Le Rolex Paris Masters à la Défense Arena, qu’est-ce que cela va changer ?
ROLEX PARIS MASTERS – Clap de fin. Trente-huit ans après y avoir posé ses valises, le Rolex Paris Masters vit ses dernières heures à l’Accor Arena. Le dernier Masters 1000 de la saison, événement à ne manquer sous aucun prétexte pour les joueurs en quête des derniers billets qualificatifs pour les Finales ATP, dit adieu au 12e arrondissement de Paris et à cette salle historique. L’année prochaine, le tournoi parisien migrera vers l’ouest, en direction de Nanterre et La Défense Arena.
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Un changement presque contraint, destiné à garantir la pérennité de ce tournoi et son statut de Masters 1000, face aux exigences toujours plus drastiques de l’ATP. Pour éviter une descente aux enfers comme l’a connu le tournoi de Hambourg, rétrogradé en ATP 500 à l’aube de la saison 2009, le Rolex Paris Masters se devait de déménager. Et en guise de nouvel eldorado, quoi de mieux que la plus grande salle de spectacle d’Europe et les nombreuses opportunités qu’elle offre.
Une augmentation du nombre de courts annexes
Les plus nostalgiques regretteront sans doute les deux petits courts annexes du tournoi de Bercy, et leurs deux portes dérobées que seuls les plus connaisseurs savaient localiser. Une fois le seuil franchi, ils profitaient d’une expérience unique. Une aventure presque intime avec des joueurs, parfois classés dans le top 20 mondial, mais trop peu médiatisés pour espérer jouer sur le central.
Ces deux petits courts, dont l’un était aménagé au-dessus d’une patinoire, ressemblaient davantage à un hangar qu’à une véritable salle de tennis. La hauteur sous plafond n’excédait guère les 15 mètres, les terrains étaient bordés par des tribunes ne pouvant accueillir que quelques centaines de spectateurs et le bruit continu de l’aération accompagnait celui des frappes qui, parfois, venait s’écraser contre ce plafond très bas.
Dans quelques jours, cette ambiance appréciée pour la proximité qu’elle offrait ne sera qu’un lointain souvenir. Tout comme les terrains d’entraînement situés à l’extérieur du palais de Bercy et autrefois installés dans les locaux du ministère de l’Économie. L’arrivée imminente à La Défense Arena devrait permettre de passer de deux à quatre courts annexes, avec des terrains d’entraînement désormais installés dans les sous-sols de l’enceinte. Un confort supplémentaire pour les joueurs, habitués tout au long de l’année à disputer des Masters 1000 au sein d’infrastructures parfois comparables à celles d’un tournoi du Grand Chelem.
🗣️ « Notre court central est magique »
Invité de « Retour Gagnant », Cédric Pioline, directeur du @RolexPMasters, a évoqué la 39e et dernière édition à Paris-Bercy du mythique tournoi parisien pic.twitter.com/2iN8T7QPwY
— Eurosport France (@Eurosport_FR) October 23, 2024
Plus de spectateurs
Qui dit augmentation du nombre de courts annexes, dit hausse de la capacité d’accueil. Fixé à 16 800 dans les locaux de l’Accor Arena, dont 15 000 uniquement pour le court Central, le nombre de places assises passera dès l’année prochaine à 23 000. Seize mille places pour le nouveau court Central de La Défense Arena, et 7 000 places pour les courts annexes. Un changement majeur pour des joueurs qui, à l’heure actuelle, sont habitués à évoluer devant 600 personnes tout au plus, lorsqu’ils sont programmés sur l’un des deux petits terrains annexes du palais de Bercy.
Une programmation moins contraignante
L’année dernière, Jannik Sinner annonçait son forfait quelques heures avant son huitième de finale face à Alex de Minaur, usé et éreinté physiquement par son deuxième tour qu’il avait terminé douze heures plus tôt, à 2 h 37 du matin. En 2022, Corentin Moutet s’imposait face à Cameron Norrie au terme d’un match âprement disputé et d’une balle de match convertie sur les coups de… trois heures du matin.
Ces fins de match au milieu de la nuit, le Rolex Paris Masters le doit à un programme très chargé entrainant de nombreux retards lorsque les rencontrent s’éternisent. Jusqu’à l’année dernière, le tournoi parisien programmait quatre matchs en journée, puis deux lors d’une night session censée débuter à 19 h 00. Bien souvent, cette dernière commençait plus tard que prévue et se terminait devant des tribunes clairsemées.

À partir de l’année prochaine, sur le site de La Défense Arena, l’augmentation du nombre de courts annexes va permettre de passer à un format plus léger de trois matchs en journée, suivis d’une night session toujours composée de deux rencontres. Les retards dans la programmation devraient ainsi être moins fréquents, ou a minima moins conséquents. Les têtes d’affiche programmées en night session termineront leurs rencontres à des horaires moins tardives, garantissant ainsi une meilleure équité concernant la récupération des joueurs.
Moins de matchs sur le Central, mais plus de rencontres au global. Les organisateurs du Rolex Paris Masters ont d’ores et déjà annoncé que l’édition 2025 se déroulera avec un tableau composé de vingt-huit paires de double, et non vingt-quatre comme c’est le cas actuellement. Conséquence, la programmation de quatre matchs supplémentaires au premier tour. Assistera-t-on à la même chose en simple ?
À l’heure actuelle, cela ne semble pas aller dans ce sens. Mais à compter de 2025, tous les Masters 1000, à l’exception du tournoi de Monte-Carlo et du Rolex Paris Masters, évolueront vers un tableau composé de 96 joueurs. Les deux tournois précédemment cités, eux, conserveront leur format actuel en six tours et 56 joueurs engagés. Mais qui sait, une première édition réussie à La Défense Arena pourrait donner envie à Cédric Pioline, actuel directeur du Rolex Paris Masters, de suivre l’évolution de ses pairs et ouvrir, à son tour, le tableau à de nouveaux joueurs.


