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Roller Hockey : Retour sur le sacre mondial des Bleues avec Marion Mousseaux

Maxime Cazenave

Publié le

Roller Hockey : Retour sur le sacre mondial des Bleues avec Marion Mousseaux
Photo Marco Guariglia / World Skate

ROLLER HOCKEY – Lundi dernier, l’équipe de France féminine de roller hockey a décroché son tout premier titre mondial à Roccaroso, en Italie. Une véritable récompense pour une équipe toujours placée, mais rarement récompensée durant la dernière décennie. Élue meilleure gardienne de la compétition, Marion Mousseaux revient avec nous sur ce sacre mondial historique.

En début de semaine, une nouvelle équipe de France est parvenue à décrocher un titre mondial. A leur avantage lors des Jeux Olympiques, les sports collectifs tricolores ont une nouvelle fois démontré leur valeur. Cette fois, c’est au roller hockey que les filles sont arrivées à renverser des montagnes pour offrir à la France sa toute première médaille d’or mondiale dans cette discipline peu mise en lumière.

98,1% d’arrêts sur le tournoi

Gardienne de cette équipe éclatante tout au long du tournoi, Marion Mousseaux est l’un des piliers de cette sélection qu’elle côtoie depuis une dizaine d’années. Véritable passionnée dès son enfance, la Montreuilloise n’a jamais tourné le dos au roller hockey depuis qu’elle en a fait la connaissance, comme elle nous le confie : « Je faisais du hockey sur glace quand j’avais sept ans, et puis j’ai commencé à faire du roller hockey avec des amis au sein du club de Paris XIII. Depuis vingt-et-un an maintenant, je n’ai pas arrêté de pratiquer ».

Après sa première médaille de bronze acquise en 2016, Marion Mousseaux a troqué cette dernière pour l’or, le tout en prenant une part prépondérante dans les succès de son équipe, grâce à une imperméabilité quasi totale. Sur la totalité du tournoi, elle présente ainsi un pourcentage d’arrêts affolant de 98,1 %, avec un seul but concédé, face à l’Argentine en quarts de finale. Pendant ce temps-là, ses coéquipières ont fait le boulot de l’autre côté en enfilant 48 buts.

Rassurante pour sa défense, la gardienne française a permis à son équipe d’engranger de la confiance au fil de la compétition, et en étant décisive, notamment face aux offensives espagnoles en finale. Une solidité qu’elle doit à sa confiance : « J’ai toujours confiance en moi, il est important de ne pas douter. Quand on a pris le premier but contre l’Argentine, l’équipe était plus hésitante mais je n’ai jamais mis en doute mes capacités. Au début de la compétition la hiérarchie était claire. J’étais la numéro une, et Laurine Cruaud était la gardienne remplaçante. Elle a été très importante ».

Un parcours exceptionnel pour arriver au sacre

A l’heure de débuter ces championnats du monde, l’équipe de France n’était pourtant pas forcément attendue à pareille fête. Décrocher une médaille de bronze aurait déjà été une très belle performance pour oublier la décevante 7ème place de 2019. Toutefois, dès la phase de poules, les filles de Jean-Baptiste Dell’Ollio ont posé les fondations de leur succès. Tout d’abord en encaissant aucun but, mais également en mettant une véritable raclée (5-0) aux États-Unis, triples tentantes en titre. « C’est la première fois qu’on a réussi à les battre et largement. Tout a été parfait. Cela a été au final plus compliqué à gérer ensuite puisque c’était difficile de réitérer la même performance ». La suite n’en fut que plus belle.





En quarts de finale, l’Argentine oppose une belle résistance, mais craque (3-1). Puis c’est la Colombie qui échoue à son tour à faire vaciller les Bleues (3-0). En finale, malgré l’énorme pression imposée par une Espagne redoutable, Marion Mousseaux et ses coéquipières se décarcassent pour arracher la victoire finale (1-0). Un succès historique qui récompense des années d’efforts : « Au bout de toutes ces années, c’est un véritable accomplissement pour toute l’équipe. C’est une compétition qui est sacralisée, qui représente l’aboutissement d’une carrière ».

« Il y a eu une ambiance géniale »

Un succès qui s’est bâti grâce au talent d’un effectif complet, mais également en partie par la bonne humeur qui a régné au sein du groupe : « Il y a eu une cohésion et une ambiance géniale du début à la fin. Je suis en équipe de France depuis 2009, et je n’avais jamais connu ça jusque-là. L’alchimie a été trouvée entre les plus anciennes et les plus jeunes ». Ce succès inattendu récompense des années d’efforts. Comme pour boucler la boucle, les Bleues remportent leur premier titre mondial sur les mêmes terres de Roccaroso en Italie, là où elles avaient glané leur première médaille de bronze dix ans plus tôt.

Pourtant, ce titre mondial a peu été relayé et mis en lumière. Le roller hockey souffre d’une sous-médiatisation qui n’est pas aidée par sa non-présence au programme des Jeux Olympiques. Le potentiel est là, puisque la discipline est vive et spectaculaire. Encore loin d’être professionnelle et en cruel manque de sponsors, cette dernière doit grandir avec des athlètes devant travailler à côté de leur activité de haut niveau.

Le skateboard aux Jeux Olympiques, et pourquoi pas le roller hockey prochainement ?

Cependant, l’espoir est là, et ce type de parcours peut faire naître des vocations selon Marion Mousseaux : « J’espère que cela va permettre aux petites filles qui ont entendu parler de nous ou qui ont regardé nos matchs de se dire qu’il y a la possibilité de pratiquer cette discipline, qu’il y a une équipe de France qui gagne. A mon niveau, je le vois dans l’établissement où je suis professeure d’EPS. Mes collègues ont suivi les rencontres et ont aimé voir le spectacle qui est proposé ».

Le skateboard, qui est dans la même fédération, a fait son entrée aux Jeux Olympiques à Tokyo 2020. Et si le roller hockey le suivait à l’avenir ? Cela donnerait un coup de pouce non-négligeable à un sport qui a besoin de plus de visibilité, et peut désormais compter sur une équipe championne du monde. Et ça, on ne le dira jamais assez.

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