Samuel Cherouk : « Aller le plus loin possible et faire passer un message sur la pratique féminine»
L’un des entraîneurs de l’équipe de France Féminines, Samuel Cherouk, s’est confié au Dicodusport avant l’entrée en lice des Bleues dans le Mondial 2017 ce mercredi soir face au Japon (20h45).
La préparation du Mondial vient de s’achever, quel était l’objectif premier de ces nombreux stages ?
On voulait vraiment aller chercher du caractère et de la détermination dans la tête des filles. Pour arriver à cela, il a fallu faire beaucoup de rugby avec parfois trois ou quatre séances par journée et notamment des entraînements dès six heures du matin. Des séances avec beaucoup d’intensité et le plus d’exigence possible pour développer ce caractère et cet état d’esprit.
Un travail physique mais intégré avec beaucoup de jeu, c’est ce qui colle le plus au projet que vous vouliez mettre en place ?
Oui c’est ça. On va beaucoup jouer au rugby pendant ce Mondial, du coup, on a essayé que chaque séquence d’entraînement ressemble le plus possible aux intensités de match voir au dessus pour travailler en même temps l’aspect physique et être capable d’être très lucide dans les moments difficiles.
Du jeu et des sourires, vous vouliez aussi que vos joueuses appréhendent ce Mondial de manière décontractée…
On a essayé de travailler sur le langage du corps. On part faire une Coupe du monde, pas la guerre, il faut donc relativiser. Après c’est plus facile car les filles vivent déjà très bien ensemble. Il y a ce côté évènement sportif international qui est aussi important donc on n’y va pas en faisant la gueule. On y va en ayant le sourire parce qu’on est heureux de représenter notre pays, de représenter la France.
Justement, à l’approche du premier match, comment sentez-vous les joueuses ?
Il y a de l’excitation qui commence à monter. Je pense qu’elles ont très envie de mettre les pieds sur le terrain et que le premier match ait lieu. On a quand même fait huit stages ensemble de quatre à cinq jours, c’est bien mais quand on est sportif, on a qu’une envie c’est de retrouver la compétition.
Safi N’Diaye a déclaré vouloir atteindre la finale, c’est cet objectif que vous avez fixé aux joueuses ?
Quand on s’engage dans une compétition, c’est toujours pour aller le plus loin possible après il y a des équipes en face qui veulent la même chose. Mais Safi a raison, c’est l’un des objectifs. Le deuxième, c’est vraiment d’essayer de faire passer un message aux familles et aux jeunes filles pour qu’elles viennent dans les écoles de rugby et découvrent la pratique féminine, c’est important pour nous. Sans parler de spectacle car ce serait très arrogant, on a aussi ce petit côté « ADN français » qui va nous pousser à montrer de belles choses pour essayer d’attirer toutes ces gamines.
Le Japon, l’Australie et l’Irlande sont vos adversaires de la poule C, à quoi est-ce qu’il faut s’attendre de ces nations ?
Les Japonaises sont très structurées et juste techniquement. Elles sont aussi très bien préparées physiquement, c’est donc une équipe qui va chercher à mettre beaucoup de volume et de rythme.
L’Australie est aussi une équipe très joueuse notamment grâce à l’apport des septistes championnes olympiques. Elles mettent beaucoup de vitesse dans tout ce qu’elles font et il y a beaucoup de mouvement des joueuses et du ballon.
Enfin, l’Irlande c’est le fighting spirit ! Cela fait trois ans qu’elles préparent la Coupe du monde chez elles. Depuis notre arrivée, on est baigné dedans et on voit bien qu’il y a une grosse attente derrière les Irlandaises pour qu’elles terminent premières. Nous il faut qu’on montre beaucoup de caractère dans cette poule parce qu’elle n’est pas facile et cela va être des gros matches.



