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Culture

Sport et musique #1 : ces sportifs qui chantent (ou essaient)

Jordane Mougenot-Pelletier

Publié le

L’accès à la musique n’étant pas encore confiné, Dicodusport vous propose d’étudier les rapports étroits que musique et sport entretiennent. On commence par les sportifs qui chantent, ou du moins qui essaient…

Basile Boli et Chris Waddle – « We’ve got a feeling » (1991)

Au début des années 1990, l’Olympique de Marseille règne en maitre sur le football français. Avec quelques uns des meilleurs joueurs du pays et d’Europe, les olympiens enchainent les titres de D1. Parmi les figures tutélaires de l’équipe olympienne, Basile Boli et Chris Waddle. Le roc et l’anguille, l’éléphant et la souris, ils représentent les deux facettes de l’OM de cette année 1991 : la solidité défensive à toute épreuve et le talent offensif virevoltant.

Les deux larrons ont cru bon de répondre à la sollicitation de producteurs et d’enregistrer ce sommet de la musique populaire : « We’ve got a feeling ». 20 ans avant les Black Eyed Peas, Boli et Waddle entonnent gaiement :

« Hello Chris sacré British
Tu les rends fous
Comme un rien du tout
Tu fais des zigs, tu fais zag
A gauche, à droite
Comment tu fais tout ça ? »

Un sommet on vous dit…

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=4ct5puqTSi0]

Milli Vanilli – « Girl you know it’s true » (1988)

Parmi les sportifs qui chantent, il y a deux catégories. Ceux qui rencontrent le succès et ceux qui se plantent. Sans aucune espèce de doute, Milli Vanilli fait partie de la première catégorie. Avec plus de 35 millions d’albums vendus, dont un triple album de platine pour « Girl you know it’s true », c’est le carton plein.

Parmi ce duo phare de la fin des années 1980 et du début des années 1990, Fabrice Morvan. Le Français, trampoliniste de haut niveau, a dû mettre fin à sa carrière à la suite d’une blessure au cou. Un mal pour un bien puisque le jeune homme s’envole pour Munich, y rencontre dans un club Robert Pilatus, avec qui il fonde donc Milli Vanilli.





L’histoire aurait pu être belle, elle vire au fiasco. Les deux jeunes hommes, tout charismatiques qu’ils sont, sont des chanteurs calamiteux. Les voix enregistrées sur les albums ne sont pas les leurs et ils ne font que bouger les lèvres sur un playback. Quand la supercherie est découverte, le scandale est à la hauteur de l’hystérie que Morvan et Pilatus généraient à chacun de leur passage sur scène.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=RdSmokR0Enk]

Marius Trésor – « Sacré Marius » (1978)

Marius Trésor a été une certaine incarnation du cool dans les années 1970 et 1980. Toujours le bon pull avec la bonne chemise et le bon pantalon. La décontraction proverbiale, la virilité du capitaine alpha et la classe naturelle font de lui le boss du foot français.

Un statut privilégié qui lui ouvre le droit à un album et d’entamer une trilogie. « Sacré Marius » parait en 1978 et rencontre un succès qu’on s’explique difficilement aujourd’hui. Peut-être était-ce grâce à ces paroles légendaires :

« Je connais la bouillabaisse
La pétanque et l’aïoli
Car du côté de Marseille
On se fait beaucoup d’amis »

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=_oDtpms7pEY]

Joël Bats – « L’Escargot » (1986)

Deuxième partie du triptyque des joueurs français des années 1980 qui ont chanté. Cette fois-ci avec l’option « chanson pour enfant ». En 1986, et alors qu’il marque la Coupe du Monde mexicaine notamment en stoppant un penalty de Zico en quart de finale, Joël Bats sort un premier titre pour enfants. Le titre « L’Escargot » n’est pas avare de métaphores en délicatesse :

« Gros escargot gris amoureux
Cherche limace gaie, jolie
Pour une sortie sous la pluie
Pour un essai de vie à deux »

Le portier de Sochaux, Auxerre et du PSG confirmera dans la voie des sportifs qui chantent. Il met en musique des poèmes personnels dans « Solitude ». Plus tard, ses talents de poète se confirmeront sur le banc de l’Olympique Lyonnais.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=sWdbJ-nCZvg]


Jean-Pierre François – « Je te survivrai » (1989)

Quand on vous demande en cours d’histoire ce que vous avez retenu de l’année 1989, vous avez l’embarras du choix. Pêle-mêle vous citeriez la révolution roumaine et l’assassinat du couple Ceausescu, la manifestation de la Place Tian’anmen ou la chute du mur de Berlin. Vous feriez tout de même bien de ne pas oublier la sortie de « Je te survivrai’ de Jean-Pierre François.

Ode à l’amour mais surtout hymne des mecs largués comme des nazes, la chanson écrite par l’inénarrable Didier Barbelivien est un carton. Il s’offre la deuxième place du top 50, dépassé inexorablement par « La Lambada ». Parmi les nombreux morceaux de bravoure du morceau, on adore :

« Dans l’hiver et le vent
Dans le froid des maisons
Dans les sables mouvants
Où j’écrirai ton nom
Dans la fièvre et le sang
Dans les murs des prisons
Je te survivrai ».

Malgré cela, on conserve une tendresse inchangée pour Jean-Pierre François qui n’a jamais été dupe. On lui préfère tout de même Dominique Farrugia et Les Nuls dans cette parodie.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=UWdJ0jbHKms]

Tony Parker – « Balance toi » (2007)

Peut-on être le meilleur joueur de l’histoire de son pays et se ridiculiser dans un album ? A cette question, Tony Parker a décidé de répondre par l’affirmative. En 2007, il convoque pourtant des moyens dignes de Snoop Dogg en faisant notamment appel à l’homme qui réalise les clips du Californien pour porter son « Balance Toi ». Un flow à faire pâlir Kool Shen, une poésie digne de Booba et des samples que Tupac n’aurait pas renié. On ne se lassera jamais de :

« DJ balance la sauce comme d’hab’
Rimer pour la gloire je le fais comme d’hab’ (rime riche, NDLR)
Laisse glisser tranquille c’est open bar
Enfile les verres avant deux heures dare-dare »


Jackson Richardson – « Ça c’est le Sand » (2000)

7 ans avant Tony Parker, Jackson Richardson avait lui aussi décidé de répondre à l’affirmative à cette question avec son « Ça c’est le Sand ». Malicieux jeu de mots qui contracte les deux passions de Richardson : Hand et plage.

Dans ce qui demeure dans l’histoire du handball et des sportifs qui chantent encore inédit, le demi-centre français reprend à son compte la légende des Barjots.

« Là tout près de l’eau
S’éclatent les Barjots
Sur tous les visages
Un bonheur sans nuage »

L’histoire du sport est clémente et est surtout soucieuse d’oublier ce qui peut ternir la réputation de ses grands serviteurs. La chanson n’est donc pas restée dans les mémoires pour le plus grand bien de tous.

JMPPMJ

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