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Stany Delayre, l’heure du choix

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Au mois de Septembre dernier se tenait à Sarasota en Floride les championnats du Monde d’aviron. La France a remporté deux médailles d’or et une d’argent. Si le sacre de Pierre Houin et Jérémie Azou était attendu en 2 de couple poids léger en tant que champions olympiques en titre, celui du 4 de couple poids léger était plus surprenant. Nous avons interviewé Stany Delayre, membre de l’équipage de ce bateau.

Bio Stany Delayre

Né le 26/10/87 à Bergerac (24)

Rameur – Aviron

Club : Bergerac

Palmarès

Champion du Monde du 2015 (2 de couple poids léger) et 2017 (4 de couple poids léger)

Vice-champion du monde 2014 (2 de couple poids léger) et 2010 (4 de couple poids léger)

6 victoires en Coupe du monde (2 de couple poids léger)

Champion d’Europe 2013, 2014 et 2015 (2 de couple poids léger)

Distinction

Médaille de la ville de Bergerac (2017)

 

Bonjour Stany, tout d’abord, nos félicitations pour ton deuxième titre mondial. Quelles sont tes émotions et ton ressenti pour ce second titre par rapport au précédent ?

Bonjour et merci. Beaucoup de fierté. Devenir champion du monde, c’est toujours une fierté, surtout une deuxième fois. Ce qu’il ressort, c’est que c’est déjà une nouvelle aventure. Le 4 de couple s’est énormément investi avec un objectif de performer en Floride. De plus, j’avais à cœur de montrer que je pouvais apporter un plus à ce bateau qui était champion du Monde en 2015 et deuxième en 2016. J’ai amené mon expérience et j’ai pu montrer que même si je n’étais pas médaillé à Rio (NDLR : non retenu pour le 2 de couple qui est devenu champion olympique), ce n’était pas une question de niveau, même si j’étais troisième français en individuel, mais du fait des choix de la fédération. J’ai montré que Delayre était toujours debout !

Ce titre change-t-il tes objectifs vis-à-vis de Tokyo (JO 2020) ou c’est encore trop loin pour le fixer comme échéance ?

Cela ne change pas mes objectifs. C’est vrai que quand on gagne une médaille, on oublie vite les galères de l’année, les entraînements seul, l’éloignement des proches. Mais je n’ai pas changé de point de vue pour Tokyo, c’est encore trop loin.

Tu n’as pas l’objectif de changer de bateau une nouvelle fois pour revenir dans une catégorie olympique ? (le 4 de couple n’est pas inscrit au programme)

C’est vrai que la retraite de Jérémie Azou me remet dans le jeu pour le 2 de couple, mais il faut que je prenne le temps de penser à tout cela.

Stany Delayre, entouré de Maxime Demontfaucon, Damien Piqueras et François Teroin – Daniel Blin/Aviron France

Et donc peut-être de faire équipe avec Pierre Houin pour essayer de conserver le titre de Rio ?

Peut être, éventuellement (rires). Boucler la boucle, c’est quelque chose d’intéressant.

Tu l’as toi-même évoqué, Jérémie a pris sa retraite. Comment l’as-tu appris ? Par les médias ou avant, en privé ?

Le lendemain de la finale victorieuse de Pierre et Jérémie. On s’est retrouvé tous les trois dans la chambre (Alexis Besançon, entraîneur du 2 de couple, Jérémie Azou et Stany Delayre) et il nous a tenus au courant de sa décision. C’est bien de l’avoir su avant, car on a commencé l’aventure à trois et on a vécu beaucoup de choses tous ensemble. On a eu un parcours unique dans l’aviron français avec toutes les médailles ! C’était sa façon à lui de terminer : on a commencé entre nous, il avait envie de terminer ainsi. C’était vraiment sincère. Il a pris le temps de nous dire les choses avant d’en informer tout le monde.

Et toi, tu la prends comment cette retraite ? Tu vois ça comme un challenge pour lui succéder et de faire aussi bien que lui ? Ou alors juste une décision qui te remet en selle pour la suite ?

Sa retraite a été un peu une surprise. Même si Jérémie est plus vers la fin que du début, il a encore pas mal de marge par rapport aux autres rameurs et il pouvait rester jusqu’à Tokyo. Je pensais qu’il continuerait. Moi, je n’ai pas envie de lui succéder ou de lui prendre sa place car chaque parcours est unique.

En plus de la médaille d’or mondial, tu es reparti avec une belle médaille de bronze lors des championnats de France d’aviron sprint à Mantes la Jolie. Tu étais avec des jeunes de ton club pour la course, qu’as-tu ressenti ?

J’étais content car on n’était pas du tout favori au sprint. Après les deux premières journées, ce n’était pas gagné car on passe vraiment juste à chaque fois. Du coup, faire une troisième place, c’est un peu inattendu. Et puis j’ai ramé avec des mecs que j’ai entraîné quand ils étaient en cadet. J’ai continué à les suivre en junior. J’ai vu évoluer ces mecs. Ramer avec eux, c’est toujours des bons moments passés et lorsqu’il y a une médaille à la fin, ça fait plaisir. En plus, il y en avait deux dans le bateau pour qui c’était la première médaille en senior, et pour le dernier c’était même sa première médaille tout court en championnat de France. Ce sont des moments uniques. Et cela reste dans la continuité de la formation avec le partage, non plus en tant que coach mais en tant que coéquipier. Comme je revenais des championnats du monde, c’était encore plus intense pour eux. J’ai été très fier et content de rentrer avec cette médaille de bronze que j’ai partagée avec des jeunes que j’ai vu grandir.

Est-ce une expérience que tu renouvelleras à l’avenir ?

Je continuerai à ramer pour le club et à transmettre le flambeau tant que je le peux.

Outre le titre mondial, tu as reçu la médaille de ta ville : Bergerac. Qu’est-ce que cela te fait ?

J’en suis très fier. D’ailleurs, je disais il y a peu à un proche qu’entre la médaille olympique et celle de Bergerac, ce sont les deux seules qui me manquaient (rires). Et puis, il y a eu un petit imbroglio car ils pensaient me l’avoir donnée donc ça m’a fait sourire. En tout cas, le moment où le maire me l’a remise a été très sympathique.

As-tu une idée de ton avenir post athlète de haut niveau ? En ce moment, tu entraînes un petit peu les jeunes du club, c’est bien cela ?

En fait, je suis employé de la ville. J’ai commencé en 2007 au club et je suis allé à la ville ensuite. A présent, je suis détaché à 100% au sein de la structure sportive. J’ai pour mission d’entraîner les jeunes avec la gestion du matériel, mais aussi les programmes d’entraînement. A terme, l’objectif est de reprendre la structure pour devenir responsable sportif du club.

Si on te propose de devenir DTN (Directeur Technique National) ou entraîneur national pour les prochaines échéances olympiques, notamment Paris, ces deux missions peuvent-elles t’intéresser ?

Je ne pense pas. Si j’arrête ma carrière de haut niveau, c’est que ça demande énormément de temps, on est loin de nos familles. Arrêter de ramer à haut niveau, cela permet d’être plus souvent à la maison. Repartir dans une démarche d’entraîneur national, j’en reviens à la même problématique. Je préfère échanger et construire l’avenir de l’aviron français en m’occupant des jeunes que d’être avec des athlètes déjà formés pour préparer des échéances internationales. J’ai plus de plaisir à être en bas de l’échelle et à transmettre ma passion aux jeunes.

Est-ce que tu voudrais t’investir aux Jeux Olympiques en 2024, en ayant un rôle au niveau de l’aviron ?

Non, et je ne pense pas qu’on me le demandera. Il y a des gens très compétents pour ça et je ne me sens pas forcément capable de faire ce job là. Et puis, c’est plutôt politique et guidé pour ces rôles là.

Du coup, tu seras plutôt spectateur ?

Aller sur les Jeux Olympiques et voir les épreuves d’aviron sera un plaisir. Et même d’autres épreuves d’ailleurs, car je suis un grand amateur de tous les sports.

Et donc pas en tant que bénévole ?

Non plus. Je pense qu’il y a des jeunes qui seront ravis de participer à cet événement là en tant que bénévole, donc je leur laisse ma place.

Une dernière question avant de te laisser. Que penses-tu de la nomination de Jean-Christophe Rolland (NDLR : champion olympique en 2000) au CIO en septembre dernier ? Penses-tu que cela va donner une plus grande visibilité sur l’aviron français ou pas nécessairement ?

Je n’ai pas trop d’avis, j’espère juste qu’en tant qu’ancien rameur, il essayera de mettre l’aviron en avant.

Damien Meunier


Journaliste/rédacteur depuis décembre 2016 - Amateur professionnel de sport, d’abord le football, j’aurais pu en faire mon métier. Mais bon, vous savez les … non, pas les croisés, ils vont bien eux. Juste un manque de talent, de technique et de niveau surtout. Mais cette passion est ancrée en moi telle la pomme dans la tarte tatin. Le côté suiveur/supporter est évidemment important au quotidien, que ce soit un soir de juillet 1998 en banlieue lyonnaise ou de juillet 2018 à Montréal. Car oui, depuis ma France natale, j’ai migré outre-Atlantique, au pays des caribous. Là, le football se joue à la main et non au pied. Et surtout, la religion sportive est plutôt froide et se joue avec une crosse. Non, ce n’est pas le curling ni le Lacrosse, encore que, mais le hockey sur glace. Une autre vision, une autre culture. On troque les crudités devant la télé pour une poutine et on s’installe avec notre chandail pour suivre cela. Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ou la vitesse d’un slap shot de McDavid ou un arrêt de la mitaine de Price, j’écris sur de l’actualité par ici mais aussi le sport féminin, pas assez mis en avant.

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