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Rétro : Marina Anissina et Gwendal Peizerat champions olympiques de danse sur glace

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Alors que les Jeux Olympiques de Pyeongchang arrivent à grands pas et que les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron font figure de favoris, retour sur la carrière de Marina Anissina et Gwendal Peizerat avec en point d’orgue le sacre olympique en 2002.

Deux couples français sont parvenus à décrocher l’or olympique en patinage artistique : Andrée Joly et Pierre Brunet en 1928 et 1932 dans la catégorie couples et 70 ans plus tard, Marina Anissina et Gwendal Peizerat en danse sur glace.

Marina Anissina et Gwendal Peizerat ont évolué ensemble durant dix ans de 1993 à 2002 sous la houlette de Muriel Boucher-Zazoui qui a toujours entraîné Gwendal Peizerat. Ils possèdent l’un des plus beaux palmarès français en danse sur glace : champions de France à six reprises, ils sont également doubles champions d’Europe, champions du monde et bien sûr champions olympiques.

Jeux Olympiques

   2002
   1998

Championnats du monde

   2000
    1998, 1999, 2001

Championnats d’Europe

   2000, 2002
   1999, 2001
   1998

 

Finale du Grand Prix ISU

   1999/2000
   1998/1999, 2001/2002
   1995/1996, 1996/1997, 1997/1998

Championnats de France

   De 1996 à 2001

   1994, 1995

Alors que sa partenaire de toujours Marina Morel décide d’arrêter la compétition en 1993, Gwendal Peizerat recontacte alors une adversaire russe, Marina Anissina, qui l’avait contacté quelques temps auparavant pour danser avec lui. Quinze jours plus tard, elle arrivait à Lyon avec un visa touristique pour faire des tests. Les essais s’avèrent concluants et si elle pensait repartir à Moscou avec Gwendal, c’est finalement elle qui s’installera de manière définitive à Lyon, seule. Elle parlait à peine le français, sa mère ne l’a rejoint que deux ans après et son père jamais.

Amis, « ils s’engueulaient tout le temps » selon les dires de Gwendal Peizerat : « Ce n’est pas toujours facile de passer ses journées dans les bras l’un de l’autre quand on n’est que collègues de travail ». Si Gwendal est très à l’aise avec les médias contrairement à sa partenaire qui s’exprime très peu (notamment à cause de la barrière de la langue), en coulisses, c’est elle qui mène la danse. La Moscovite au fort caractère n’hésite pas à imposer ses choix artistiques. Elle n’avait aucun scrupule à réprimander son partenaire en public si son exécution technique n’était pas à son goût.

Les fruits de cette association n’ont pas tardé à se voir : ils ont été vice-champions de France de 1993 à 1995 et ont remporté le Trophée de France (qui fait partie du circuit Grand Prix ISU) lors de la saison 1994-1995. Les titres se sont ensuite enchaînés et l’année 2000 a été une année marquante pour le couple champion de France, d’Europe, du monde et vainqueur de la finale du Grand Prix ISU. D’ailleurs, pour Gwendal Peizerat, le titre de champion du monde 2000 fait partie de son « top 2 » avec le titre olympique. En effet, les championnats du monde 2000 se sont déroulés à domicile à Nice. Annoncés comme les favoris de la compétition, ils n’avaient pris « que » la deuxième place du programme original après avoir été classés premiers à la danse imposée. Avant la danse libre, le bruit était tellement fort dans les gradins qu’ils n’ont pas pu se parler à l’échauffement et ont dû s’échanger les consignes du regard.

 

Le sacre olympique

Médaillés de bronze en 1998, le couple français visait l’or à Salt Lake City.
Leurs principaux adversaires étaient les Russes Irina Lobacheva et Ilia Averbukh et les Italiens Barbara Fusar-Poli et Maurizio Margaglio, champions du monde en titre. Au terme des deux journées de compétition qui ont été très serrées, les Français étaient en tête. En effet, ils ont obtenu la meilleure note à tous leurs passages (deux danses imposées et danse originale), n’étant classés deuxièmes que par un juge sur chaque danse.

La pression était donc grande avant le programme libre, d’autant plus que les Français avaient le désavantage de danser en premier, alors que les Russes devaient conclure. Les Italiens ont été évincés de la course au titre puisqu’à leur passage, Maurizio Margaglio a trébuché sur des petits pas rapides : les Italiens ont obtenu la médaille de bronze. Tout se jouait donc entre les Russes et les Français.

Les Français ont donc ouvert le bal sur « Liberta ». Gwendal représentait l’humanité oppressée et Marina la liberté. Au cours de leur danse ils ont réalisé leur signature personnelle, à savoir le porté inversé où Marina porte Gwendal.

Verdict des juges : 5 premières places et 4 deuxièmes places. D’excellentes notes mais qui laissaient encore la possibilité aux Russes de repasser devant en cas de performance exceptionnelle.

« L’attente a été une torture, on a prié. »

Les Russes ont conquis le public et le jury sur une musique jouée au clavecin et dédiée aux victimes des attentats de New York du 11 septembre 2001. Résultat : 5 deuxièmes places et 4 premières places, à un vote près, les Russes se classent derrière les Français et obtiennent l’argent. Les deux duos étaient quasiment aussi talentueux l’un que l’autre et la mince différence s’est faite sur les qualités techniques et la fluidité.

70 ans après Andrée Joly et Pierre Brunet, Marina Anissina et Gwendal Peizerat étaient sacrés champions olympiques. 18 ans après les Britanniques Jane Torvill et Christopher Dean, ils sont devenus le deuxième couple non soviétique à remporter le titre olympique en danse sur glace.

« Ma mère est venue avec moi en France. C’est elle qui m’a mise sur la glace et je voudrais la remercier, ainsi que mon père. » a déclaré Marina Anissina, elle qui a quitté sa Russie natale du jour au lendemain pour s’installer dans le sud de la France. Cette médaille, elle en rêvait depuis l’âge de neuf ans et elle a tout sacrifié pour se l’offrir : son pays, sa famille, ses amis. C’est de là qu’elle puise son incroyable force de caractère.

« Comme en montagne, on s’arrête quand on est en haut. On garde de l’énergie pour la redescente »

Gwendal Peizerat a décidé d’arrêter sa carrière alors qu’il était arrivé au sommet. Il a notamment créé sa société et été conseiller régional. « Quand on a eu l’or aux championnats du monde et aux JO, qu’est-ce qu’on peut avoir de plus en patinage? Cette fois oui, je suis comblée » a déclaré Marina Anissina. Ils ont honoré leurs engagements en allant aux Championnats du monde à Nagano au Japon deux mois plus tard. Ils ont participé à la tournée française et à la tournée américaine avant de raccrocher les patins.

 

En danse on est deux, il faut savoir arriver à soutenir son partenaire mais aussi accepter ses propres erreurs et la critique de l’autre. La raison de notre succès avec Marina Anissina, c’est d’avoir réussi à faire, en dix ans de compétition, une seule entité, une troisième personnalité qui est le couple qui évolue sur la glace.

Journaliste/rédactrice depuis septembre 2015 - Supportrice de Chelsea, mes sports de prédilection sont le handball, l'athlétisme et le tennis. Si je tweete plus vite que mon ombre, vous pouvez aussi me retrouver les week-ends sur les playgrounds de Bruxelles pour un petit foot ou basket entre potes. Parcourir la France, l'Europe et plus si affinités pour suivre mes sportifs préférés ? Mon kif ! Et c'est avec plaisir que je partage les résultats des sports populaires mais également plus confidentiels pour Dicodusport.

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