Nous suivre
Sports

Thibaut Baronian, un athlète grandeur nature

Julien Correia

Publié le

Pas forcément le plus connu et le plus médiatisé, il n’est pas pour autant le moins talentueux des traileurs du circuit mondial. À travers cet article, nous vous proposons de partir à la découverte du traileur français Thibaut Baronian, qui sera encore à la lutte pour la gagne lors du marathon du Mont Blanc ce week-end. Prenez vos baskets et de la hauteur, c’est parti !

Thibaut Baronian : ce n’est sans doute pas le premier nom qui viendra à l’esprit du grand public lorsqu’il s’agira de citer un traileur, mais il y a quelques semaines, il aura marqué les esprits en signant un petit exploit sur les terres du maître Kilian Jornet au Pays-Basque, qui pourrait permettre notamment à ceux qui ne le connaissaient pas encore de se rendre compte des capacités physiques de cet athlète du Team Salomon. Car outre cette superbe performance, qui pour ceux qui seraient passés à côté, n’est autre qu’une 3ème place lors du Zegama Trail, l’athlète bisontin d’adoption a déjà quelques faits d’armes à son palmarès.

Skieur né en Haute-Savoie, devenu traileur bisontin d’adoption

Natif de Haute-Savoie, et plus précisément de la commune d’Ambilly, Thibaut Baronian allait grandir au sein d’une famille de sportifs à Amancy, ville située à une trentaine de kilomètres d’Annecy. Avec un terrain de jeu comme la Haute-Savoie, il allait tout d’abord s’adonner au ski, où il intégra l’équipe nationale de ski de fond lorsqu’il était en sport études, notamment. En 2008, à l’aube de ses 20 ans, il allait se délocaliser en Franche-Comté, à Besançon pour la poursuite de ses études et il allait véritablement troquer les skis pour les baskets de trail deux années plus tard. Aujourd’hui, celui qui est devenu kinésithérapeute et qui est un fan de micro-nutrition, figure tout simplement parmi les tous meilleurs de sa discipline.

Membre de la réputée et convoitée Team Salomon aux côtés notamment de François d’Haene, qui n’est autre que l’un de ses modèles, il a connu une ascension assez fulgurante en l’espace de quelques années. A contrario de coureurs comme François d’Haene, Xavier Thévenard ou Benoît Girondel pour ne citer qu’eux, le terrain de jeu favori du trentenaire est plutôt les trails « courts et rapides », où il excelle sur la distance du marathon (on notera donc la relativité du terme courte distance pour certains). En effet, celui qui aurait également pu devenir cuisinier a, semble-t-il, trouvé la recette pour performer sur des courses de renommée mondiale.

Thibaut Baronian à Besançon – Fly View Pictures

Entre performances et défis insolites

Celui qui a « toujours aimé la course à pied » ne participe pas seulement aux plus grands trails de la planète, il aime également s’adonner à des défis extrêmes ou insolites. Pour illustrer cela, on peut notamment mettre en avant sa performance lors de la Red Bull 400 disputée à Courchevel l’an passé. Si vous ne connaissez pas le concept, rien que le sponsor associé à la course doit vous permettre de la catégoriser. Le principe ? 400 mètres de course, rien de plus simple donc ? Oui, mais la spécificité réside dans le fait que la distance doit être parcourue sur une pente à 36 degrés et 185m de dénivelé positif, le tout à 1300 mètres d’altitude.

Résultat, un nouveau record de France à la clé pour l’athlète qui bouclait l’épreuve en 3 minutes et 26 secondes. Outre ce défi, un an plus tôt, il s’était également mesuré… au tram de Besançon. Sur un parcours de 10 kilomètres, l’homme allait donc affronter la machine afin de promouvoir l’association For’trail, mais également la ville de Besançon et son réseau de transports. Enfin, pour en terminer avec cette catégorie de compétitions, on peut mettre en avant que Thibaut Baronian a remporté trois fois consécutivement, entre 2014 et 2016, la « Wings For Life World Run » dans le pays dans lequel il participait.





Cette course, qui vient en aide à une association, est particulière dans le fait qu’aucune distance donnée ne doit être parcourue, il s’agit de faire la plus grande distance possible avant qu’un véhicule lancé à vos baskets après 30 minutes de course à une vitesse de départ de 15km/h ne vous rattrape. Décidément, le Franc-Comtois d’adoption a véritablement un lion dans le moteur.

Thibaut Baronian sur la Red Bull 400 – Red Bull

Le Zegama avant deux retours locaux

Comme il le dit si bien, en trail, « peu importe que tu finisses 7ème ou 4ème, ce sont les écarts qui comptent », il fait notamment référence à ses classements lors des deux derniers Marathon du Mont Blanc. Deux positions plus qu’intéressantes donc, mais en se penchant de plus près sur ces performances, on peut s’apercevoir que l’écart entre lui et le vainqueur de la course (Kilian Jornet) est passé de 22 minutes à 5 minutes. S’il est facile de faire un raccourci, c’est tout de même un symbole de la progression du trailer bisontin, qui tend à combler l’écart avec les très grands de la discipline.

Une progression pour l’athlète qui se manifeste indéniablement grâce à l’un de ses plus beaux exploits sur le circuit : une 3ème place lors du dernier Zegama Trail qui fait partie du Golden Trail World Series, l’une des courses de montagne les plus réputées et les plus folles par son ambiance notamment, comme a pu en témoigner l’intéressé :  « C’était dingue. Il y avait du monde partout, une ferveur incroyable ! Sur les deux portions les plus raides, c’était comme au Tour de France. Il y avait des centaines de personnes et ça s’ouvrait devant toi quand tu arrivais ! Ça donne des frissons. Et ils encouragent tout le monde, du premier au dernier. » Celui qui partait pour « un top 10 ou un top 5 », se retrouva sur la 3ème marche du podium et signait par la même occasion le meilleur chrono français de tous les temps.

L’année 2018, qui avait été plus difficile pour lui avec une blessure qui l’avait notamment contraint d’abandonner lors de l’OCC, semble désormais derrière lui. À la suite de cette performance hors normes, au programme de cet athlète qui se veut « rigoureux et ouvert d’esprit », deux événements « locaux ». Le premier était tout simplement de participer à un Ekiden (marathon relais) dans le cadre du premier festival de sports outdoor « Grandes heures natures » de la ville de Besançon, dont il était l’un des ambassadeurs. Outre le côté sportif avec une victoire à la clé pour son équipe mixte, le festival bisontin, pour une première édition, a su séduire un large public durant quatre jours.

Pour le second, retour aux sources. Il s’agit tout simplement du Marathon du Mont Blanc auquel il prendra part ce week-end, pour tenter de faire mieux que l’année dernière et sa 4ème place. Il sera forcément attendu et fera figure de favori à la victoire. Si Kilian Jornet ne sera pas présent, le plateau sera tout de même relevé avec notamment la présence du Norvégien Stian Angermund, de l’Italien Davide Magnini mais aussi du Haut-Savoyard Alexis Sévennec. Marc Lauenstein, arrivé en deuxième position l’année dernière ou encore Bartlomiej Przedwojewski, Jan Margarit et Andy Wacker auront leur mot à dire. Cela s’annonce chaud et ce dans tous les sens du terme, les organismes seront mis à rude épreuve durant cette semaine caniculaire.

Autre projet, Thibaut Baronian aimerait battre le record de la Traversée de l’Ile Santo Antao au Cap Vert, au mois de novembre. Au menu, 95 km pour 5 500m de dénivelé positif, rien que ça. Si pour lui, son principal défaut est la procrastination, l’athlète donne l’impression de ne pas vouloir remettre son appétit de victoires au lendemain.

Julien Correia

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *