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Sports d'hiver

Skeleton : Maxime Mingeon se livre sur ses débuts express en Coupe du monde

Victor Clot-Amiot

Publié le

Skeleton Maxime Mingeon se livre sur ses débuts express en Coupe du monde
Photo via Instagram Maxime Mingeon

SKELETON – Espoir français d’une discipline aussi spectaculaire qu’exigeante, Maxime Mingeon se livre pour Dicodusport.

Dans le cadre d’un long entretien mené avec Maxime Mingeon et plusieurs jeunes athlètes français aspirant à participer aux Jeux Olympiques d’hiver 2030 – entretien à paraître au cours de l’hiver –, nous avons échangé avec lui sur ses débuts en Coupe du monde, seulement trois ans après ses premiers pas sur un skeleton. Nous avons également choisi de partager quelques échanges autour du financement d’une saison, une thématique qui fera l’objet d’un traitement beaucoup plus large dans notre enquête à venir.

« J’ai voulu trouver un projet où l’on peut performer en commençant tard »

Comment es-tu arrivé dans ce sport ?

Auparavant, je faisais du football. J’ai toujours été attiré par la performance et la compétition. Pendant le Covid, le football amateur s’est arrêté et j’ai voulu trouver un nouveau projet où, même en commençant tard, on pouvait performer.

Étant donné que mon père [Bruno Mingeon, NDLR] est un ancien athlète de bob et coach – champion du monde de bob à quatre en 1999 et médaillé de bronze olympique l’année précédente –, il m’a fait essayer le bob et le skeleton en 2022. J’ai tout de suite accroché au skeleton, notamment parce que c’est un sport individuel.

En plus, je ne suis pas très grand : je mesure 1,75 m et je ne faisais que 50 kilos quand j’ai commencé. Niveau carrure et poids, le bob, c’était compliqué. Le skeleton est aussi moins cher à pratiquer, et il n’y a pas besoin d’être plusieurs pour descendre. J’avais également envie d’écrire ma propre histoire et de ne pas être toute ma vie dans l’ombre de mon père, même en termes de pression, d’être le « fils de ».

Des débuts express en Coupe du monde

Peux-tu nous faire un retour sur tes débuts en Coupe du monde et ton programme à venir ?

C’était dingue pour moi d’arriver si vite en Coupe du monde, car je n’ai commencé qu’en 2022-2023. C’est seulement ma quatrième saison, et la troisième complète. En plus, j’ai appris la piste en même temps que tout le monde : je n’avais que 25 descentes.

C’est donc difficile de maîtriser une piste par cœur, surtout quand on affronte les meilleurs du monde, qui l’apprennent forcément plus vite grâce à leur expérience. Certains ont commencé en 2004… moi je suis né en 2004 ! Mais c’était incroyable de participer.





L’objectif était surtout de montrer qu’à la poussée, je pouvais perdre moins de 25 centièmes sur le meilleur. J’ai pris 23 centièmes, donc il y a du potentiel, même si j’étais un peu cuit à force de découvrir la piste.

Ce qui nous frustre encore, c’est le manque de connaissances sur le matériel. J’ai bien descendu, mais de mauvais réglages m’ont empêché d’aller plus vite. L’idée restait avant tout de prendre de l’expérience. Pour la suite, je retourne en Coupe d’Europe, tandis que Lucas Defayet reprend en Coupe du monde. J’aurai aussi les Championnats d’Europe et du monde juniors, qui seront les courses les plus importantes de ma saison.

Une seule place en Coupe du monde pour les Français

Comment fonctionnent les sélections, et peut-il y avoir deux Français sur une même étape ?

Actuellement, on n’a qu’une place en Coupe du monde. L’an dernier, j’avais réussi à en qualifier deux, mais je n’ai pas disputé toutes les courses de la saison, ce qui m’a fait perdre mon spot.

Lucas Defayet est parti en Coupe d’Amérique du Nord en début de saison pour tenter de se qualifier pour les Jeux, donc la place était libre pour moi. Dans l’optique de 2030, l’objectif est de prendre un maximum d’expérience le plus tôt possible, et c’est pour ça qu’on m’a laissé faire une Coupe du monde.

Pour la suite, Lucas ne sait pas encore s’il poursuivra après 2026, mais ce qui est sûr, c’est qu’il prendra une année off. J’aurai donc normalement un spot en Coupe du monde.

Une concurrence saine et stimulante

As-tu l’impression que vous vous tirez vers le haut mutuellement ?

Physiquement, on se pousse tous les deux vers le haut. Mais c’est surtout lui qui me tire vers le haut grâce à son expérience : il a commencé en 2012-2013. Il est performant, donc forcément ça me pousse à essayer de me rapprocher de son niveau. Mais c’est très sain, il n’y a aucune concurrence malsaine, on s’entend très bien.

Le défi du financement jusqu’en 2030

Es-tu confiant sur ta capacité à aller jusqu’en 2030 d’un point de vue financier ?

J’ai la chance d’avoir obtenu des résultats chez les juniors, ce qui me permet d’être en équipe de France et sur liste ministérielle. Cela me donne accès à certaines aides. Entre ça, le club et la station, je ne mets pas d’argent de ma poche.

Mais pour y rester, il faut être performant en juniors pour l’instant, puis à terme chez les seniors. Tant que je reste sur cette liste, je peux financer une saison. En revanche, je n’ai pas encore de mécanicien, ce qui serait un vrai plus pour progresser.

Un sport plus accessible que le bobsleigh

Pourquoi le skeleton est-il moins coûteux que le bobsleigh ?

J’ai besoin d’un seul skeleton, alors qu’en bob, il faut un bob à deux et un bob à quatre. Un skeleton coûte environ 8 000 à 10 000 euros, plus 1 000 euros la paire de patins. Un bob à deux, c’est autour de 50 000 euros.

En stage, il faut aussi louer un camion pour transporter le bob. Le skeleton, lui, rentre dans ma voiture ou dans l’avion.

Objectif 2030, avec une équipe complète

S’il ne devait y avoir qu’un quota en 2030, seriez-vous seuls concernés ?

À La Plagne, il y a d’autres jeunes, mais pour obtenir une licence IBSF, il faut participer aux Championnats de France de poussée et que la Fédération valide l’accès à la Coupe d’Europe. En skeleton, on est une dizaine à La Plagne, mais seulement deux participent aux compétitions, et un troisième va débuter en janvier.

Chez les femmes, en revanche, il n’y en a plus actuellement. L’objectif pour 2030 est aussi de développer une filière féminine, car il y aura des relais aux Jeux. L’idéal serait d’avoir deux garçons et deux filles afin d’aligner deux équipes de relais.

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