Nous suivre

Actualités

Stade Olympique de Montréal : entre histoire et actualité

Avatar

Publié

le

Après la visite du Groupama Stadium de Lyon en octobre 2017, notre reporter traverse l’Atlantique pour cette fois-ci s’intéresser au Stade Olympique de Montréal construit pour les Jeux de 1976. L’occasion de se remémorer cet évènement et de voir l’envers du décor de ce stade encore fonctionnel.

Rappel historique de l’organisation des Jeux Olympiques de 1976

C’est en 1970, et dans un contexte politique tendu, que Montréal est désignée ville hôte des XXIème Jeux Olympiques d’été. En effet, nous sommes en pleine Guerre Froide entre les Russes et les Américains. D’ailleurs, Moscou et Los Angeles étaient également candidates pour accueillir ces Jeux Olympiques. Ces dernières auront tout de même la joie d’organiser l’événement respectivement en 1980 et 1984. Lors de la désignation canadienne, le maire de la ville, Jean Drapeau, est accueilli en héros à son retour d’Amsterdam. Ces Jeux de 76 resteront tout de même dans les annales à plusieurs titres : d’abord, le boycott de la majeur partie des délégations africaines suite à la participation de la Nouvelle-Zélande qui avait joué un match en Afrique du Sud alors en plein Apartheid, ensuite le fait que le Canada soit le 1er pays hôte à ne pas obtenir de titre olympique et enfin, grâce aux performances remarquées et remarquables de la Roumaine Nadia Comăneci en gymnastique avec sept notes parfaites (10).

Structure hommage à Nadia Comăneci

Extérieur du stade

De l’extérieur, le stade ressemble à une enceinte française bien connue : le Parc des Princes. Le hasard n’y est pour rien puisque le même architecte a œuvré dans les deux cas. En effet, Roger Taillibert est choisi par le maire pour concevoir la structure du Stade, au grand dam des Québecois. « Big O », comme il est surnommé, ressemble à une soucoupe volante. A côté, se trouve une tour inclinée, la plus haute du monde, qui soutient le toit en kevlar. Cette tour, prévue initialement au projet, n’était pas présente aux JO. En effet, vu les retards pris dans la construction, les organisateurs ont préféré faire l’impasse. A son sommet se trouve l’observatoire de Montréal permettant d’avoir une magnifique vue de la ville. La tour possède également un funiculaire tout juste rénové. Le stade a été livré seulement quelques jours avant le début des Jeux. Notre guide nous donne des informations importantes tant sur la construction que sur les Jeux en eux-mêmes, même si la visite se concentre à l’intérieur du stade.

Le stade est situé dans le parc olympique dans lequel se trouvent encore de nombreux vestiges des événements de 1976. Par exemple, le Vélodrome, en forme de casque de vélo, héberge à présent le Biodôme. Tout a été fait pour réutiliser le maximum de bâtiments par la suite. Sur le parvis, on trouve encore la vasque qui a accueilli la flamme. Elle est d’ailleurs allumée pendant les JO d’été. Exceptionnellement, la Régie des Installations Olympiques (RIO), propriétaire des lieux, a ravivé la flamme pendant les JO 2018 en Corée du Sud.

Intérieur du stade

Notre guide nous rejoint à la base de la tour inclinée, à l’intérieur du stade. Français, Québecois et Néerlandais vont participer à cette visite d’une petite heure dans ce lieu chargé d’histoire. Avec le guide, nous passons rapidement les expositions présentes puisque nous pouvons les voir par nous-mêmes, sans guide. Il s’arrête notamment au niveau des affiches retraçant les Jeux, les dates principales, les maquettes, les logos. Il nous explique la signification du logo olympique : les 5 anneaux surmontés d’un podium qui forment également la lettre « M » comme Montréal. Dans ce hall se trouvent également des photos du chantier, des Jeux mais aussi une torche olympique utilisée pendant le relais de la flamme.

Une fois ce tour terminé, le guide nous amène au niveau des piscines olympiques, les mêmes utilisées lors des Jeux. Un bassin de 50m à sol amovible pour avoir différentes profondeurs, un autre pour le plongeon, la piscine pour le water- polo. Tout est encore là et utilisé par divers athlètes dont certains ont participé à des JO depuis. Une autre piscine n’est pas accessible lors de la visite, située sous les gradins. Le lieu du podium a été remplacé par une pataugeoire. La différence de chaleur entre le hall et les piscines est saisissante. Nous faisons le tour pendant que quidam et futurs champions s’entraînent là. Juste à côté, l’Institut National du Sport au Québec s’est installé en 2014. L’INSEP local a pour charge de former les champions de demain pour le Canada.

L’une des piscines olympiques avec le plongeoir, encore utilisé de nos jours

Après la piscine, place au clou du spectacle : le stade en lui même. On rentre dans cette soucoupe. Une chose est à noter dès le début : toute une partie est cachée par des bâches. En effet, le guide nous explique que la capacité a été réduite depuis quelques années. Lors de notre visite, le stade est en configuration football. En effet, le match inaugural de la saison à Montréal du club local aurait lieu quelques semaines plus tard. Du fait qu’il n’y ait pas d’événement, il faisait un peu sombre, mais nous pouvions quand même voir la pelouse et le toit.

Ah, le toit. Véritable serpent de mer pour la ville. Le guide nous a raconté les déboires de la couverture. Plusieurs fois changée, elle s’est même déchirée lors de l’installation du salon de l’automobile dû à la surcharge de neige ! Le seuil de tolérance a été relevé récemment mais il faut tout de même faire attention lors des gros épisodes neigeux.

Une fois la vue du stade depuis le niveau de la pelouse terminée, le guide nous ramène au point de départ pour la visite des expositions à notre rythme. Malgré la doléance de beaucoup de visiteurs, pas seulement nous, les vestiaires ou loges ne sont malheureusement jamais prévus.

Le sport toujours présent, des expositions à gogo

Dans les couloirs de l’entrée, une exposition avec beaucoup de photos et d’informations sur le stade depuis sa construction à son utilisation aujourd’hui. En effet, il est le théâtre de nombreux événements, divers et variés.

Tout d’abord, le sport y a toujours sa place (en dehors des sports aquatiques bien sûr). En effet, après les JO, les Expos, une équipe de baseball évoluant au sein de la prestigieuse MLB, y ont élu domicile entre 1977 et 2004 (avant le déménagement de la franchise à Washington). C’était la 1ère franchise canadienne de l’histoire de la MLB. Depuis le départ des Expos, les Blue Jays de Toronto viennent faire quelques matchs de pré-saison et de nombreux nostalgiques aimeraient voir un retour des Expos dans la métropole québécoise. Une exposition retrace les exploits de cette équipe.

Match de pré-saison de baseball entre les Blue Jays de Toronto et les Cardinals de Saint Louis

Autre pensionnaire régulier de l’enceinte, les Alouettes de Montréal en football canadien. Elles ont occupé les installations de 1977 à 1997, avec notamment une Coupe Grey (coupe récompensant le vainqueur final des séries éliminatoires) pendant cette période. Depuis 1998, elles ont leur propre stade mais jouent des matchs importants, comme la coupe Grey, au « Big O ».

Enfin, l’Impact de Montréal, le club de soccer, y joue régulièrement, notamment en hiver, sans parler du fait que leur stade Saputo soit situé dans le parc olympique, à deux pas du grand stade. Ainsi, les sports collectifs montréalais, jouant en extérieur, ont tous pris place au moins une fois dans ce ce stade. Tout est fait pour qu’il reste un temple du sport.

En mode soccer avec l’Impact de Montréal qui reçoit le voisin de Toronto FC (champion en titre de MLS)

Au-delà des matchs réguliers, le stade a été le théâtre d’un match de boxe entre Roberto Duran et Sugar Ray Leonard le 20 Juin 1980 mais aussi de « Monster Jam » (voitures avec des grosses roues évoluant sur des terrains en terre pour faire le spectacle) depuis quelques années.

En plus du sport, de nombreux événements s’y déroulent tant culturels ou religieux. En effet, le Pape Jean Paul II y a célébré une office en 1984, un moine y a été canonisé. Côté musique, les plus grands y sont passés. Pink Floyd, pour le record officieux du plus grand nombre de spectateurs, les Rolling Stones, AC/DC, les Jacksons 5, U2 et, lors d’un même concert, MetallicA, où un effet pyrotechnique a blessé le chanteur ainsi que Guns N’Roses, qui a provoqué une émeute en refusant de terminer le show. En plus des rétrospectives, il y a également une petite exposition sur le sport à Montréal avec des maillots, des objets ayant appartenu à des athlètes ou des équipes locales.

Collection d’objets des Alouettes de Montréal (Football Canadien)

Lieu incontournable de Montréal pour tous les fans de sports, notamment avec les piscines ou salles de sport présentes, le Stade Olympique est un symbole fort montrant que Montréal est une ville sportive, au-delà de ses clubs professionnels connus dans le monde. Lieu de vie social, de travail (l’entreprise Desjardins va y installer des bureaux dans la tour en 2018 ou 2019) et de sport, « Big O » sera présent encore bien longtemps dans le paysage montréalais.

Damien Meunier


Clique pour commenter

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des

Fil Info

Actus à la une

Nous suivre sur Facebook