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JO d'hiver Pékin 2022

Sandie Clair : « Mettre toutes les chances de mon côté pour être aux JO de Pékin »

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Sandie Clair - Mettre toutes les chances de mon côté pour être aux JO de Pékin
Photo IBSF

BOBSLEIGH – À 32 ans, Sandie Clair, championne d’Europe de vitesse individuelle en 2010 et multiple championne de France, est désormais passée des pistes en bois, aux pistes de glace. L’ancienne pistarde, qui a mis un terme à sa carrière en 2019 après que la Fédération Français de Cyclisme ait décidé d’arrêter son programme de vitesse par équipes féminine, a trouvé refuge dans le bobsleigh. Entretien.

Sandie, comment s’est passé ce premier hiver en tant que bobbeuse ?

Froid ! (rires). J’ai dû perdre 30 degrés par rapport aux vélodromes ! Sérieusement, ça s’est bien passé. J’ai fait une première partie de saison sans compétition, pour découvrir la discipline et ce nouvel univers. J’ai découvert le travail et les entraînements dans le froid, mais aussi tout ce qui est autour du bobsleigh, comme l’entretien et la manutention par exemple. J’ai ensuite fait la deuxième partie de la saison avec des compétitions, à partir du mois de janvier, avec les championnats d’Europe et une Coupe du monde à Saint-Moritz. Ce n’était pas forcément prévu, mais c’était vraiment super. En plus, on a fait un bon résultat aux Europe (6èmes) donc pour une première compétition, c’était vraiment génial.

Racontez-nous un peu, comment êtes-vous arrivée en équipe de France de bobsleigh après l’arrêt de votre carrière en cyclisme sur piste ?

C’est parti d’un délire avec mon frère qui m’entraînait quand je faisais du cyclisme. Puis finalement, l’idée a fait son chemin dans ma tête. Je me disais que j’aimerais bien faire une descente en bobsleigh, voire les sensations. Puis un jour, durant le premier confinement l’année dernière, j’ai contacté Margot Boch, pilote en équipe de France de bobsleigh, qui m’a encouragée à venir tester lors d’un stage d’été. J’y suis allée, pour un stage de poussée dans un premier temps, et j’ai vraiment bien accroché. J’ai finalement pris le risque de lâcher mon travail dans une salle de sports à Hyères sans savoir si ça allait marcher ou non. J’ai eu l’opportunité, et je l’ai saisie. Mon esprit de compétition l’a finalement emporté !

Au final, avez-vous retrouvé des similitudes avec le cyclisme sur piste, que ce soit au niveau des entraînements, et notamment de la musculation ?

Oui, concernant la musculation, on est un peu sur les mêmes bases. On a besoin des mêmes qualités physiques, à savoir la force, l’explosivité, la puissance et la rapidité. Après, cela reste deux sports totalement différents. On est plus sur de la musculation, avec du sprint en athlétisme pour le travail de poussée. Personnellement, je pars presque de zéro, puisque je n’avais jamais fait de footing de ma vie. Je dois donc apprendre à courir, avec un travail très technique où je dois apprendre à poser mon pied correctement au sol. C’est hyper technique ! D’ailleurs, vu que je n’avais pas l’habitude de courir, je souffre de périostites aux tibias depuis quelques temps, j’ai galéré toute la saison avec ça. C’est un vrai changement par rapport au travail sur la piste, mon corps ne comprend pas trop ce qui lui arrive pour le moment.

Avec un peu de recul et ces quelques mois d’expérience, qu’est-ce qui vous attire dans cette discipline du bobsleigh ?

Dans mon cas, en étant pousseuse à l’arrière du bob’, j’ai un peu le rôle de moteur. Ça ressemble beaucoup à ce que je faisais en départ arrêté pour le cyclisme sur piste, avec beaucoup d’explosivité, c’est un effort très court et intense. De côté là, c’est vraiment une sensation que je retrouve et qui me plaît énormément. Après, tout au long de la descente, c’est vrai que je sers un peu de sac de sable (rires) ! Mais pour résumer, c’est vraiment la vitesse et l’explosivité en amont qui me plaisent dans cette discipline.

 

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Maintenant que vous avez rejoint l’équipe de France, a-t-on une chance de vous voir aux Jeux Olympiques de Pékin, en 2022 ?

J’espère, je vais tout pour y être en tout cas ! C’est vrai qu’au départ, comme je l’ai déjà dit, c’était vraiment dans le but de découvrir ce sport. J’ai vraiment eu de la chance de pouvoir partir en compétition dès cet hiver. Et maintenant que j’y suis, oui, j’ai vraiment envie d’y rester. Je serais super contente de faire les Jeux d’hiver cette fois-ci. Après, il n’y a pas que moi et Carla (Senechal, pousseuse de l’équipe de France que Sandie Clair a remplacé aux championnats d’Europe), il y a aussi d’autres filles. Je ferai tout pour être la meilleure, c’est vrai que ce serait extraordinaire d’être à Pékin. Je vais mettre toutes les chances de mon côté pour en être.

Oui, et puis des sportives qui ont participé aux JO d’été et d’hiver, il n’y en a pas beaucoup, ça peut être un sacré défi non ?

Oui, après c’est vrai que je m’en rends pas toujours compte. Par exemple, il n’y a pas longtemps, Florian Rousseau (multiple champion du monde et olympique) me disait qu’il admirait ma capacité à rebondir. C’est vrai que quand il m’a dit ces mots, ça m’a vraiment touché. Je me suis dit « ah oui, ce que je suis en train de faire, c’est un super truc ». Après, je prends les choses les unes après les autres. J’ai eu cette opportunité, alors je fonce !

Toujours avec du recul, en voulez-vous toujours à la Fédération Française de Cyclisme de ne pas vous avoir laissé davantage votre chance en vue de Tokyo ?

En réalité, maintenant, je me dit que tout ce qui m’arrive, c’est un mal pour un bien. C’est aussi pour ça que j’arrive à rebondir rapidement au final. Je me sers du négatif pour en faire du positif. Après, je ne suis toujours pas d’accord de la façon dont ça s’est passé, et je ne le serais jamais. J’ai toujours de la colère envers certaines personnes de la Fédération. Finalement, je me dis que c’est un mal pour un bien et que si j’avais fait les Jeux de Tokyo, je n’aurais peut-être pas vécu ce que je suis en train vivre depuis quelques mois en équipe de France de bobsleigh, car cela reste une expérience incroyable.

Question palmarès, vous n’avez pas à rougir ! Quel est votre meilleur souvenir en carrière sur la piste ?

Sans hésiter, mon titre de championne d’Europe en vitesse individuelle en 2010 à Pruszkow (Pologne) ! Et bizarrement, mon plus mauvais souvenir reste ma médaille d’argent lors des Mondiaux en 2011 sur 500 m, où je perds en finale pour deux centièmes…

Et maintenant, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

De continuer à être heureuse et de m’épanouir dans mon sport et ma vie ! Après, c’est sûr qu’il y a les JO dans un coin de la tête. C’est vrai que c’est devenu un objectif, maintenant il faut absolument que je progresse pour gagner ma place !

Dicodusport


Journaliste/Rédacteur depuis septembre 2015 - Mes premiers souvenirs dans le sport ? Les envolées du Stade Toulousain et les duels Villeneuve-Schumacher et Häkkinen-Schumacher à la fin des années 90, la Coupe du monde de football en 1998, l’exploit du XV de France face aux All Blacks en 1999, mais aussi Richard Cœur de Lion qui vole sur les montagnes du Tour de France. Bien parti pour devenir professeur d’EPS, les événements de la vie (et la flemme d’animer des séances de 3x500 mètres toute ma vie) m’ont conduit à revoir mes plans. Me voilà depuis fin 2017 sur Dicodusport, média grâce (et pour) lequel je partage ma passion : le sport dans tous ses états. Le tout accompagné par les fous furieux et folles furieuses cités sur cette page !

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