Rugby International : Vers l’introduction d’une nouvelle compétition internationale en 2026 ?
RUGBY INTERNATIONAL – D’après les informations du média anglais The Times, World Rugby étudierait l’idée, en lien avec les fédérations internationales, d’introduire une nouvelle compétition internationale dès 2026. Ce Championnat du monde des nations se tiendrait les années paires, avec deux divisions distinctes, où un système de montées/descentes serait mis en place, avec un meilleur partage des revenus.
Le média anglais parle de « révolution dans le rugby professionnel ». Cette semaine, à Dublin, des réunions ont lieu entre World Rugby et plusieurs représentants des fédérations internationales. L’objectif de ces discussions est d’évoquer tout d’abord les villes hôtes choisies pour organiser les Coupes du monde masculines et féminines jusqu’en 2033, mais ce n’est pas le seul sujet des discussions.
Vers une refonte du calendrier actuel ?
Toutes ces parties prenantes travailleraient également dans l’optique de mettre sur pied une nouvelle compétition internationale, qui viendrait considérablement chambouler les calendriers internationaux actuels. Actuellement, les équipes nationales disputent plusieurs tournois majeurs chaque année, tels que les Six Nations pour les équipes européennes ou le Rugby Championship pour les nations de l’hémisphère sud. Depuis 2020, la Coupe d’Automne des Nations a fait son apparition sur la fenêtre automnale (novembre & décembre)
Dès 2024, voire 2026, le système pourrait encore évoluer. Une sorte de Championnats du monde des nations pourrait être organisé avec deux divisions distinctes. Dans la première division, on y retrouverait douze nations, les douze meilleures sélections mondiales à l’heure actuelle : les participants aux Six Nations (Angleterre, Pays de Galles, Écosse, France, Italie et Irlande), ainsi que six nations de l’hémisphère sud (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie, Argentine, Fidji et Japon). Dans la deuxième division, les nations émergentes du rugby international, dans une division nommée Challengers. Là encore, ce serait un mariage entre les nations de l’hémisphère nord (Géorgie, Roumanie, Espagne, Portugal et Pays-Bas) et les nations de l’hémisphère sud (Samoa, Tonga, Uruguay, Chili, Namibie), auxquelles on y ajoute les États-Unis et le Canada.
La compétition se déroulerait les années paires, pour éviter les périodes où les Lions Britanniques sont en tournée, ainsi que les années de Coupe du monde qui ont lieu durant les années impaires. Le classement serait basé sur les résultats des fenêtres internationales de juillet et de novembre. La phase finale de la compétition aurait lieu la dernière semaine de novembre, avec la grande finale et deux barrages de promotion/relégation entre les nations des deux divisions. Concernant le calendrier, chaque équipe de l’hémisphère nord affronterait une fois une nation de l’hémisphère sud, que ce soit à domicile ou à l’extérieur.
Exclusive @TimesSport
Rugby facing a critical week in its future as big bosses discuss in Dublin a model for the global calendar which we can reveal the full details of.
More to come on this from @AlexMLowe & me today
— Will Kelleher (@willgkelleher) May 9, 2022
De meilleurs revenus, mais plusieurs obstacles
Prenons un exemple concret. Dès juillet 2026, l’Angleterre pourrait faire une tournée dans l’hémisphère sud, en y affrontant consécutivement la Nouvelle-Zélande, l’Australie et les Fidji. Dans le même temps, le XV de France pourrait se rendre en Afrique du Sud, au Japon et en Argentine. En novembre, les matchs s’inversent, les Bleus accueilleraient la Nouvelle-Zélande, l’Australie et les Fidji, puis un classement final sera effectué. Les deux meilleures nations après ces six matchs disputés se rencontreraient ensuite dans une grande finale. Puis, les deux derniers de la première division affronteraient les deux premières nations de la deuxième division, pour des matchs de promotion/relégation. Durant l’année où les Lions Britanniques sont en tournée, les tournées traditionnelles reprendraient leurs droits, l’équipe de France irait en Australie, comme ce fut le cas l’an passé, pour y disputer trois tests face aux Wallabies.
Les parties prenantes de ce dossier ont identifié deux grands obstacles à la mise en place de cette compétition. Tout d’abord, c’est la question du partage des revenus. Actuellement, lorsque par exemple, le Pays de Galles reçoit les Fidji à Cardiff, la nation hôte de cette rencontre perçoit tous les revenus de la rencontre. Un système de répartition égal des revenus devrait être introduit, le Times estime que les revenus pour les fédérations augmenteraient de 40% par rapport aux revenus générés par le calendrier international actuel. Le deuxième obstacle concerne la mise à disposition des joueurs pour l’équipe nationale, qui est l’objet de vives discussions entre les fédérations et les ligues. Présentement, sur la tournée d’Automne, le Stade Toulousain libère Antoine Dupont pour jouer en équipe de France pour trois semaines internationales uniquement. Dans le cas où ce Championnat des nations serait introduit, les internationaux devront être libérés plus de semaines, ce qui là encore, donnerait lieu à des discussions entre la FFR et la LNR en France.
Vous l’aurez donc compris, nous sommes encore dans la phase des pourparlers, mais il semblerait bien que le calendrier international se prépare à un énième chamboulement, seulement deux ans après l’introduction de la Coupe d’Automne. Affaire à suivre.


