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Sylvain André : « Être champion du monde, cela marque une carrière »

Nico

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Nous avons rencontré Sylvain André, champion du monde de BMX en 2018, qui nous parle de ses débuts, de son quotidien et de ses deux dernières saisons réussies. 

Sylvain, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 26 ans, je suis originaire de Cavaillon où je vis actuellement. J’ai commencé le vélo il y a 20 ans, j’ai passé 4 ou 5 ans au pôle France Elite d’Aix en Provence.

Comment est née ta passion pour le BMX ?

C’est un peu par hasard, c’est un collègue de mon père qui en faisait et qui m’a proposé d’essayer. Depuis, je ne fais plus que ça et je n’ai jamais eu envie de faire autre chose car je me suis toujours amusé dans cette discipline.

Comment se déroule une semaine type d’entraînement pour un champion de BMX ?

Je m’entraîne du lundi au vendredi, avec parfois le samedi matin en plus, dont trois fois dans la semaine où je fais une double séance, matin et après-midi. Cela fait 8 à 10 créneaux d’entraînement hebdomadaires, je vais aussi 2 à 3 fois par semaine à la salle de musculation, 2 à 3 fois sur la piste de BMX et le reste du temps, c’est du travail sur le vélo mais pas sur la piste : des sprints à plat, en montée, en descente, avec un parachute. L’hiver, on fait un peu de VTT et de vélo sur route pour travailler notre condition physique générale et avoir un « moteur », car il faut enchaîner les courses sur les compétitions.

Champion du monde cette année, qu’est-ce que cela représente pour toi ? Quelles étaient les émotions en franchissant la ligne ?

C’est vraiment cool, c’est un titre de champion du monde avec tout ce que cela représente : être champion du monde, cela marque une carrière. Au niveau du cyclisme, cela parle car on a tous le même maillot blanc arc en ciel et cela parle à tout le monde. C’est une course d’un jour, la finale, si on la fait 10 fois, je la gagne peut-être qu’une fois mais j’étais devant ce jour-là.

Au moment de franchir la ligne, c’est un peu spécial car je ne sais pas si j’ai gagné. Je reviens de derrière au dernier moment, on a été départagés à la photo finish. Il y a eu plus de 30 secondes qui se sont écoulées après la course avant que je sache si je m’étais imposé ou pas. Après, une fois que j’ai su, c’est beaucoup de joie car cela représente tellement de choses d’être champion du monde. C’est une récompense pour moi, mais aussi pour toutes les personnes qui m’aident au quotidien et qui bossent avec moi.

Tu as gagné la Coupe du monde en 2017, et donc le championnat du monde en 2018. Où places-tu ces deux succès l’un par rapport à l’autre ?

Sportivement, remporter le général de la Coupe du monde en gagnant au moins une manche, ça a pour moi au moins autant de valeur que le titre de champion du monde. Gagner le général, il faut être régulier sur une saison et sur des pistes différentes, cela reflète peut-être plus la valeur sportive d’un athlète. Au fond de moi, je crois que je préfère avoir gagné la Coupe du monde, mais c’est vrai que cela ne parle pas autant qu’un titre de champion du monde. Ce qui est sûr, c’est que ce sont deux choses différentes, et c’est dur de choisir entre les deux.

2019 arrive, quels seront tes objectifs ?

Ça va être un peu le même calendrier que la saison que je viens d’achever. Le but est de continuer à marcher aussi fort en Coupe du monde pour qualifier un maximum de Français aux Jeux Olympiques. Si on est bons, on sera 3 au départ des JO 2020. Il y a aussi un classement interne entre Français qui va être mis en place pour savoir qui ira aux Jeux. Donc en faisant des bonnes performances, en plus de qualifier un maximum de Français, j’augmente mes chances d’y participer. Il faut que je continue sur la lancée de mes deux dernières années pour faire des podiums et gagner des courses.

Tokyo 2020, c’est donc déjà bien présent dans ta tête ?

Oui, même si les qualifications finales se dessinent en 2020, il y a cette nouveauté, ce classement entre nous qui fait que Tokyo sera déjà là. Ce classement va comptabiliser les finales de chaque Français sur les Coupes du monde et championnats du monde à partir de 2019 et permettra de faire une première sélection avant Tokyo. Après, de toute façon, dès qu’on sort d’une Olympiade, on a déjà la suivante en ligne de mire.

Paris 2024, c’est encore très loin mais est-ce qu’aujourd’hui, tu te dis que tu aimerais y être ?

Oui c’est très loin, c’est dans 6 ans, autant de temps que je suis à ce niveau. J’aurai 32 ans donc on verra, il y a plein de choses qui peuvent se passer d’ici là. Il y a aussi l’aspect niveau de vie à prendre en compte car avec le BMX, je ne roule pas sur l’or. Après, comme c’est en France, il y a peut-être plus de partenaires privés qui vont s’engager avec les athlètes. Cela fait donc beaucoup de paramètres. La motivation, elle sera là, donc si le reste est ok, pourquoi pas car faire des Jeux Olympiques à la maison, cela doit être quelque chose de sympa.

Le BMX est un sport où il y a du contact mais aussi des chutes. Est-ce que tu as encore de l’appréhension avant les courses ?

Non je n’ai plus d’appréhension, c’est un sport de confrontation et si tu commences à penser à tout cela ou à avoir peur, c’est déjà fini. Même si on a forcement ce paramètre dans un coin de la tête, on ne peut pas se permettre d’y penser car en plus, cela augmenterait nos chances de tomber ou de se faire mal. Et même quand on voit un crash dans le run juste avant le nôtre, il ne faut pas que cela change quoi que ce soit.

Nicolas Jacquemard

Crédit photos : Craig Dutton, Fabmx1, Kirby Cronk et BMX mania


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