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Athlétisme

Renaud Lavillenie : « Je vais faire faire le maximum pour aller à Paris 2024 »

Killian Tanguy

Publié le

Renaud Lavillenie « Je vais faire faire le maximum pour aller à Paris 2024 »
Photo Icon Sport

SAUT À LA PERCHE – Actuellement en convalescence après une rupture partielle du tendon de l’ischio-jambier de la cuisse gauche, Renaud Lavillenie en profite pour faire la promotion de son autobiographie « Je ne regrette (presque) rien » (Éditions Solar). Il nous a accordé une interview d’une dizaine de minutes pour revenir sur quelques moments marquants de sa carrière et bien sûr parler des Jeux Olympiques de l’an prochain qu’il espère disputer.  

Comment allez-vous en cette période de rééducation ?

Je me suis fait opérer, il y a deux mois. Dans l’ensemble, ça va plutôt bien. C’est une période où il faut être encore très patient. Pendant un mois, je n’ai pas l’autorisation de tirer sur la zone. Mais, a priori, le tendon cicatrise plutôt bien et je commence à restimuler la zone nerveusement et musculairement pour être prêt quand j’aurai le feu vert du chirurgien. 

Votre autographie s’intitule « Je ne regrette (presque) rien ». Quel est ce « presque » ?

Ce « presque », il faut savoir le nuancer et le découvrir dans le livre. Si je le dis maintenant, après, il n’y aura plus intérêt à le lire (rires). C’est toute la puissance de cette nuance. En fonction des moments que j’ai vécus, il y a des choses que je pourrais être amené à regretter. Mais dans l’ensemble, je n’ai jamais été quelqu’un qui regrette, mais ce sont des petits détails à percevoir.

Vous avez vécu deux succès très marquants dans votre carrière : le titre olympique à Londres en 2012 et le record du monde à 6,16 m en 2014. Lequel est le plus important à vos yeux ?

Je ne peux pas choisir. Je me suis toujours dit que j’avais la chance d’avoir vécu les deux et donc de ne pas avoir à faire de choix. Ce sont deux contextes complètement différents, avec deux impacts qui sont tout aussi importants. Il y en a un qui est « être le meilleur le jour J face aux athlètes présents ». Et l’autre, c’est « être le meilleur dans l’absolu sans delta de temps ». Si je l’avais raté ce jour-là, j’aurais eu d’autres tentatives.

Armand Duplantis, dont vous êtes très proche, est la nouvelle tête d’affiche de l’athlétisme depuis qu’Usain Bolt est parti. Est-ce que cela fait du bien à votre discipline ?

Forcément. Mais ça fait du bien à l’athlétisme en général, même si ce n’est, peut-être, pas assez mis en avant malheureusement. Duplantis fait partie des stars et il est clairement dans le top 3 des athlètes incontournables du moment. Et puis le saut à la perche, ce n’est pas du sprint. C’est une discipline qui est extrêmement excitante et intéressante. En plus, humainement, il est vraiment top et vraiment adorable. Nous avons beaucoup de chance d’avoir quelqu’un comme lui à la tête de notre sport. 

Pour développer la discipline en France, il y a aussi le All Star Perche que vous organisez à Clermont-Ferrand. C’est quelque chose qui vous tient à cœur ?

C’est un projet extra-sportif en termes d’organisation, mais il m’est très important. J’y consacre beaucoup de temps et d’énergie. J’ai la chance d’avoir eu de très belles récompenses : ça m’a permis de franchir 6 mètres à deux reprises en neuf éditions (2016 et 2021) et j’ai aussi été couronné par le record du monde d’Armand cette année (6,22 m, battu depuis). Surtout, je suis fier de voir que l’événement suscite énormément d’engouement et d’intérêt, ça veut dire qu’il a sa place et qu’il y a raison à le faire perdurer.





Avec sa performance lors des derniers Mondiaux (5ᵉ avec 5,90 m), Thibaut Collet est presque assuré de disputer les JO. Quelle est votre relation avec lui ?

J’ai une très bonne relation avec lui. C’est quelqu’un avec qui je m’entends très bien. Quand je m’entraînais (sourire), on s’entraînait ensemble. Il est évident qu’en 2023, c’est le meilleur perchiste en France et il est en train de se dessiner, je l’espère pour lui, un bel avenir. Il a fait une très belle performance à Budapest et ça va être intéressant de voir comment il va continuer sur sa lancée en 2024. Ce qui est vraiment important, c’est qu’en saut à la perche, on a toujours eu des résultats. J’ai été le fer de lance, mais derrière moi, il y avait toujours d’autres athlètes français qui performaient. Thibaut continue sur ma lancée et c’est bien pour la discipline.

Les Jeux Olympiques sont très importants pour vous. Les Jeux de Rio en 2016, où vous terminez deuxième derrière Thiago Braz et où vous êtes sifflé par tout le stade quand vous vous élancez, sont un mauvais souvenir dans votre carrière ?

C’est un souvenir très particulier. J’ai toujours accepté la place, car c’est une compétition. Mais c’est tout l’à-côté qui a été vraiment dur à gérer sur certains moments. Mais j’ai eu la chance de revivre des grands moments derrière et ce n’est pas ma seule expérience olympique. Ce n’est pas l’une des compétitions que j’ai envie de mettre en avant. C’est pour cela que je veux continuer, pour vivre d’autres expériences et émotions. 

Surtout qu’il a récemment été provisoirement suspendu pour l’utilisation d’un produit interdit.

Oui, ça fausse un peu le sentiment. Malheureusement pour moi, ça fait partie du jeu et heureusement pour moi, des instances internationales de lutte antidopage effectuent leur travail. Si ça peut déboucher sur quelque chose, tant mieux, sinon, c’est comme ça. Le moment a été fait et vécu et on ne pourra revenir dessus. Il faut l’accepter et avancer.

Paris 2024 reste le prochain gros objectif ?

Oui bien sûr. C’est un objectif qui est très important, même si, pour moi, c’est une situation particulière parce qu’il y a le retour de blessure, donc il faut quand même tout bien remettre sur pied pour être efficace. Et puis, j’ai tout de même cette chance d’avoir déjà vécu trois Jeux Olympiques. Le fait qu’ils aient lieu à Paris donne une importance très particulière, mais quoi qu’il arrive, les Jeux Olympiques sont extrêmement disputés. Tout le monde veut y aller et ce n’est pas parce que les Jeux Olympiques sont à l’autre bout du monde que l’on se dit que ce n’est pas grave si on n’y va pas. J’ai des ambitions à la hauteur de l’événement. Je vais faire faire le maximum pour y aller et puis, si tout se passe bien, je sais ce qu’il me reste à faire sur place. Pour la première fois, je suis dans une situation où le plus dur va être avant et pas pendant. J’ai quand même hâte d’être à ce moment-là parce que c’est un défi qui me semble très excitant et à ma portée.

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