda. Auparavant, il évoluait anonymement dans le championnat local, tout en travaillant en parallèle en tant que banquier.
Durant ses trois années en Angola, il a rejoint les rangs des Requins Bleus et a commencé à attirer des regards extérieurs. En 2015, suite à un bref retour au pays pour remporter le championnat national avec Mindelense, Vozinha a signé son premier contrat en Europe à 29 ans, au sein du modeste club moldave du Zimbru Chișinău.
Cela lui a permis de véritablement lancer sa carrière au plus haut niveau. L’année suivante, il a eu l’occasion de livrer une saison complète au sein de l’élite portugaise avec le Gil Vicente, avant de poser ses bagages à l’AEL Limassol, à Chypre. Durant cinq ans, le portier cap-verdien a régulièrement côtoyé les Coupes d’Europe, tout en accrochant à son palmarès une coupe nationale.

« J’ai pensé à prendre ma retraite internationale »
Son périple s’est ensuite prolongé en Slovaquie, à Trenčín. Une expérience mitigée, qui l’a conduit au bout de deux ans à retrouver le Portugal, mais cette fois en deuxième division, avec le GD Chaves. En fin de contrat cet été, il a donc débarqué en Amérique du Nord sans club.
Au vu de son pedigree, cette participation à la Coupe du monde représentait un accomplissement inespéré à un âge aussi avancé. D’autant plus qu’il est passé à deux doigts de raccrocher les gants l’an dernier suite à la non-qualification des Requins Bleus à la CAN, comme il l’avait confié au site Goalkeeper :
C’était très dur. J’ai pensé à prendre ma retraite internationale. Tous mes coéquipiers m’ont parlé et m’ont encouragé à rester en raison de la Coupe du monde. C’est l’unique raison qui m’a fait continuer, parce que c’était mon rêve, notre rêve à tous.
Et il lui aura donc fallu un seul match pour que sa carrière soit transfigurée. De gardien anonyme à héros planétaire, Vozinha a déjà réussi sa Coupe du monde. Mais l’idylle est encore loin d’être terminée. En ayant accroché un point inespéré face à l’Espagne, le Cap-Vert peut se mettre à rêver d’un potentiel 16e de finale. Pour cela, tout un peuple comptera encore une fois sur sa « petite grand-mère ».
🌎🇨🇻 OFFICIAL: Vozinha wins FIFA Man of the Match Award for Spain-Cape Verde. 👏🏼 pic.twitter.com/tIGNhmXXMn
— Fabrizio Romano (@FabrizioRomano) June 15, 2026


